Patrimoine

A partir de cette page, vous pourrez consulter l’historique de la Seigneurie de Villemomble

ainsi que de ses possesseurs et maires successifs. Ces documents sont extraits de l’ouvrage de référence

« Le Grand Livre de Villemomble »

par Guy MARTIGNON

©La Lampe de Mémoire – 2006

Les propriétaires du Château, Seigneurial de Villemomble
JACQUES DELEPINE (De 1790 à 1800)

En France

Monarchie non absolue (1789-1791, Louis XVI – Monarchie Constitutionnelle (1791-1792) – Dictature de la Commune (1792) – 1ère République (1792-1804)

Durant ces dix années révolutionnaires, la France est dirigée par :« L’Assemblée nationale constituante » (9 juillet 1789-1er octobre 1791) qui vote la constitution de 1791 – « L’Assemblée législative » (1er octobre 1791-21 septembre 1792) qui veut organiser une monarchie constitutionnelle mais suspend le roi de ses fonctions le 10 août 1792. C’est elle qui déclare la guerre à l’Autriche – La « Convention nationale » (21 septembre 1792-26 octobre 1795), qui proclame la République – « Le Directoire » (26 octobre 1795-9 novembre 1799) qui tente de fonder une république bourgeoise et libérale et finit par céder la place à Bonaparte, Premier Consul.

L’hiver 1790 est très rigoureux. Le roi est à Paris. Les privilèges féodaux sont abolis. Le texte de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen est adopté. (1) L’Assemblée Nationale décrète la division de la France en 83 départements.

Le 1er octobre 1791, l’Assemblée nationale législative succède à la Constituante. L’Assemblée nationale a été élue par près de 4, 4 millions d’ «électeurs actifs » payant des impôts représentant au moins dix journées de travail. Ces derniers avaient été eux-mêmes désignés dans la cadre d’assemblées primaires par les « citoyens actifs », payant une contribution représentant un minimum de trois journées de travail et étant âgés d’au moins 25 ans.

Le 21 septembre 1792, la convention Nationale vote l’abolition de la monarchie. Le 22 septembre naît la 1ère République Française. C’est à cette date que fut décidé la mise en place d’un calendrier, sous le nom de calendrier Républicain ou calendrier Révolutionnaire, dont le premier jour correspondrait à celui de la République.
Il ne prend une valeur juridique qu’à partir du 22 septembre 1793. Il est mis au point par le mathématicien Gilbert Romme avec l’aide des astronomes, Lalande, Delambre, Laplace et du poète Fabre d’Eglantine. L’année républicaine est composée de 12 mois égaux de 30 jours, suivis de 5 ou 6 jours complémentaires appelés « Sans-Culottides » (ce dernier nom est donné en honneur des Sans-Culottes, les culottes étant l’apanage de la noblesse). La date du premier Jour de l’An I correspond à l’équinoxe d’automne de l’hémisphère Nord.

En 1793, la Convention condamne à mort Louis XVI et le guillotine le 21 janvier. En 1794, Robespierre est guillotiné à son tour. En 1795, Les guerres civiles de Vendée puis des Chouans font de nombreuses victimes aussi bien militaires que civiles. Constitution de l’an III. Le Directoire est instauré.
En 1796 débute la campagne en Italie du général Bonaparte.

(1) La déclaration des « Droits de l’homme » est d’inspiration maçonnique. « Philippe Egalité » est franc-maçon (grand maître) ainsi que son ami Lafayette. Parmi les francs-maçons notoires de l’époque on trouve Marat, Talleyrand, Condorcet, Sieyès, Guillotin, Desmoulins, Danton, Hébert et nombre de futurs Bonapartistes.


A Villemomble


Administrativement, Villemomble qui était communauté de la Généralité et de l’Election de Paris, subdélégation de Saint-Denis, paroisse du doyenné de Chelles, devient successivement de 1790 à l’an IX, commune du district de Saint-Denis (supprimé en l’an III) et du canton de Montreuil – De l’an IX à 1893, commune de l’arrondissement de Sceaux et du canton de Vincennes

Le premier Conseil Municipal est élu en date du 30 septembre 1790, par les citoyens actifs, c’est-à-dire payant une contribution au moins égale à la valeur de trois journées de travail. Il comprend, outre le maire Jacques Delépine, deux officiers municipaux : Baquia, marchand de vin et Delaize, entrepreneur ; un secrétaire-greffier, La Ruelle, maçon ; un procureur qui veille à l’exécution des lois, Blanchet, épicier ; et six autres notables (1) qui forment le corps de la Municipalité dont Jean Pierre, notable adjoint, Montel, notable, Nicolas Gardebled, notable.
L’instituteur est élu par les habitants de la commune, c’est un menuisier qui est choisi, le dénommé Vauthier dit Jouanne, il sera remplacé le 19 décembre 1792, 1er an de la République, par le citoyen Beaufils. La maison d’école est mentionnée dans les registres communaux, en 1794. C’est sans doute une dépendance de la demeure de Jacques Delépine, sise Grande Rue à proximité du chemin de Villemomble à Neuilly.
Un prêtre jureur est nommé à Villemomble, le père Milscent.
Villemomble célèbre avec éclat la fête de la fédération, le 14 juillet 1790.

Dure année que 1793 ! La sécheresse de l’été tarit l’eau des fontaines et le ru « Saint-Baudile » est à sec. Les moulins, sur le plateau d’Avron, ne tournent plus et le pain manque à nouveau. On ne trouve plus de sucre ni de savon et « la Terreur » devient à l’ordre du jour !
En 1793, la citoyenne Le Marquis, dame de Villemomble, par prudence se rend en Suisse puis à Hambourg en Prusse et laisse passer la Terreur. Les autorités communales remettent à la Convention une adresse après la tentative d’assassinat de Robespierre en ces termes : « Les habitants laborieux de la vallée de Villemomble surveillent les traîtres et si de nouveaux complots viennent se tramer, ils se joindront aussitôt à la Montagne (2) pour faire tomber sur les têtes coupables les roches qui terminent sa cime ».
Il semble d’après les registres qu’en 1793, le maire soit : De L’Epine, fils (sic) ; La Ruelle, Procureur de la République ; Langlois, Officier Municipal.
Des « Biens Nationaux » sont déclarés, il s’agit de : A – Section du Levant dit l’Enfer – B – Section du Midy dit Beauregard – C – Section du Couchant dit le labyrinthe de La Garenne.
En 1794, le « tyran » Robespierre est guillotiné. Mademoiselle Le Marquis entre en France et retrouve son domaine intact.

Le 7 frimaire an VII (27 novembre 1798), il est créé dans la commune un bureau de charité.
En 1796, Louis-Balthazard Girardot signe les registres comme agent municipal.

C’est un ancien prêtre-jureur défroqué qui succède à Beaufils pour exercer la fonction de maître d’école en 1798, il se nomme Alexandre Louis Pacifique Coustellier. Ce dernier reprendra par la suite sa soutane pour devenir prêtre dans la paroisse de Rungis.

(1) Les notables sont choisis parmi les habitants de plus de 21 ans inscrits sur les registres publics.
(2) Lors de la convention nationale, à la fin de l’année 1792, deux partis s’opposent : Les « Girondins » (qui occupent les bancs de droite à l’Assemblée) et les « Montagnards » (radicaux, qui occupent les bancs à l’extrême gauche). Les premiers qui se rassemblent dans l’ancienne abbaye des « Feuillants » sont soutenus par un groupe d’élus de la Gironde, appelés les Girondins. Les « Montagnards » surnommés ainsi parce qu’ils occupent les bancs les plus élevés sont inféodés à Robespierre et représentent une minorité. Les autres députés, majoritaires, placés au centre, représentent les indécis. On les appelle « Le Marais » ou « La Plaine »

Louis Balthazard Girardot, propriétaire du domaine de Launay, ancien mousquetaire du Roi, est maire de Villemomble de l’an VIII jusqu’en 1815. Démissionnaire durant les 100 jours, il est alors remplacé par l’adjoint au maire, François Feno, qui est élu maire le 14 mai 1815. En octobre de la même année Louis Balthazard Girardot de Launay retrouve sa particule et ses fonctions de Maire.

En France

Consulat (13-12-1788 au 18-5-1804) Bonaparte – 1er Empire (18-5-1804 au 6-4-1814) – Napoléon 1er – Monarchie (1ère Restauration) – Louis XVIII (avril 1814-mars 1815) – 1er Empire restauré (Les cents jours – 1815) Napoléon 1er
Monarchie (2ème Restauration) – Louis XVIII (juin 1815)

Bonaparte s’installe aux Tuileries. Le territoire français est divisé en préfectures et arrondissements. Un concordat est signé : La religion catholique est reconnue comme celle de la majorité des français et les prêtres seront salariés jusqu’en 1805. Création en 1802 de l’ordre de la Légion d’Honneur pour récompenser les services militaires et civils.
Le 6 avril 1804 à Saint-Cloud est proclamé l’Empire. Napoléon 1er, qui a alors 35 ans, est sacré Empereur par le pape Pie VII, le 2 décembre 1804, à Notre-Dame, cathédrale de Paris. En 1805, Napoléon gagne la bataille d’Austerlitz contre l’Autriche et la Russie et perd la bataille navale de Trafalgar contre les Anglais. Puis arrive la campagne désastreuse de la Grande Armée en Russie. La coalition de toute l’Europe contre la France s’achève en 1814 par l’abdication de Napoléon, le 6 avril . Napoléon est exilé à l’Ile d’Elbe.
Le calendrier Grégorien à repris le 1er janvier 1806. Le calendrier Républicain aura duré 13 ans !
Première Restauration avec l’arrivée sur le trône de Louis XVIII (frère de Louis XVI)
Retour de Napoléon, du 20 mars au 22 juin 1815 (Cents jours) mais il est vaincu à Waterloo en Belgique le 18 juin. Il est amené à abdiquer à nouveau.
Retour de Louis XVIII pour la seconde Restauration.

A Villemomble

De l’an IX (1801) à 1893, Villemomble est commune de l’arrondissement de Sceaux et du canton de Vincennes.
En 1801, Villemomble a 420 habitants.

Il ne se pose pas de graves problèmes pour la municipalité de Villemomble qui se contente d’expédier les affaires courantes. La population dépasse à peine les 400 habitants. On organise bien des fêtes républicaines mais celle qui est toujours à l’honneur dans le village c’est celle de la « Saint-Vincent ». Le 22 janvier l’église est décorée de feuilles de vignes. Les marmots raffolent du pain bénit qui est distribué à la fin de la cérémonie et bannière en tête, portée par un membre d’une vieille famille Villemombloise, tout le village défile en procession de la place de la Croix jusqu’à la statue de la « Vierge aux raisins » (Grande Rue, face à la rue Mercière). On ne manque pas de s’arrêter chez les aubergistes-vignerons, les Guérin, les Delépine, les Gosse, les Gardebled, avant de s’attabler autour d’un cruchon chez Delépine.

En dépit des incantations et des harangues, Villemomble demeure à peu près ce qu’elle était sous l’Ancien Régine ! Les châteaux et fiefs d’autrefois sont devenus des domaines appartenant aux même familles, à des banquiers, à des maîtres enrichis par les achats de biens nationaux. Ainsi en dehors des restes du château d’Avron transformé en domaine agricole, les trois châteaux de Villemomble (l’ancien château seigneurial, les châteaux de Launay et de La Garenne) sont intacts et leurs domaines agrandis.

Daniel Roger acquiert en 1799 le château de La Garenne et fait appel à l’architecte Brongniart pour aménager son parc au goût de l’époque. En 1802, c’est Bourelle de Sivry qui venant d’acheter deux ans plutôt les « terres de Villemomble » à Mademoiselle le Marquis, commandera au même architecte « 200 arpents de jardins et de fabriques ». Sous sa direction, des allées sinueuses se substituent aux chemins droits, les ruisseaux sont canalisés en méandres capricieux sur les bords desquels on élève des rochers factices. Dans ce joli parc, se trouve également un labyrinthe et de petits temples de bois couverts de chaume !

Au début de l’an VIII (1800), le citoyen Hubert Pâquier est nommé garde-champêtre de Etiennette Marie Perrine Le Marquis et de Louis Balthazard Girardot.


« Aujourd’hui vingt trois Frimaire an neuvième de la République Française (1801), les citoyens ; Guillaume ; François Baquia ; Etienne Piot ; Jacques Brouet ; Pierre Capel ; Simon Gardebled ; Nicolas Petit ; Jacques Delépine ; composant le Conseil Municipal, ont prêté entre les mains de moi, Louis Balthazard Girardot, maire de la commune de Villemomble, la promesse de fidélité à la Constitution et ont signé »
Après que les sept membres composant le Conseil Municipal aient prononcé individuellement la promesse de fidélité à la Constitution, il est procédé « suivant la décision du 23 Frimaire de l’an neuf » (14 novembre 1801) à la nomination d’un percepteur pour le recouvrement des contributions dudit an neuf. Sans grandes discussions, est « nommé et choisi à l’unanimité le citoyen Jacques Delépine père, dont la solvabilité est connue de tous ».

« Les dénommés cy-après ont été mesurés. Ils ont atteint leur vingtième année durant l’an huit et font partie de la conscription de l’an neuf : Louis Zacharie Brouet, Vitrier, 1m 68 ; Louis Philippe Huyon, cultivateur, 1m 66 ; Simon Sébastien Delaize, cultivateur, 1m 65 »

Il est déjà loin le temps des prêtres jureurs et défroqués ! La population avide d’ordre et de tranquillité accueille sans hostilités les nouvelles dispositions envers le clergé : Institution concordataire de la paroisse (1802) – Le curé Loire est le premier desservant concordataire.
En 1803, l’antique cimetière appelé « champs du repos », situé au pied des murs du parc du château de M. Bourelle de Sivry (aujourd’hui emplacement de la Poste) est transféré au canton du « Paradis » à quelques coquelicots de l’église Saint-Louis-Saint-Genès (vieux cimetière de Villemomble) (1)

Tous les défunts vont au Paradis !

« Considérant que l’attention du Gouvernement est de voir disparaître au milieu des habitations des communes les cimetières qui se trouvent ainsi placés,
Considérant aussi qu’au moyen des susdits déplacements qui ne préjudicient en rien aux intérêts de la commune, il en résulte un avantage pour elle par l’abandon que lui fait le citoyen de Sivry d’une maison dont elle a extrêmement besoin et de laquelle elle disposera utilement soit pour son culte soit pour l’instruction (…) Décide : Qu’il adopte la translation parce qu’il est avantageux pour la commune qu’il soit transporté au-delà de ses habitations.
Quant aux deux cantons indiqués au plan, l’un nommé le Trou Gallot et l’autre le Paradis, le Conseil est d’avis si la localité le permet qu’il soit placé au canton du Paradis de préférence à celui du Trou Gallot, ce premier lieu étant beaucoup plus à proximité (…) »

Le baron Daniel Roger, propriétaire des terres de la Garenne, capte la fontaine Cottet et la canalise jusqu’à la Grande Rue.

En l’an IX de la République Française, les membres du Corps Municipal ont fait le choix du citoyen Philippe Beausse comme maître d’école, il a soixante ans et est cultivateur. C’est Daniel Hermont lui aussi cultivateur qui lui succèdera et assurera la noble fonction de maître d’école jusqu’à sa mort survenue le 29 août 1808, suivi par le sieur J.B. Martin, habitant Rosny, qui sera instituteur jusqu’en 1818. La rentrée des classes ne s’effectue pas avant que les vendanges ne soient passées et le raisin encuvé. A Villemomble, le tambour bat le ban fin septembre début octobre en fonction de l’année.

En 1810, c’est un avocat, Antoine Roy, qui acquiert le château de La Garenne et son domaine. Ce dernier, Comte et Pair de France, deviendra plus tard Ministre des Finances de Louis XVIII.

En 1814, entrent à Villemomble des soldats faisant partie des troupes coalisées contre Napoléon et sa Grande Armée.

Les Cosaques

« L’instituteur a pris le soin de rédiger début janvier 1815 (les chiffres semblent approximatifs) le témoignage qui suit : « Villemomble dort, le froid pénètre partout dans les maisons, sous les draps, sous les habits. Le monde a faim ! Les deux boulangers attendent la farine qui doit arriver de Vincennes. Le bureau de bienfaisance a distribué hier les dernières miches. Enfin, vers midi, deux chariots arrivent escortés de Cosaques. Paris et sa banlieue sont occupés par les troupes étrangères, plus pour longtemps heureusement ! Monsieur De Vielcastel, Sous-Préfet de Sceaux annonce qu’elles seront parties pour le 25 janvier prochain. C’est alors que Villemomble reprendra ses occupations. Il y a beaucoup à faire ; on y cultive ici 170 hectares de céréales, il y a de la vigne, des carrières sont ouvertes aux Enfers, on soigne les fruitiers, les pêches, les poires, prunes et pommes sont en abondance. Il y a 108 feux, c’est-à-dire environ 420 habitants – 120 chevaux – 10 mulets – 100 vaches – quelques porcs, pas de moutons, quelques chèvres et des poules. Tout cela est caché et revient à la lumière ! Villemomble respire, Villemomble vit, Villemomble travaille comme toujours sans rien dire à personne ». (Archives municipales)

Le serment au roi

Au cours de l’année 1815 les serments de soumission des membres du Conseil Municipal au Roi puis à l’Empereur vont se succéder ! Au début de l’année sont nommés de nouveaux Conseillers. Lors de leur installation ils doivent prêter serment :
« Ce jour dix neuf février mil huit cent quinze, les sieurs Touatte Gabriel ; Morguet Jean Etienne ; Lagroux ; Galidy Jean-Louis, étant nommés membres du Conseil Municipal ont prêté serment au Roy ainsi qu’il suit : « Je jure et promets à Dieu, de garder obéissance et fidélité au Roy, de n’avoir aucune intelligence, de n’assister à aucun conseil, de n’entretenir aucune ligue qui serait contraire à son autorité et si, dans le ressort de ses fonctions ou ailleurs, j’apprends qu’il se trouve quelque chose à son préjudice, je le ferai connaître au Roy ».
Le 23 avril 1815, il est noté dans le registre, le procès verbal de serment prêté par le maire (notons que Girardot à laissé sa place à son adjoint Feno) :
« (…) le maire provisoire, l’adjoint au maire et la totalité des membres du Conseil Municipal de la commune ont prêté serment à sa Majesté l’Empereur et aux constitutions de l’Empire, en exécution du décret impérial du 8 avril 1815 ». (Archives municipales)

Selon le décret Impérial du 30 avril 1815, les citoyens actifs de la commune sont convoqués au son de la cloche pour se réunir à l’église Saint-Louis-Saint-Genès et tenir une assemblée primaire pour l’élection d’un maire et d’un adjoint, en présence du citoyen le plus âgé. Le président est le sieur Jacques Delépine assisté des sieurs Haller (le châtelain) et Bazire. Les votants âgés de 21 ans accomplis, domiciliés dans la commune depuis un an sont au nombre de 47. Jean Louis François Feno, de profession couvreur, obtient 29 voix et devient maire d’avril à octobre 1815. Monsieur Pierre Vauthier est élu comme adjoint.

En octobre 1815, Louis Balthazard de Girardot de Launay retrouve ses fonctions de maire.

Le 5 décembre un octroi municipal est établi sur les liquides : vins, cidres, poirés, eaux de vie, liqueurs et bières exclusivement.


(1) Compte rendu de la séance du Conseil municipal du 26 Pluviose An XI.

Edmé Denis Masson est propriétaire cultivateur.

En France

Monarchie – 2ème Restauration (1815-1830) – Louis XVIII (22-6-1815 au 16-9-1824) – Charles X (16-9-1824 au 2-8-1830)

En octobre 1816, élection au suffrage censitaire de la Chambre des députés. Cette année-là Joseph Nicéphore Niepce réalise la première photo !
Au Congrès d’Aix-la-Chapelle, en 1818 ; la France est admise dans le concert européen. Le duc de Richelieu obtient des Alliés le retrait des troupes d’occupation. Création de la Caisse d’Epargne.
Laennec, médecin de l’hôpital Necker invente le stéthoscope et fait publier son traité de l’auscultation.

Napoléon 1er est mort le 5 mai 1821 à Saint Hélène. Louis XVIII s’éteint le 16 septembre 1824. Lui succède Charles X, le 29 mai.
La bourgeoisie d’affaire souffle la révolte car le roi n’a pas encore compris que les temps changeaient !

 

 


A Villemomble

Antoine Roy, ministre des Finances

Antoine Roy (1764-1847) mérite notre attention car il fut le propriétaire du domaine et du château de La Garenne à Villemomble de 1810 à 1828. Il débuta comme avocat au Parlement, resta fidèle au barreau pendant la Révolution. Administrateur des grueries et forêts de Navarre du duc de Bouillon en 1790, il devint représentant de la Seine en 1815, puis député. La Restauration, l’appela au ministère des Finances de 1818 à 1821. Il fut alors élevé à la dignité de Pair de France, nommé comte héréditaire le 21 décembre 1821, chevalier du Saint-Esprit en 1830. Roy avait épousé Adélaïde Sophie Barré, en 1793, dont il eut deux filles. Son immense fortune, l’une des plus grosses de France, lui permit de les marier, l’une avec le comte de Lariboisière, l’autre avec le marquis de Talhouët.

Jusqu’à maintenant pour se rendre à Paris on emprunte la carriole du laitier et en particulier celle de la mère Gillet « nourrisseur » à Gagny ! C’est avec joie que les habitants de la commune apprennent qu’une ligne régulière est créée par M. Trouillet pour se rendre à Paris, faubourgs Saint-Antoine. Il y a trois départs par semaine devant le 35, Grande Rue, et il en coûte 2F même si le trajet dure deux heures.

Nous apprenons par les registres municipaux qu’en l’an 1818, la maison commune qui fait office d’école est mise en location. Elle se trouve donc transférée au domicile du maire qui est un propriétaire cultivateur du nom d’Edmé Denis Masson.

La visite de Louis XVIII à Villemomble »

Les travaux de restauration de l’église commencent en 1819 et dureront 4 ans ! A ce sujet dans l’arrêté du 7 mars 1819 « pour la restauration complète de l’église », il est mentionné : « La profonde reconnaissance dont les habitants de Villemomble sont pénétrés pour la bienveillance et la bonté avec lesquelles ils leur prouvent les moyens de rétablir l’église d’une commune souvent honorée de la présence de sa Majesté ». En effet le roi Louis XVIII lorsqu’il vient rendre visite à son ministre des Finances, le comte Roy, propriétaire du domaine de La Garenne, ne manque pas de venir assister à la messe en sa compagnie ! « Pendant que s’effectuent les travaux, le service religieux est célébré par des moines qui demeurent 3, rue d’Avron, dans la maison de M. Grillé ».

Le 5 juin 1820, arrêté du Maire concernant la taxe sur le pain, « Vu (…), nous avons arrêté le prix du pain de 6 kg ou 12 livres à 2f, 10 ou 42 sols, et celui du pain bis blanc du même poids à 1F, 50 ou 25 sols, à compter du présent mois »

Le Conseil municipal décide le 7 mars 1819 la restauration de l’église qui tombe en ruine. Sont présents lors de cette délibération, les dix plus gros contribuables de la paroisse, dont Monsieur Roy propriétaire de La Garenne et M. Goudrin, directeur de la maison de Picpus. Monsieur Roy, alors Ministre, obtient une ordonnance royale autorisant une dépense de 19 000 F nécessaire à la restauration du sanctuaire
Après un an de travaux, le 24 août 1820, l’église restaurée, dont la façade a été refaite dans le style jésuite, est bénie par le Cardinal de Périgord (Talleyrand).
La cure avait été confiée en 1817 aux pères du Sacré-Cœur.

On procède sur un terrain communal à une démonstration du jeu d’arbalète (1819). La première compagnie d’arc est fondée en 1821 suite à une correspondance relative à ce jeu adressée au maire par des Villemomblois, lui demandant l’autorisation de se constituer en société. Cette dernière qui existait avant la Révolution avait été dissoute par décret du 13 juin 1790 (A cette époque la paroisse dépendait du doyenné de Chelles).

La promenade sur l’âne

On ne peut pas passer sous silence l’arrêté qui va supprimer une tradition bien ancrée à Villemomble.
« Parmi les nombreuses plaisanteries de Carnaval, à Villemomble, le mari trompé (ou le vieux garçon) faisait autrefois l’objet de charivaris dirigés par la jeunesse du village. Durant les jours qui précédaient le Mardi-Gras, on organisait devant sa demeure un concert de casseroles puis on promenait sur un âne son mannequin de paille décoré de cornes en papier dans les ruelles du village avant de le brûler sur la place de la Croix, l’après-midi du Mardi-Gras ». (1)
En effet par arrêté du 3 mars 1821, « il est proclamé que toute promenade sur l’âne et tous charivaris sont défendus et interdits pendant les jours de Carnaval ».

Le 26 mars 1822, autorisation est donnée à Félix Chenu, d’exercer les fonctions d’instituteur avec une indemnité de logement de 153, 80 F. Les élèves vont chez lui où il a aménagé dans son nouveau logement de la ruelle de la Procession, une petite salle de classe sans chauffage qui va servir d’école pendant cinq années. L’instituteur est en même temps meunier, arpenteur, presseur de marc et chantre !

En 1817, Villemomble a 477 habitants.

(1) Guy Martignon – « Légendes, récits, complaintes populaires de Paris et d’Ile-de-France » – Sides – Fontenay-sous-Bois, 2002.

 

Monsieur Lewall, propriétaire des terres de Villemomble est Conseiller à la Cour des Comptes (voir le chapitre « Les propriétaires des terres de Villemomble depuis 1800)

En France

Charles X – guerre civile de 1830 (Les Trois Glorieuses) – Monarchie de Juillet – Louis Philippe 1er, roi des Français (9-8-1830)

Les bourgeois parisiens imposent lors des journées des « Trois Glorieuses » de 1830 (émeutes, barricades par les bourgeois, étudiants et ouvriers) un Orléans pour succéder aux Bourbons. Louis-Philippe est le roi qu’il leur faut ! Il devient à 56 ans, le 7 août 1830, Roi des Français.
La crise de 1830 est avant tout économique. Des ateliers congédient leurs ouvriers qui se révoltent dans un climat de guerre sociale !
La France a cinquante ans de retard sur l’Angleterre et les classes moyennes souhaitent une monarchie constitutionnelle. La grande masse des paysans, souvent illettrés, n’exploite que de petites parcelles de terres. Que survienne une mauvaise récolte, les ateliers ferment leurs portes et les commerces sont ruinés ! Les conditions effroyables de travail et le manque de logements dans les grandes cités comme Paris conduisent certains intellectuels à en rendre responsable la machine, la concentration industrielle.
Le roi Louis Philippe, que certains appellent le « roi des barricades » admire le régime parlementaire anglais. Lui et ses hommes de confiance comme Guizot et Thiers ainsi que l’industriel Casimir Périer et le banquier Laffitte sont pour l’ordre et pour le progrès.

C’est la naissance du monde des affaires et la course à l’industrialisation sous le regard de la Bourse. On cherche à définir un homme nouveau avec des idées nouvelles pour humaniser ses rapports avec le progrès.

A Villemomble

Monsieur Lewall est un riche bourgeois parisien, conseiller à la Cour des Comptes de Paris, qui s’est rendu acquéreur du château de Villemomble et de ses terres. Il va modifier quelque peu le visage de ce petit village peuplé au début du siècle d’ à peine 500 âmes et qui va très vite atteindre les 700 habitants.

Le sieur Lewall entreprend la construction de maisons de rapport et perce une rue au travers de la « ferme de Villemomble », face au château. Il va l’appeler la rue des Trois Frères pour commémorer la naissance de ses trois fils. Ce dernier exploitera encore des carrières et fera même forer un puits artésien dans le parc de son domaine. En faisant construire une maison à l’angle de la rue de la Procession et celle des Trois Frères, Lewall découvre une source qu’il canalise jusqu’au parc de sa propriété où l’eau chemine avant de se jeter dans la rivière anglaise.
Ce qui pose problème aux habitants c’est que M. Lewall, détourne l’eau de la source des Enfers dont une partie alimente le village pour l’amener à la « villa Eugénie », Grande Rue, qu’il vient de faire construire pour son beau-père !

C’est en mai 1826 que le maire expose au Conseil Municipal : « que le locataire de la maison d’école et de la mairie (le bail devant expirer en 1830), consent à résilier ce dernier à partir du premier janvier 1827 et qu’il convient d’accepter cette proposition » (emplacement Grande Rue et rue Joséphine percée en 1875, aujourd’hui rue du Capitaine Louys).

Monsieur Lewall, qui a occupé pendant bien des années, des quantités d’ouvriers, en ouvrant des carrières de plâtre, et qui a fait construire tant de maisons se trouve ruiné par les événements de juillet. Poursuivi par ses créanciers il se réfugie en Suisse. Martin Nadaud (1) venu travailler avec son père et son oncle à Villemomble doit quitter la commune pour Paris.

Les mauvaises récoltes de 1828 et 1829 ont rendu les paysans Villemomblois moroses. En 1830 c’est au tour des manufacturiers, artisans et entrepreneurs du bâtiment de subir le contre-coups et beaucoup comme les Delépine, Giraudon, Lavergne, Goret, Nadaud, Feno, Pavillon se voient privés de commandes.
En 1828, le domaine de La Garenne est acheté par Jean Baptiste Joseph Delaumoy. Le château est détruit en partie. M. Delaumoy ne pouvant payer son acquis au terme fixé, La Garenne est saisie.

Suite au départ de M. Lewall, le 30 septembre 1831, un nouveau Conseil Municipal est installé sous la conduite du maire provisoire M. Jean Pierre Lecornet. Il est composé de Messieurs : Coursier, Feno, Desuraud, Delépine, Nicolas, Guérin, Tarboché, Poussin, Copet, Martin, Huyon, Hardy et Lefranc. Pierre Jean Gosse est nommé à cette date Garde-Champêtre.

En 1831, Villemomble a 668 habitants.

(1) Martin Nadaud est né le 17 novembre 1815 à la Martinèche (commune de Soubrebost) dans la Creuse. En 1830 il quitte son village pour venir « limousiner » à Villemomble où son père est maître maçon. Au départ de M. Lewall, pour qui il travaillait, il rejoint Paris où jusqu’en 1848 il travaillera sur les plus grands chantiers de la capitale. Il sera proscrit par l’Empire. Député de la Creuse sous la IIIe République (l’un des premiers ouvriers à être élu à l’Assemblée nationale en 1849). Il publia ses mémoires sous le titre de « Mémoires de Léonard, ancien garçon maçon » quelques temps avant sa mort en 1898. Aujourd’hui Martin Nadaud a sa statue érigée à Bourganeuf.

Jean François Martin est propriétaire foncier

En France

Louis Philippe 1er ( principaux gouvernements : Casimir Perrier (1831), Maréchal Soult (1832).

En 1831, il sévit à Paris et dans les campagnes une grave épidémie de Choléra.
La population française atteint 35 millions d’habitants et celle de Paris dépasse le million. La France rurale représente cependant 75% de la population.
Le 21 mars une loi sur l’instruction primaire précise que les communes doivent « loger convenablement l’instituteur et les élèves, pourvoir au traitement du maître ». C’est François Guizot, Ministre de l’Instruction Publique de 1832 à 1837, sous le règne de Louis-Philippe, qui fait voter le 28 juin 1833, la première loi sur l’enseignement primaire.


A Villemomble

L’adjudication du domaine de La Garenne à lieu, en 1832, au profit de M. François Félix de Grimaudet de Rochebouet. Quelques années plus tôt, d’anciens ermites de la forêt de Sénart s’étaient retirés à Villemomble et fabriquaient certaines étoffes de soie dites « Sénardines ». Cette industrie suggère à M. de Rochebouet l’idée d’importer à Villemomble « L’élevage du vers à soie » et la culture du mûrier. Il fait alors construire à l’emplacement de l’ancien château de la Garenne, une magnanerie et une filature. Les bâtiments de la magnanerie existent toujours en bordure de l’actuelle impasse Humblot.

Il est créé dans la commune une boite postale (par Bondy). Le chemin de Villemomble à Neuilly-sur-Marne est caillouté.

Le 30 avril 1831, le bureau de charité devient bureau de bienfaisance et distribue des secours en nature et en espèces aux indigents.

En 1832, il est créé un service de voitures publiques qui se rendent chaque jour (aller et retour) de Villemomble à la Porte Saint-Martin à Paris, (via Pantin) par l’entreprise de M. Ange Leneveu. Le tarif est de 1F 25 !

La caisse de la Garde Nationale étant épuisée, il est demandé aux gros propriétaires et principaux habitants de contribuer aux besoins de la dite Garde (5 février 1832). (1)

Histoire d’eau

« Le robinet alimentant en eau les habitants de Villemomble et dont la conduite provient de la source des Enfers, est rétabli en date du 8 juillet 1832. Il avait été détourné par le maire M. Lewall, au bénéfice de la maison Epoigny construite par lui pour son beau-père. A ce propos, notons les constatations offusquées enregistrées dans le registre municipal : « Depuis un temps immémorial, il existe à Villemomble une fontaine dont les eaux alimentent le château ; la source de cette fontaine vient de la Plaine, des conduites ou tuyaux dirigent l’eau au réservoir ou bassin placé à l’entrée du château et disposé de manière à ce que la quantité d’eau nécessaire à ses besoins y pénètre intérieurement et que le surplus destiné à l’usage des habitants s’échappe du bassin par un robinet placé extérieurement de sorte qu’il ne passe par le robinet que le superflu des eaux du château. Cette jouissance de la part de la commune est consacrée par un usage constant. Les différents propriétaires du château l’ont tellement reconnu que toutes les fois qu’il y a eu des réparations à faire aux conduites, elles s’effectuaient en commun ». Archives Municipales.

Il est décidé en outre de construire un fossé pour permettre aux eaux stagnantes de s’écouler depuis le château de La Garenne (entrée du village) jusqu’au-delà de l’église.

En 1832, la compagnie de la garde nationale de Villemomble est composée de 107 hommes dont 82 seulement peuvent faire le service du corps de garde.

Des travaux d’assainissement de l’école sont entrepris début 1833, en vertu d’une délibération du 7 avril 1832 du comité de surveillance et d’encouragement de l’instruction primaire.

(1) Séance du Conseil de Recrutement de la Garde Nationale, en date du 5 février 1832. Le maire s’adresse à « Messieurs les propriétaires et principaux habitants de la commune de Villemomble » en ces termes : « La caisse de la Garde Nationale est épuisée… (suit le détail des dépenses afférentes à l’entretien de la Garde) et ajoute : « Le Roi a maintenu telle qu’elle existait à cette époque, l’organisation de la 4e légion des gardes nationales de la banlieue, dont le centre est à Vincennes. Nous ne pouvons atteindre le but de cette ordonnance sans le secours de la subvention que nous réclamons des propriétaires et habitants les plus intéressés au maintien de l’ordre et de la sécurité publique, et comme moyen de l’assurer, la contribution consentie par la classe aisée donnera une force morale d’autant plus grande à l’autorité pour le respect à exiger des prolétaires envers la propriété que le sacrifice de sa part aura été plus étendu. (Suivent les propositions dans lesquelles sont invités à contribuer : MM. Tilhard, 60F ; Bonneau, 10F ; Martin, 10F ; Mlle Vasselle, 30F : MM. Boucqueteau, 30F ; Lecornet, 30F : Carette, 100F ; Mlle Desnoyelle, 20F ; Mme Pradel, 10F ; MM. De Girardot, 50F ; Mahé de la Bourdonnais, 20F ; Secrétin, 20F ; Cribel, 30F ; Tarboché, 25F ; Bernard, 10F ; Mme Rondeau, 15F ; Rouchas, 10F ; Masson, 15F ; Loutin, 40F ; Gratien Legrand, 30F ; Mme De Laumoy, 20F, MM. Le Capitaine commandant, 25F ; le lieutenant en 1er, 20F, le lieutenant en second, 20F, soit un total de 650F). Il est a observer que la subvention de Mrs les officiers, à part leur service personnel, se trouvera surpasser la contribution la plus élevée, si l’on considère leurs frais d’habillement, d’équipement, d’entretien, les dépenses personnelles et autres auxquelles ils ne peuvent se soustraire, lors des revues du colonel de légion à Vincennes, du commandant en chef à Paris et de celles du Roi (Délibéré et arrêté le 5 février 1832


En France

Louis-Philippe 1er.
Adolphe Thiers (1836 et 1840) président du Conseil.

La grande affaire en France est le chemin de fer mais aussi l’époque la plus féconde de la littérature française qui propage dans les cœurs et dans les esprits le romantisme et l’utopie par les écrits de Lamartine, Victor-Hugo, Georges Sand, Alfred de Musset et Lamennais.
Exécution de la loi sur l’instruction primaire du 21 mars 1831.
L’obélisque de Louqsor offerte en 1831 au roi Louis-Philippe par le sultan Mehemet Ali, vice-roi d’Egypte est érigée le 25 octobre 1836 sur la place de la Concorde à Paris.
Période féconde pour les arts ( George Sand, Sainte-Beuve, Alfred de Musset, Gérard de Nerval, Théophile Gautier, Alphonse de Lamartine, Victor Hugo, Charles Baudelaire, Gustave Flaubert, Ernest Renan, Courbet, Berlioz, Gounod, Verdi, Schumann, Chopin, Litz, Wagner…)

A Villemomble

Le 5 avril 1834 sont nommés des officiers de la Garde Nationale. Sont alors élus : Capitaine, M. Poussin ; Lieutenant, M. Demarne ; Sous-lieutenant, Chamusard.


La petite école

La maison commune se trouvait depuis 1827, à l’emplacement de la rue Joséphine percée en 1875 sur la Grande Rue (rue du capitaine Louys). Dans ce bâtiment se trouve également l’école publique. L’instituteur est Auguste, Félix, Chenu, qui en 1835 à 43 ans ! Grâce au procès verbal rédigé par le comité communal composé de notables, du curé et d’habitants, nous connaissons l’état de la maison d’école en 1834 et le déroulement des cours enseignés par l’instituteur :
« Le nombre actuel des écoliers des deux sexes, séparés par une cloison, est de 31 garçons et 31 filles. L’enseignement est simultané. Les moyens de correction sont tous moraux, aucun n’est corporel. La cloche de l’église annonce l’entrée à l’école, le matin à 8 heures. La sortie est à 11 heures. A une heure de l’après-midi, la cloche sonne la rentrée puis la sortie à 4 heures. Le jeudi, congé. Quatre jours de vacances à l’époque des vendanges. La maison d’école est en bon état excepté les murs du jardin où des lieux d’aisance seraient nécessaires. Le mobilier consiste en deux tables dont une appartient à l’instituteur, ainsi que onze bancs sur treize. Il y a douze « Nouveau Testament » mais le nombre de livres est insuffisant. Le comité réclame un tableau noir pour la démonstration à la craie, exercice absolument nécessaire à l’amélioration de l’enseignement dont les résultats ne répondent pas aux efforts constants des maîtres.
Le 10 novembre 1836, « le Conseil Municipal, sous la présidence de Monsieur Delépine, adjoint, Monsieur Poussin remplissant les fonctions de secrétaire, considérant que l’état dans lequel se trouve la mairie et les écoles primaires comprises dans le même bâtiment, exige promptement que l’on y fasse les réparations nécessaires, afin d’éviter et épargner de plus grandes à l’avenir ». (Archives Municipales)

Le chemin de Neuilly, devenu impraticable, est à nouveau caillouté.

En 1835, la magnanerie de Monsieur Rochebouet occupe une trentaine de personnes

L’an 1835, le 4 juillet, Louis Balthazard de Girardot de Launay décède dans son château à l’âge de 94 ans et 9 mois ! Il est inscrit sur sa tombe au vieux cimetière de Villemomble « Louis Balthazar de Girardot, chevalier de Saint-Louis, mousquetaire du Roi, fut pendant 25 ans maire de Villemomble ».

Le 10 avril 1837, le Conseil Municipal vote une somme de 200 F afin de louer un bâtiment pour y loger le presbytère. Ce dernier est alors situé au 33 Grande Rue.

Installation en 1838 dans la paroisse du curé Bourg, ami de Louis-Philippe, Roi des Français. Il quittera la cure pour devenir plus tard secrétaire de l’Archevêque de Paris, Mgr Affre (il sera à ses côtés lorsque l’archevêque fut blessé mortellement, en juin 1848, à la barrière Saint-Antoine)

 


Villemomble est dans l’annuaire

Empruntons à « L’Annuaire des environs de Paris » rédigé en 1836 par M. Leblanc de Ferrières, quelques extrait du texte concernant Villemomble :
« Villemomble, à trois lieues est de Paris ; canton et justice de paix de Vincennes, arrondissement de Sceaux, département de la Seine (…) Situé sur une pente douce et facile, Villemomble répond par son riant aspect aux superbes sites qui l’environnent ; il se détache sur la belle perspective du village du Raincy et de la forêt de Bondy (…) Les changements et les améliorations que reçoit ce village, s’opèrent en grande partie dans la nouvelle rue, dite des Trois-Frères. Toutes les maisons qu’on y élève sont bâties avec élégance et régularité.
Bien que les rues, toutes cailloutées, ne soient pas parfaitement entretenues, la température de Villemomble est saine. Aucun commencement d’éclairage n’y est encore établi. La brigade de gendarmerie de Montreuil est chargée du maintient de l’ordre et de la sécurité. (…. Les deux places publiques, celle de l’église et celle de la Croix sont toujours tenues avec propreté. La fontaine, dite des Enfers, située près de la côte de Neuilly, fournit avec abondance aux besoins du village. Une partie de la forêt de Bondy et le Raincy sont compris dans les dépendances de la commune. Ces deux belles propriétés royales procurent les plus fraîches et les plus délicieuses promenades. L’église, d’une assez belle construction, est entretenue avec le plus grand soin. Elle est desservie par le curé de la commune de Rosny. Le cimetière, situé, au sud-ouest et au dehors du village, est de la contenance de vingt-cinq perches ; il est enclos d’un mur en bon état. L’école primaire, pour garçons et filles, est confiée aux soins de M. Chesne. (…)
L’agriculture fait peu de progrès. Le prix de l’arpent de terre varie de 1 200 à 1 150 F. L’étendue du territoire est de 1 170 arpents. Ses produits consistent en céréales, vins, pommes de terre, légumes et fruits.
La fête patronale est sous l’invocation de saint Louis, 25 août ; on la célèbre le dimanche suivant. Elle attire beaucoup de monde (…). Une boite aux lettres est tenue par M. François Delépine, Grande Rue. Il faut adresser : A Villemomble, par Bondy (…) ».

En 1836, Villemomble a 647 habitants.

Monsieur Chevré, né le 19 novembre 1788 à Paris, est négociant en laine, 12, rue de Lancry à Paris. Il est propriétaire du manoir du Bois-Châtel. Il démissionne à la suite du coup d’Etat de Louis Napoléon, le 2 décembre 1851.


En France

Louis Philippe 1er – IIème République (25-2-1848 au 7-11-1852) – Louis Napoléon Bonaparte est élu Président de la République, le 10-12-1848 – Le 2-12-1851, coup d’Etat présidentiel.

En 1844, est édité le roman « Les trois mousquetaires » d’Alexandre Dumas.
Bugeaud « le soldat-laboureur » est nommé administrateur d’Afrique du Nord en 1847 et tente d’y appliquer une politique de développement économique.
La politique libérale de Guizot débouche sur une nouvelle crise économique accentuant la misère ouvrière.
Le 23 février 1848, les manifestations populaires et les barricades à Paris obligent Guizot à démissionner. La garde Nationale pactise avec l’insurrection. Louis-Philippe abdique en faveur du jeune comte de Paris mais cela échoue. Les Tuileries sont pillées. Le roi s’exile en Angleterre.

Un gouvernement provisoire est formé et proclame le 25 février la deuxième République. La durée journalière du travail est fixée à Paris à 10 heures. Des ateliers nationaux sont créés mais supprimés quelques mois plus tard car inefficaces et coûteux. Aux élections de l’Assemblée Constituante, les Républicains modérés obtiennent la majorité. Le 27 avril, l’esclavage est aboli. La suppression des Ateliers nationaux est suivie de graves émeutes en juin 1848 qui sont réprimées par la Garde Nationale et l’armée. On dénombre plus de 5 000 morts et de nombreuses arrestations et déportations
Une nouvelle Constitution proclamée le 12 novembre 1848 confie le pouvoir législatif à une assemblée unique élue et le pouvoir exécutif à un président élu pour quatre ans.
Le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon devient le premier président de la République Française. Par le coup d’Etat du 2 décembre 1851, il s’adjuge le pouvoir. Napoléon III règnera de 1852 à 1870.
Grâce au chemin de fer, la France des régions se modifie. Les vins du midi envahissent l’Ile-de-France. Le progrès industriel s’accélère. Paris est reconstruit par le préfet Haussmann qui trace de nouvelles avenues, les halles centrales, les bois de Boulogne et de Vincennes
Le ministre de l’Instruction Publique Alfred Falloux, élabore une loi votée le 15 mars 1850 qui autorise l’enseignement confessionnel dans le primaire et le secondaire.


A Villemomble

Le 5 septembre 1845, il est convenu avec le sieur Petitpas, que moyennant la somme de 20 francs par an, il devra balayer les rues et enlever les boues sous la surveillance du garde-champêtre.

Le joli village

« La même année, l’écrivain Paul de Kock (1794 – 1871) décrit dans un de ses nombreux romans le village de Villemomble : « (…) sur votre droite, vous apercevez le village de Rosny, et sur la hauteur le fort qui domine toute la campagne. Suivez la route qui tourne un peu à gauche ; c’est celle qui mène au joli village de Villemomble. Maintenant vous êtes en pleine campagne, sur un beau chemin, tantôt pavé, tantôt ferré. De chaque côté s’étendent des champs bien cultivés. A des distances assez rapprochées, de beaux noyers donnent un peu d’ombrage à la route, qui continue toujours belle, riante et égale, jusqu’à l’entrée de Villemomble ».

En 1846, un terrain appartenant aux sieurs Vinay et Jacques Pierre Marie Brouet, situé à l’angle de la Grande Rue et le chemin de Neuilly est acheté pour y établir une mairie, des écoles communales, une salle d’asile, un corps de garde, une salle pour pompe à incendie, deux petits logements dont un pour l’instituteur et l’autre pour le greffier, un hangar et deux préaux pour garçons et filles.

Le Conseil Municipal du 24 novembre 1846 délibère et demande à l’unanimité que l’emplacement de « la station sur le chemin de fer » soit établie à la porte du Raincy sur Villemomble, afin de desservir Rosny-sous-Bois, Villemomble, Gagny, le Raincy, domaine privé du Roi… »

Le dénombrement de 1846 compte 670 habitants à Villemomble.

A la fin de l’été 1847, les paysans sont moroses car depuis deux années , la grêle succédant au gel s’acharne sur leurs arbres fruitiers et leurs vignes.

Le dimanche 26 mars 1848 à cinq heures du soir a lieu la cérémonie de la plantation de l’arbre de la Liberté (un platane) devant les grilles du château (angle de la Grande Rue à l’emplacement de l’avenue Detouche). Cet endroit sera appelé, place de la Liberté ! La cérémonie est célébrée par Monsieur le Curé et son clergé, en présence des autorités administratives ainsi que de la Garde Nationale entourée du reste de la population.

La première pierre de la nouvelle mairie est posée le 18 juin 1848 à l’angle de la Grande Rue et de la rue de Neuilly.

Nouveau déménagement du presbytère, en 1848, rue des Trois-Frères (maison de M. Lucas).

La Mairie-Ecole située Grande Rue est vendue par adjudication en l’étude de Me Genet, notaire à Noisy-le-Sec, le 3 décembre 1848 (1)
La rentrée des classes s’effectue en 1849 dans une école toute neuve et moderne (2). Il y a une classe pour les filles et une pour les garçons. Les fenêtres donnent d’un côté sur la Grande rue, de l’autre sur le chemin de Neuilly. Il n’y a qu’un seul instituteur, Monsieur Chardon, il est vrai secondé par son épouse qui bien que ne possédant pas de certificat de Capacité s’occupe avec bonheur des filles.

En 1849 est ouverte la ligne de chemin de fer Paris-Meaux, mais il n’y aura pas de station à Villemomble !


Dans le courant de l’année suivante va débuter le lotissement du « Parc Carette ».

(1) Cette maison sera détruite en 1875 lors du percement de la rue Joséphine (actuellement rue du Capitaine Louys)
(2) Pose de la première pierre de la mairie-école de Villemomble telle qu’elle est relatée dans le registre des délibérations du Conseil Municipal à la date du 18 juin 1848 : « L’an mil huit cent quarante huit, le dix huit juin, la pose de la première pierre de la mairie et des écoles a eu lieu en présence des citoyens, Reyneau, délégué à la sous-préfecture de Sceaux ; Chevré, maire ; Garnier, adjoint ; du Conseil Municipal et de la garde nationale. Après la bénédiction de la dite pierre, le citoyen délégué à la sous-préfecture a déposé dans une boite en plomb, la médaille commémorative de cette cérémonie. Ce qu’il a signé avec les susnommés, les jours, mois et an que dessus, ainsi que les officiers de la garde nationale, les membres du Conseil Municipal et l’architecte du département chargé des plans et de l’exécution, les membres du Bureau de Bienfaisance »

 

Monsieur Mangin est propriétaire foncier et demeure, 4, rue de la Procession.

En France

Coup d’Etat organisé par le président Louis Napoléons (2-12-1951). L’opposition républicaine est matée. Il y a quelques morts mais surtout des déportations en Algérie et en Guyane. Le Coup d’Etat est plébiscité par un vote au suffrage universel (21-12-1851).
Victor-Hugo opposant à Napoléon III s’exile à Bruxelles avant de rejoindre Jersey puis Guernesey.


A Villemomble

Quelques mois après avoir succédé à M. Chevré, Monsieur Mangin, maire de Villemomble démissionne suite au coup d’Etat de Louis Napoléon.

Il n’y a pas encore de station de chemin de fer à Villemomble, mais il en existe une depuis deux années à Gagny.

Monsieur Collinet assure un service régulier de voitures pour joindre cette station et dans l’autre sens pour conduire les voyageurs par le chemin du Raincy jusqu’à la porte de Villemomble ou dans quelques années sera installée la gare. A cet endroit il y a en effet le relais de la diligence de Montfermeil. En attendant de prendre la voiture, les voyageurs avalent un ballon de « p’tit bleu » ou « d’antigrippe » les matins frisquets à l’auberge du « Lapin prêt à sauter » tenue par la famille Logerot, au 103 Grande Rue.

En 1851, Villemomble dénombre 684 habitants.

ean-Henri Ensminger, dont la famille est originaire de Lorraine, est né le 5 mars 1795 à Diemeringen (Bas-Rhin). Négociant en cuir, fournisseur des armées, il demeure à Paris, 40, rue Geneta, 2e arr. Il s’installe à Villemomble après avoir fait de fructueuses opérations immobilières dans la capitale. En 1845, il achète une maison de maître appelée « le château » (1), 26 Grande Rue, entourée d’un vaste parc de près de 6 hectares. Elu maire de Villemomble en 1852, il décède le 15 mars 1870.


En France

Second Empire – Louis Napoléon, Empereur des français sous le nom de Napoléon III (2-12-1852 au 4-9-1870) – Guerre de Crimée (1854-1855) – Guerre Austro-Franco-Sarde (1859) – Guerre Franco-Allemande (1870-1871))

Triomphe de la presse et de ses romans-feuilletons lus jusque dans les chaumières des villages. Ils sont signés Eugène Sue (2), Alexandre Dumas, Paul Féval, etc. Des romans ont un grand succès comme « Les Misérables » de Victor-Hugo, « L’Ami Fritz » d’Erckmann-Chatrian (3) et ceux de Jules Verne, Gustave Flaubert, Paul de Kock (4). Les Parisiens n’ont de goût que pour la musique d’Offenbach.
L’Empire qui a été accepté par le peuple français amène l’ordre, l’expansion de l’économie, le progrès et la révolution industrielle ! « Le profit n’est pas maudit s’il aide les hommes à mieux vivre » allègue-t-on !». La première exposition universelle de Paris à lieu en 1855. En 1867, la seconde grande exposition universelle reçoit la visite de tous les souverains de l’Europe.
En 1869 est percé le canal de Suez par Ferdinand de Lesseps.
Le baron Haussmann est chargé d’embellir Paris afin d’améliorer la circulation mais aussi de faciliter la lutte contre les émeutes. Il perce Paris, trace les grands boulevards, dégage les grands monuments et crée de larges espaces verts.
Division de la capitale en vingt arrondissements et annexion de communes voisines de Paris.


A Villemomble


Le 10 octobre 1852, il est proposé au Conseil Municipal de voter une adresse à Monseigneur le Prince-Président (5).

En février 1854, des trottoirs sont installés dans la Grande Rue.

Enfin ! Une station de chemin de fer est ouverte sur la voie de Paris à Avricourt en 1856. Il est créé un passage à niveau à la limite du chemin du Raincy et du mur du parc du Raincy. La station dessert Villemomble, Le Raincy, Livry, Montfermeil.
Le parc privé des Orléans est en cours de lotissement et la station de chemin de fer permet à de nombreux parisiens qui prennent le train à « l’embarcadère » de l’Est de découvrir la forêt de Bondy et le charmant petit village de Villemomble dont la population triple le dimanche ! Imagine-t-on la révolution que peut être pour la commune, l’arrivée de la première locomotive qui annonce son arrivée par un coup de sifflet triomphant en abordant époumonée le quai de la station !

A Villemomble les progrès de l’industrie se font sentir. Beaucoup de vignerons arrachent leurs vignes improductives et se lancent dans la culture maraîchère.
La tendance chez les gros propriétaires du village est de démembrer leur domaine afin de les lotir. C’est le cas des familles Poussin, Marchand et des héritiers de Girardot de Launay. C’est l’âge d’or de l’immobilier Villemomblois ! Un important horloger parisien, Louis Detouche s’est s’installé dans les années 1850 sur une partie du domaine de Launay et y a fait construire un petit château dans le style Renaissance !
C’est le début des lotissements du Parc de Launay, du Parc Carette (Villa Moutier), du Bois Doré, du Parc de Beauséjour.
Le poète-fabuliste Pierre Lachambeaudie arrive à Villemomble fin 1855 (6). Il habite au 4 ter, rue de Neuilly. En 1862, il publie un recueil de poèmes intitulé « Les fleurs de Villemomble ».
En 1857, un cantonnier est nommé, il se nomme Louis Ernest Delaize.
C’est en 1858 que le presbytère est acheté par décision du Conseil Municipal pour un montant de 15 000 F. Il se trouve à l’angle des rues de la Procession et d’Avron, derrière l’église. Le cimetière du village est agrandi en 1859.

Le premier juillet 1859, Villemomble a enfin une poste digne de ce nom. Elle est installée au 110 Grande Rue et dessert Rosny et Le Raincy. Cinq facteurs distribuent le courrier jusqu’aux limites de Montreuil mais aussi sur le territoire de Livry. Ces facteurs qui arpentent des kilomètres par tous les temps sur les cheminsb défoncés de notre région se dénomment Lecoeur, Carriat, Laroche, Depres, Roseau !

Compte tenu du nombre croissant d’enfants scolarisés, il est créé, en 1865, un poste d’institutrice.

Comme nous l’avons vu dans un chapitre précédent, le territoire de Villemomble comprenait autrefois le lieu-dit « Les Rinci ». En 1660, Jacques Bordier, châtelain du Raincy et seigneur de Bondy, obtint que le lieu où il avait fait construire son château fut rattaché à la paroisse de Bondy. Lorsque Le Raincy qui avait été rattaché à Livry, demanda à devenir commune indépendante, après la confiscation des biens des Orléans sous l’Empire, il fallut encore amputer Villemomble d’une partie de son territoire. Le Conseil municipal de Villemomble, dans une de ses délibérations de 1865, proteste vigoureusement, mais il est passé outre et, en 1869, un décret stipule la création de la commune du Raincy aux dépens des territoires de Villemomble, Bondy, Livry et Gagny !

Le Conseil Municipal, en date du 23 février 1868, autorise le Maire à acquérir la propriété de M. Chabot, sise, 1, Place de la Croix, pour y construire une nouvelle église.

En 1866, il y a 983 habitants.

 

(1) Henri Ensminger, maire pendant près de 20 ans, demeurait dans une belle propriété bourgeoise, appelée « le petit château » au milieu d’un grand parc, 26, Grande Rue, située dans l’axe de l’avenue du Raincy (emplacement de l’actuelle avenue Watteau). Il avait fait venir l’eau de la fontaine Cottet dans sa propriété. Le trop plein s’écoulait par un conduit face à l’ancienne église, rue d’Avron. Le petit château devint à la mort de Henri Ensminger, en 1870, la propriété du docteur Moussaud. La maison fut détruite en 1926, lors du percement de l’allée Watteau.
(2) Monsieur Marcel Poche rapporte dans son manuscrit sur Villemomble (1933) que Eugène Sue et Victorien Sardou fréquentaient la famille Thiroux qui demeurait dans une confortable demeure au N° 15 de la rue des Trois Frères. Eugène Sue est l’écrivain le plus populaire du XIXe siècle grâce à ses feuilletons à qui il confère ses lettres de noblesse. Son roman le plus célèbre est « Les Mystères de Paris » où il dépeint les bas-fonds parisiens avec réalisme.
(3) Erckmann-Chatrian. Sous ce nom se réunissent deux écrivains originaires de Lorraine : Emile Erckmann, né en 1822 à Phalsbourg, et Alexandre Chatrian, né en 1826 à Abreschvillers. Leurs nombreux romans patriotiques sont parmi les plus populaires du XIXe siècle, « L’Ami Fritz », « Histoire d’un paysan », « Le conscrit de 1813 », « L’Invasion », etc.
(4) L’écrivain populaire Paul de Kock (1793-1871) est sans doute celui dont les oeuvres auront le plus grand succès au mitan du XIXe siècle. Son éditeur lui offre la maison de ses rêves à Romainville. Paul de Kock reproduit le langage et les mœurs du petit peuple parisien et de notre région. « Monsieur Dupont », « Le Tourlourou » et « La Laitière de Montfermeil » seront des best-sellers. Paul de Kock est enterré au cimetière de la ville des Lilas.
(5) Adresse à S.A.I. Le Prince Louis Napoléon (séance du Conseil en date du 10 octobre 1852) : Prince, La France reconnaissante de tout le bien que vous lui ayez fait et pleine de confiance dans la sagesse de votre Gouvernement, vous témoigne de tous côtés l’immense besoin qu’elle éprouve, pour pouvoir développer sa richesse, de jouir de la stabilité que procure un Gouvernement héréditaire. Un odieux attentat dirigé contre votre auguste personne lui fait désirer encore plus vivement se trouver en possession de ce bienfait qui permettra de déjouer les machinations infernales des factions. Nous remercions la providence qui vous protège de n’avoir pas permis que les projets des méchants s’accomplissent et d’avoir conservé les jours si précieux du sauveur de la Patrie. Sur tous les points du territoire, le Peuple cette fois, manifeste bien formellement la pensée qui a présidé aux acclamations des 10 et 20 décembre : il dit clairement, que par ses votes à ces deux époques mémorables, il a voulu rétablir l’Empire. Tel a été et tel est toujours, Monseigneur, le vœu de la Nation. Le Maire, l’Adjoint et les Conseillers Municipaux de la Commune de Villemomble, interprètes des sentiments dévoués qui unissent les habitants de la commune à votre Altesse, vous prient d’accepter la Couronne Impériale qu’ils vous offrent par acclamation, car par l’unanimité, qui préside à la formation, votre Gouvernement peut seul donner la force ; la prospérité et la vraie liberté à notre belle France »
(6) Lachambeaudie (Pierre). Né à Montigny-sur-Vézère (Dordogne) le 16 décembre 1806. Après avoir été maître d’étude, marchand de cantiques, journaliste, il publie des poèmes et connaît le succès avec son recueil de fables qui le fait comparer à La Fontaine. Il est l’ami de Lamennais et de Béranger. L’Académie française lui décerne un prix. Républicain. Lachambeaudie prend une part active au mouvement qui fait éclore la deuxième République. Arrêté lors du coup d’Etat de 1851, il doit à Béranger de ne pas partir pour le bagne de Cayenne. Amnistié en 1856, il vient s’installer au 4 de la rue de Neuilly à Villemomble et deviendra l’ami de l’instituteur Gustave Chardon. Il fait publier deux nouveaux recueils de poésie : « Les Fleurs de Villemomble » et « Prose et Vers » ». Il décède à Brunoy en 1872.

Germain Fouqu est garde de propriétés. Il habite au N° 19 de la Grande Rue (aujourd’hui 32, avenue de Rosny).

 

En France

Napoléon III. Adolphe Thiers.

Le 15 juillet 1870, la guerre est déclarée à la Prusse. Les Français comptent sur un nouveau fusil, le chassepot !
Les armées françaises, commandées alors par Bazaine et Mac-Mahon, sont défaites. Napoléon se rend au quartier général du roi de Prusse après avoir capitulé à Sedan, le 2 septembre 1870.
L’Empereur Napoléon III rendu responsable du désastre ne peut survivre à la défaite et abandonne le pouvoir. Les troupes allemandes assiègent Paris.
Paris est transformé en une immense place forte coupée du reste de la France.
Jules Ferry, Jules Favre et Léon Gambetta proclament la République le 4 septembre 1870. Malgré l’héroïsme de Denfert-Rochereau, Faidherbe et d’autres, la France est vaincue. Par le traité de Francfort en mai 1871, Adolphe Thiers cède à la Prusse, l’Alsace moins Belfort, La Lorraine Mosellane et cinq milliards de francs-or. Pendant ce temps, Paris (mars à mai) est livré aux atrocités de la guerre civile (Commune de Paris). La « semaine sanglante » 21-28 mai (Incendie par la Commune du palais des Tuileries, de l’Hôtel de Ville, du Palais de justice, de la Cour des Comptes, du palais de la Légion d’Honneur). La « Commune » fait plus de dégâts sur les monuments publics de la capitale que la Grande Révolution !

Le 30 janvier, la troisième République est adoptée par 353 voix contre 352.


A Villemomble

Le maire M. Ensminger étant mort en fonction avant la déclaration de la guerre à la Prusse, c’est l’un de ses adjoints, Germain Fouqu qui le remplace.
Pendant l’invasion allemande de 1870-1871, Villemomble est évacuée par ordre.
Le 12 septembre 1870 l’historien Villemomblois, M. Poche écrit : « La plupart des habitants se dirigent sur Paris. Le pitoyable cortège s’achemine tant bien que mal tentant de sauver du désastre, qui, sa cavalerie, son matériel et son bétail, qui ses pauvres hardes, ses meilleurs meubles et sa volaille, tous étant forcés d’abandonner précipitamment le reste ».
Le siège de la mairie est transféré, 37, rue de Palestro à Paris.
Dans la séance du 16 octobre 1870, le Conseil « considérant que les dépenses occasionnées par la guerre seront immenses… demande que la somme de 1 390 F mise à la disposition de la commune soit entièrement affectée aux dépenses de toutes sortes occasionnées par la guerre ».

La situation topographique de Villemomble ne permet ni aux Allemands, ni aux troupes Françaises, de l’occuper, tout au moins dans sa partie basse. Les Allemands se bornent donc à y faire, sur ses confins au Nord et à l’Ouest des travaux défensifs, destinés principalement à protéger leurs positions du Raincy. Des abatis d’arbres ont lieu dans le parc du château de Villemomble et dans le bois doré et une tranchée profonde est creusée le long de la voie du chemin de fer.
L’autorité militaire Française occupe le plateau d’Avron. L’ensemble des moyens d’artillerie mis en action sur le plateau est considérable.

Escarmouches

« Des escarmouches ont lieu autour des châteaux « Papin » et de Launay, occupés tour à tour par les Français et par les Allemands. Ainsi le Général Tamisier résume t-il dans son rapport l’une de ces opérations organisées le 21 octobre 1870 par la compagnie de carabinier du 48e bataillon : « Parti du fort de Rosny, dont le commandant lui avait donné tous les renseignements en sa possession, le capitaine Proust s’est dirigé, en suivant les crêtes du plateau d’Avron, sur le château et le parc de Launay, entre Villemomble et la station de Gagny. Un poste prussien avait été signalé dans le parc de Launay.
Les dispositions prises par le capitaine Proust pour surprendre et tourner le poste ont été très bien conçues. Les sentinelles prussiennes et trois hommes du poste ont été tués par la première décharge. La fusillade a continué contre les abris et barricades occupés par les Prussiens, jusqu’au moment où l’ennemi ayant fait avancer une réserve considérable, le capitaine Proust a jugé nécessaire de rallier sa compagnie et de se retirer. La retraite s’est effectuée avec autant d’ordre et de fermeté qu’il y avait eu d’ardeur et d’entrain dans l’attaque ».

Après l’Armistice, Villemomble doit loger 400 hommes de mars à juin 1871 et 300 hommes avec 150 chevaux, de juin au 21 septembre date de la libération de son territoire.
Les dégâts occasionnés pendant la guerre sont considérables, car bien des maisons ont été pillées. Les châteaux Papin et de Launay ont terriblement souffert. Le premier a ses murs ébréchés et sa toiture défoncée par les obus, du second il ne reste guère debout que les murs !
La séance du Conseil Municipal, le 11 juin 1871, peut être néanmoins tenue à la mairie de Villemomble.


Métamorphoses

Du village à la ville

 

Avant la guerre de 1870, Villemomble est peuplé de près de mille âmes.

Le parc du Raincy, ancien domaine privé du roi, Louis-Philippe 1er, déclaré propriété nationale le 22 janvier 1852, est en cours de lotissement ainsi que celui de la « Villa Moutier » (1853-1865) sur le territoire de la commune.
L’exemple du lotissement de l’ancienne propriété du roi donne des idées aux héritiers des grands domaines de Villemomble qui ont de plus en plus de mal à les entretenir et où le bois qui faisait leur richesse serait dit-on remplacé par d’autres matériaux dans le futur ! La tendance chez ces derniers est donc de démembrer leur domaine afin de les lotir et d’en retirer du profit. « Le profit n’est pas maudit s’il aide les hommes à mieux vivre » allègue-t-on en haut lieu ! De nombreuses parcelles du territoire sont en chantier ! Le « Bois Poussin » est loti depuis 1860 par Moutier-Lepage, « Le village de Beauséjour » dès 1861 par Louis Soyer puis par Alfred de L’Isle, le « Bois Doré » par Louis Soyer puis par Martineau-Poussin.

La station de chemin de fer permet à de nombreux parisiens qui prennent le train à « l’embarcadère » de l’Est, de découvrir la forêt de Bondy et le charmant petit village de Villemomble dont la population triple le dimanche ! Imagine-t-on la révolution que put être pour les Villemomblois, l’arrivée de la première locomotive qui annonçait son arrivée par un coup de sifflet triomphant en abordant époumonée le quai de la station du Raincy-Villemomble-Montfermeil !

A Villemomble l’expansion de l’économie, le progrès et la révolution industrielle se font sentir ! Beaucoup de vignerons arrachent leurs vignes improductives et se lancent dans la culture maraîchère. Le dernier ban des vendanges a été proclamé en 1865 et la fête de « la Saint-Vincent » n’est plus qu’un souvenir même si les flancs d’Avron sont encore couverts de vignes !

Un important horloger parisien, Louis Detouche, s’est installé dans les années 1850 sur une partie du domaine de Launay et y a fait construire un petit château dans le style Renaissance !

Arrive la guerre aux portes de Paris. Les Prussiens bousculent les Français qui abandonnent l’Alsace et la Lorraine. L’Empire s’écroule sous les coups de boutoir de Bismarck. L’Empereur Napoléon III rendu responsable du désastre ne peut survivre à la défaite et abandonne le pouvoir. C’est le moment où Paris s’insurge à l’appel des « Communards » ! Après la honte, c’est la guerre civile qui attend, pendant des jours brefs mais dévastateurs, les Parisiens, sous l’œil goguenard des Prussiens !

Les habitants regagnent leur village qui a souffert du siège de la capitale. Ils sont surtout préoccupés à réparer les dégâts causés par la guerre et à devoir entretenir les Allemands qui se prélassent au château et à la terrasse des auberges !

En septembre 1871, les Villemomblois qui sont maintenant près de 1 300, élisent comme maire, un homme généreux, Louis Constantin Detouche, qui va leur faire oublier les rigueurs des « Années Terribles »

Ca et la, il existe dans le village une foule de maisons bourgeoises dont certaines affectent même des airs de châteaux au milieu de jardins qui sont presque des parcs.

Les hommes qui se réunissent chaque dimanche dans les auberges, que ce soit chez Logerot au « Lapin prêt à sauter », chez Delépine, Goret ou Guérin, évoquent avec nostalgie la Saint-Vincent où on promenait en grande pompe la statue de la « Vierge aux raisins », se chicanent à propos de fontaines que certains s’approprient abusivement, rigolent des gourgandines qui ont tâté de la polissonnerie avant l’heure. Plus sérieusement on se dit que le parc Papin, qui dit-on, doit être loti, va amener des Parisiens épris de villégiature à venir s’y installer et faire ainsi « marcher » le commerce ! Alors on trinque à la patronne, au cochon et au nouveau maire, tout en repiquant au cruchon.

L’école est devenue trop petite pour accueillir tous les enfants dont les parents ne sont plus seulement des paysans mais aussi des artisans, commerçants, employés et rentiers.

En dehors des cultivateurs et des fermiers encore relativement nombreux, de nombreuses professions sont exercées dans notre commune dans les années 1870. On note des couvreurs, des charretiers, des menuisiers, des maçons, des plâtriers, des terrassiers, des serruriers, des peintres en bâtiment, des scieurs de pierre, des maréchaux-ferrants et forgerons mais encore de nombreux jardiniers, des cordonniers, des cabaretiers et des tonneliers, des charrons, des tapissiers, des ébénistes, des employés de commerce et des employés aux chemins de fer. Dans cette petite ville on trouve des bijoutiers, des professeurs de musique militaire, des carriers, des cochers, des tourneurs en cuivre, des sculpteurs sur peigne, des comptables, des artistes et toujours des manouvriers.
Pour terminer cet inventaire nous pouvons encore citer un batteur d’or (M. Brouet, 102 Grande Rue), un marchand de poudre, un scieur de long, un entrepreneur, un graveur sur bois, un layetier emballeur, un plumassier, un tôlier…

C’est un homme généreux que les citoyens de la commune vont élire comme maire en septembre 1871. Par sa gestion et son administration qui durera huit ans, Louis Constantin Detouche, qui possède à Paris la célèbre maison d’horlogerie de la rue Saint-Martin, va faire oublier les rigueurs des « Années Terribles » à ses concitoyens qui sont maintenant près de 1300. Il est aussi le propriétaire d’un château, dont l’entrée se trouve Grande Rue, restauré dans le style Renaissance par l’architecte Brouty. (vers la gare de Gagny, emplacement de l’actuelle rue du Château. Le parc couvrait l’actuel quartier de l’Epoque aussi bien sur Villemomble que sur Gagny.)


En France

Début de la IIIe République (4-9-1870) – Commune (gouvernement insurrectionnel du 18-3 au 28-5-1871) – Adolphe Thiers, Président de la République (31-8-1871) – Mac-Mahon, Président de la République (24-5-1873) – Jules Grévy, Président de la République (30-1-1879)

Le 31 août 1871, Thiers est élu Président de la République. Son premier objectif est la libération du territoire. Il y réussit en lançant un emprunt qui permet de couvrir le paiement des 5 milliards exigés par Bismarck à la tête de la Prusse.
En septembre 1873 les troupes prussiennes d’occupation quittent la France.
Thiers réorganise également l’Etat en favorisant la bourgeoisie, les agriculteurs et les industriels.

Amédée Bollée, construit en 1873 une voiture à vapeur avec laquelle il effectue le trajet Le Mans-Paris.
En 1976, débute à Paris la construction de la basilique du Sacré-Cœur.

Sous le regard des peintres impressionnistes comme Monet, Degas et Renoir, et des écrivains Emile Zola, et Jules Vernes, Paris veut redevenir la capitale des arts et des plaisirs. L’Exposition Universelle de 1878 permet la construction du palais du Trocadéro.

A Villemomble

Comme durant les précédentes Révolutions, les Villemomblois sont très loin des turpitudes sociales et politiques de la capitale, préoccupés qu’ils sont à réparer les dégâts causés par la guerre et à entretenir les Allemands qui se prélassent au château et à la terrasse des auberges.
Si Madame Papin efface les dommages causés à sa demeure villemombloise, la comtesse de Longperrier-Grimoard, héritière du domaine de Launay, vend les ruines de son château à un entrepreneur Villemomblois, pour les démolir. Il faut dire que la propriété de Launay, qui avait remplacé la vaste demeure des Girardot (emplacement vers le N° 115 de la Grande Rue), comprenait quand-même deux salons, une salle à manger et quatorze chambres de maître. Elle était inhabitée depuis 1865 et mal entretenue. En 1870 on avait décidé de lotir ce qui restait du beau parc qui l’encadrait.

Heureusement, les citoyens font le bon choix en élisant à la tête de la commune, Monsieur Detouche en septembre 1871.

En 1872, Villemomble dénombre 1 180 habitants.

En 1872, la buraliste qui est Mlle Burel de Vilaffre s’installe dans un local tout neuf situé au 47 avenue du Raincy.

Dès le début de son mandat, le maire fait adopter par le Conseil Municipal, à l’unanimité, la gratuité dans les écoles communales de garçons et de filles. A cet effet est inscrite au budget communal une contribution de quatre centimes additionnels. L’année suivante le nombre d’élèves ayant doublé, le Conseil Municipal demande aux autorités supérieures de nommer un adjoint à l’instituteur, Monsieur Chauchot. Le 4 août 1873, Louis Detouche propose au même Conseil de fonder une Caisse des Ecoles et lui donne lecture des statuts de la future société. L’année suivante une sous-maîtresse est nommée auprès de l’institutrice qui est en charge de la classe des filles.


Sans l’acte de générosité, auquel nous allons faire allusion, le château de Villemomble n’existerait peut-être plus aujourd’hui !
Nous sommes le 8 août 1875. Lors de la séance du Conseil Municipal, le maire, Monsieur Detouche, annonce « qu’étant devenu acquéreur en société avec Madame Outrebon (1) du château de Villemomble, ils l’offraient afin d’y installer la mairie et des écoles de garçons et de filles ; qu’ils ajoutaient à ce don, un espace environnant de 8 000 m², afin de faire une vaste place publique autour de la mairie ». On imagine avec quelle ferveur ce don fut accueilli par les Villemomblois !
Monsieur Detouche fait appel à son architecte, Monsieur Brouty, qui dresse les plans et le « devis des travaux de diverses natures à exécuter à la mairie de Villemomble, le 1er avril 1876 » (2)
A partir du moment où Monsieur Detouche prend en charge les affaires de la commune, celle-ci se transforme peu à peu en un village agreste et prospère. Depuis qu’il s’est associé avec Madame Julie Outrebon, née Papin, pour procéder au lotissement du parc du château, le visage de la commune devient celui d’une petite ville avec des voies bien dessinées à qui l’on donne le nom ou le prénom pour certaines des bienfaiteurs de la cité ! Il y a même une fanfare municipale et une société de gymnastique « L’Etoile de Villemomble » ! En 1874 est fondée la « Société d’Horticulture ».
Pour compenser les amputations du territoire lors de la création de la commune du Raincy en 1869 et celle du chemin de fer, sous l’administration de Louis Detouche, la commune achète à la Maison d’Orléans, en 1874, le lieu-dit « Les Bois Royaux »(3). Le long des voies de ces nouveaux quartiers appelés « Le petit Villemomble » et « les Coquetiers », se construisent de nombreux pavillons. La même année le Conseil Municipal autorise la Compagnie Générale des Eaux à poser des kilomètres de conduites et cinq années plus tard ce même Conseil accorde à la Compagnie du Gaz l’installation d’une usine. La localité est alors éclairée par des becs de gaz !

Le 15 mai 1874, une ordonnance de Mgr Guilbert porte changement du patron de Villemomble, alors Saint Genès, par Saint-Louis, Roi de France.

Le parc du château ainsi que le « Bois Doré » commencent à se lotir.
Le 30 mai 1875 a lieu l’inauguration de la ligne des Coquetiers qui raccorde le réseau ferré Est à celui du Nord. La Poste s’installe, 47, avenue du Raincy.

C’est en 1878, deux années avant que la mairie ne s’y installe que les écoliers investissent les salles de leur nouvelle école aménagée dans l’ancien château de Monsieur Papin, fait pour défier les siècles !

Lors du recensement de 1876, il y a 1 332 habitants à Villemomble.

(1) Madame veuve Outrebon est la fille aînée de Monsieur François Papin décédé en 1869.
(2) A ce sujet voir chapitre « L’Hôtel de Ville » et les notes de M. Serge Carnus, architecte chargé de la restauration de l’édifice.
(3) Voir document en annexe.

 

Monsieur Giboury est marchand tailleur. Il habite 51 Grande Rue.

 

En France

Jules Grévy, Président de la République (30-1-1879).

Sous l’impulsion de Jules Ferry début des conquêtes coloniales en Afrique noire.
La IIIe République rattache directement, en 1881, les Affaires algériennes à l’administration centrale.
Protectorat français sur la Tunisie (1881).
Des voix dont celles de Victor-Hugo et Jules Ferry réclamaient au lendemain de la terrible défaire de 1870 une instruction primaire obligatoire, gratuite et surtout laïque. Cela deviendra une réalité avec la loi instaurée par Jules Ferry le 28 mars 1882. L’instruction civique remplacera le catéchisme dans les écoles de la République. Ce dernier sera enseigné pour les familles qui le désirent, le jeudi, jour de congé.
Loi du ministre de l’intérieur Waldeck-Rousseau sur les syndicats professionnels (1884).

A Villemomble

La mairie s’installe officiellement dans le château restauré à cet effet, en 1880.

Le 8 juin 1882 le Conseil Municipal vote un crédit de 800 francs pour l’installation d’un service télégraphique. La population s’accroissant fortement, le bureau de Poste est ouvert de 7 h le matin à 9h du soir, le service est effectué par trois employés, trois facteurs et deux porteurs de dépêches et , surprenant, il est fait trois distributions par jour.
Un marché couvert est édifié, avenue Outrebon (1883). Toutes les rues sont pourvues de plaques indicatrices.

A côté de l’école de la République des écoles dites libres se créent dans le village. Monsieur et Madame Detouche font construire par MM. Brouty et Broussard, en 1884, sur un lot du parc, un hospice de vieillards, rue Pottier et Jeanne d’Arc. Ce dernier est inauguré le 10 octobre 1886. Les fondateurs le destinent à recevoir douze sexagénaires, hommes et femmes, nés dans la commune. Au premier étage se trouve une jolie chapelle avec deux rangs de stalles en chêne provenant d’une abbaye du pays chartrain ainsi qu’un autel en chêne sculpté entouré de colonnes de marbre d’une grande beauté. A l’angle des actuelles rues Jeanne d’Arc et Alsace-Lorraine, ces généreux bienfaiteurs de la commune font également construire par les mêmes architectes, une confortable école isolée au milieu d’un grand parc. Elle porte le nom d’Institution Saint-Marie (aujourd’hui collège Saint-Louis). Dans cette institution, quatre-vingt jeunes filles de la commune sont instruites par des religieuses appartenant à l’ordre du Saint-Enfant-Jésus, de Soisson.

« La Plaine » est en cours de lotissement (1)

En 1881, Villemomble compte 2 033 habitants.

(1) Lieu-dit situé au levant de la commune, le long de la rue de Neuilly.

Le maire de Villemomble est propriétaire du Grand Magasin »Le Bon Génie » à Paris et du bel immeuble, 25 Grande Rue, dont le parc arboré jouxte celui du château de Villemomble (à l’angle de l’avenue du Raincy et de la Grande Rue, longtemps occupé par le siège d’EDF, démoli en 2002 pour construire une résidence)


En France

Sadi-Carnot, Président de la République (3-12-1887)

En 1884 le marquis Albert de Dion construit avec son associé Bouton, le premier tricycle à moteur fonctionnant à la vapeur. L’année suivante Louis Pasteur applique pour la première fois un vaccin contre la rage à un jeune alsacien et une foule immense assiste aux funérailles de Victor-Hugo dont le corps est transporté au Panthéon. Le sculpteur en vogue est Auguste Rodin tandis que les bourgeois se passionnent pour les ouvrages de Arthur Rimbaud, Pierre Loti, Jules Valles, Georges Courteline et les peintures de Degas et Monet.
Sculpture, puis érection en 1885 à New York » de la statue de la Liberté », sculptée par le Français Auguste Bartholdi.
Création en 1887, par la France, de l’Union indochinoise.


A Villemomble

Les membres du Conseil Municipal sous l’administration du maire parlent de construire un groupe scolaire. Nous sommes en 1885 et il devient impératif de tenir compte de l’afflux grandissant des élèves qu’entraîne l’instruction obligatoire. Un terrain est prévu, celui appartenant aux frères Huraut. (1) A la suite du concours ouvert entre architectes, le 20 novembre 1885, c’est le projet de M. Breasson, architecte à Paris, rue Vavin, qui est primé et c’est donc lui qui sera chargé de la direction des travaux de construction du groupe scolaire.

En 1886, le nombre d’habitants dépasse 3 000 ( exactement 3 141) et les écoles sont trop petites pour accueillir tous les enfants, bien que l’ancienne mairie ait été transformée en « asile maternel » ! Les frères Huraut se lassent de voir leur promesse de vente prorogée de délais en délais. Libres de tous engagements envers la commune, ils refusent de vendre le terrain d’une partie de leur propriété aux conditions énoncées dans le contrat antérieur ! En conséquence le maire est autorisé à négocier avec Madame veuve Outrebon la promesse de vente d’un terrain de 7 000 m² situé dans le parc de Villemomble. Hélas ! le terrain borde la rivière et une campagne de presse fait capoter le projet. En effet la rivière serait polluée par la Compagnie des Chemins de Fer de l’Est. Le Conseil Municipal invite alors le maire à rompre immédiatement les pourparlers d’acquisition du terrain.

La petite église de la rue d’Avron devait être remplacée par une beaucoup plus grande construite en face, place de la Croix, avant la guerre 1870, sur la propriété de M. Chabot dont l’expropriation avait été ordonnée par le préfet pour cause d’utilité publique. La guerre terminée, le projet n’est pas repris et les souscripteurs sont remboursés ! C’est sans doute pourquoi Louis Detouche, par acte fait devant maître Pottier le 6 octobre 1887, à cédé et abandonné au syndicat du Parc de Villemomble tous les droits qui pouvaient rester lui appartenir en sa qualité de membre de la société civile du Parc de Villemomble notamment les terrains de la place située dans le parc, dite « Place de l’Eglise » destinés à la construction d’une église dans un délai de 20 années à compter de ce jour. Le surplus du terrain non employé restant à l’état de square.

En octobre 1887, l’ancien Maire, Monsieur Detouche et Madame Outrebon, une fois de plus prêtent leur concours à l’abbé Guillemette, pour bâtir une école de fille sur un lot du parc où cette dernière à fait élever en 1875 pour l’un de ses fils une jolie demeure. Ce dernier mort prématurément, cette maison devient le pavillon de direction de l’institution et existe toujours aujourd’hui. L’architecte de cette école est alors M. Baillot, trésorier également du Conseil de Fabrique, qui dessinera ultérieurement avec son confrère Dumont, les plans de la future église Saint-Louis. L’enseignement en est confié à des religieuses. Ce sera pour de nombreuses années le pensionnat Sainte-Chrétienne.


(1) Terrain sis à l’angle de la Grande Rue et de la rue Mercière, d’une contenance de 5 225 m².

Le maire, M. Guilbert est industriel et demeure au N° 8 de la rue du Chemin de Fer.


En France

Sadit-Carnot, Président de la République.

En 1888, Le boulangisme (du nom du général Boulanger), regroupe les nationalistes, monarchistes et mécontents.


A Villemomble

Une plaque commémorative de la donation du château à la commune est scellée dans le vestibule de la mairie en 1887.

 

Du village à la ville

Durant ces vingt dernières années se sont construites, dans les anciens parcs Poussin à l’ouest, Carette au nord-est en passant par le parc du château et l’ancien domaine de Launay, une foule de maisons bourgeoises. Certaines, dans les avenues Magne (Gallieni) ou du Raincy, affectent même des airs de châteaux au milieu de vastes jardins que des jardiniers formés à la Société d’Horticulture fondée par Monsieur Detouche en 1874, entretiennent avec soin. La Grande Rue maintenant pavée et bordée de trottoirs est toujours surmontée par le plateau d’Avron couronné d’arbres, avec sur ses pentes, des fermes, des prés creusés de carrières (1) ). A l’une des extrémités du plateau, au milieu des anciens enclos du château d’Avron et d’un grand parc, d’où le regard se perd à l’infini, se dressent les petites maisons du village de Beauséjour (2), bâties par Louis Soyer à partir de 1865 (3).


(1) Sur les flancs du plateau et au lieu-dit « la Montagne Savart », les carrières exploitent le gypse dès le début du XVIIIe siècle. Cinq carrières sont exploitées, la plus récente est celle qui se trouve à l’emplacement de l’actuel Parc de la garenne (plusieurs voies y font référence : rue de la Carrière, rue de la Plâtrière). Cette dernière est exploitée au début du XIXe siècle par MM. Lefèbvre et Triboulet puis ensuite successivement par MM. Rodière, Gauvain puis Mussat. Celle de M. Lewall a été tenue par M. Chaignet. Elle est fermée depuis peu de temps. Il existe à l’ouest du plateau, la carrière dite « La Malassard » et ensuite « la carrière aux jetons » (on y payait les ouvriers avec des jetons qui n’étaient valables qu’à la cantine de l’établissement). A l’opposé, au lieu-dit « Les Enfers », vers la vallée d’Avron, est exploitée la carrière « à Coursier » qui deviendra ensuite celle « à Becker »
(2) Lotissement construit à partir de 1861 à l’emplacement de la partie nord du parc du château d’Avron. Un tiers seulement dépend de Villemomble, les deux autres tiers relèvent de Rosny.
(3) Louis Victor Soyer est propriétaire du parc de Beauregard en 1861, acheté aux héritiers de Charles Graindorges et dont il entreprend le lotissement appelé « Village de Beauséjour ». Le 11 septembre 1863, Louis Soyer achète également 12 hectares à M. Jean Charles Poussin afin de les lotir sous le nom de village du Bois Doré, près de la station du Ràincy-Villemomble. Monsieur Soyer ne pouvant régler le surplus de la somme due dans les délais prévus par le contrat de vente, les terrains reviennent à Charles Pierre Poussin et à Louis Martineau, héritiers de Jean Charles Poussin. Poursuivi par ses créanciers, Louis Victor Soyer quitte alors sa propriété située 8 rue de la Procession, vers 1867, et devient « sans domicile ni résidence connue en France au parquet de M. le procureur Impérial de la Seine ». Néanmoins une rue de Villemomble porte son nom.

Monsieur Rodet est administrateur de l’Opéra Comique de Paris et demeure Boulevard du Chemin de Fer.


En France

Jean Casimir-Perier, Président de la République (27-6-1894) – Félix Faure, Président de la République (17-1-1895) – Emile Loubet, Président de la République (18-2-1899)

La première bande dessinée « La famille Fenouillard » de Christophe, fait la joie des enfants et des parents en 1889 !
Le 6 mai 1889, inauguration de la Tour Eiffel dans le cadre de l’Exposition universelle.
En 1890, le 1er congrès de l’Internationale socialiste décide que le 1er mai doit être une journée de lutte internationale des travailleurs.
Le mécanicien Clément Ader réussit la même année à voler sur cinquante mètres avec un appareil à vapeur qu’il appelle avion. Panhard et Levassor construisent la première voiture automobile à essence en 1891. En 1894 à lieu la première course de « voitures sans chevaux » de Paris à Rouen. Peugeot, Panhard et Levassor se partagent le premier prix (1)

C’est en 1896 que Georges Méliès réalise ses premiers films dans une ville voisine de Villemomble, Montreuil-sous-Bois, et les frères Lumière donnent dans la capitale au « Grand Café de Paris » la première séance de cinématographe. Dans le même temps, Pierre et Marie Curie découvrent le radium.
En 1899, Emile Loubet est élu Président de la République.

1900, la dernière année du siècle est porteuse d’un avenir flamboyant. C’est l’année de l’Exposition Universelle qui fête la gloire de la Belle Epoque et présente des inventions encore inconnues, que l’on devine merveilleuses pour les générations à venir : le métro, l’électricité, l’automobile, le cinéma, les machines volantes et les vaccins de Louis Pasteur qui triompheront des maladies. On inaugure le Petit et le Grand Palais ainsi que le pont Alexandre III à Paris.
En 1902, le ministre Emile Combe fait fermer plus de 2500 écoles religieuses en application de la loi de 1901 sur les associations. Des problèmes sociaux surgissent dans les mines du Nord ainsi que dans le Languedoc où l’on assiste à la révolte des viticulteurs

A Villemomble

Madame Joséphine Detouche meurt brusquement le 10 septembre 1888. Son époux décède le 7 décembre 1889. La cité reconnaissante décide de lui élever un mausolée dans le vieux cimetière.

Il faut attendre le 4 août 1888 pour que le maire, M. Gustave Rodet, expose : « que dans l’intérêt général et pour hâter l’entreprise projetée de construction d’écoles, il a jeté son dévolu ailleurs et fait définitivement le choix d’un terrain plus propice ». Il dépose à cet effet sur le bureau, l’expédition d’un acte, reçu par maître Pottier de Noisy-le-Sec, le 29 août 1888, contenant promesse de vente de Monsieur et Madame Briet, demeurant à Paris, 38, rue de Montpensier, à Monsieur Rodet, maire de la commune, d’un terrain sis à Villemomble, parc dudit lieu, d’une contenance de 4 030 m². Les Conseillers approuvent son choix. L’école sera alors construite au centre du village (2)

Dans ces mêmes années d’autres écoles dites libres sont créées en dehors de l’institution Saint-Marie et Sainte-Chrétienne. En premier, celle dirigée par Mlle Marie Blanchot, au 47, avenue du Raincy qui sera transférée en 1892 au N° 11 de l’avenue Outrebon, avant d’être cédée lors de son mariage aux Sœurs du Saint-Enfant Jésus qui doivent quitter l’institution Sainte-Marie suite aux problèmes de succession des époux Detouche (4). L’école du Saint-Enfant-Jésus au 76 Grande Rue est un ancien relais de Poste qui avait été acquis par M. Detouche. Il faut citer encore l’institution pour jeunes garçons et filles, fondée par Madame Robert Sauzin, avenue Detouche, qui sera reprise au début du siècle prochain par Mlle Galamez. On note également la présence de l’institution Ader, pour garçons, au 6, allée du Chenil, qui deviendra à la veille de la Grande Guerre, l’école commerciale du Raincy-Villemomble, sans oublier l’institution pour Jeunes gens, « Saint-Louis », 49 Grande Rue, dans une partie de l’immeuble appartenant aux frères Huraut.

1890 ! Année de l’inauguration du premier groupe scolaire de la ville ouvert seulement au garçons (Le bâtiment pour les filles sera construit et ouvert en 1894), mais aussi du début du lotissement du parc Detouche à l’est de la commune (quartier de l’Epoque).

On va poursuivre la construction d’un égout avenue du Raincy.

Le 10 septembre 1892, il est décidé de construire une citerne, place de la Mairie pour y recueillir et conserver l’eau de la source des Enfers.

A la même époque, le journal « Est-Banlieue », à propos du projet d’élever la nouvelle école en bordure de la rivière anglaise, dénonce « le danger imminent que présente pour la salubrité des habitants, l’état infect dans lequel se trouve la rivière par suite de l’aggravation de servitude que la Compagnie des Chemins de Fer de l’Est a fait subir en jetant dans son cours les eaux boueuses des ruisseaux du Raincy »

En 1894 la charmante et romantique rivière « Papin » (rû Saint-Baudile) que longeait l’allée des Soupirs (aujourd’hui boulevard du Général de Gaulle) est comblée et remplacée par un égout (3)

La Société d’Horticulture de Villemomble organise chaque année, depuis son origine, une manifestation pour la fête de « Saint-Fiacre », patron des jardiniers, le premier dimanche de septembre, comme l’indique ces quelques lignes figurant dans le compte rendu de la réunion statutaire de la société en date du 19 juillet 1891 : « La Saint-Fiacre tombant le 30 août, le président M. Aivas, demande dans quelle condition elle aura lieu. Il est décidé que la fête du patron des jardiniers sera faite avec non moins de solennité que les années précédentes, c’est-à-dire avec messe et musique »

La Poste s’établit, 30, avenue Detouche et on inaugure un lavoir communal à l’angle de la rue Circulaire et de la rue Mercière.

Un nouveau cimetière est ouvert en 1892. Il occupe une superficie de 23 882 m² au lieu dit « La Garenne ».

En 1893 la commune est rattachée au canton de Noisy-le-Sec et des rectifications sont apportées aux limites de la commune entre Villemomble et Gagny.

Des travaux de ravalement sont entrepris sur la façade nord de la mairie ainsi que l’aménagement des jardins et clôtures. Les salles de classe sont transformées en locaux pour le secrétariat et le poste de Police qui s’installe dans l’aile Est (1894).

Le 23 juillet 1896 naît Jean Rivier (5), fils de Jeanne Moussaud et de Henri Rivier qui demeurent dans la vaste demeure du docteur Moussaud, 26 Grande Rue, ancienne résidence du maire Henri Ensminger (emplacement de l’actuelle rue Watteau).

En 1890, Alexandre Chatrian est décédé le 3 décembre dans sa maison de l’avenue Franklin (N° 56) à Villemomble. Avec son ami Erckman, il laisse un incomparable inventaire du XIXe siècle, des grandes batailles de l’Empire à la vie des paysans. Leurs talents conjugués de conteurs ont fait admirer à leurs lecteurs des ouvrages comme « L’Ami Fritz », « Madame Thérèse » ou « Les contes des bords du Rhin ». La famille Chatrian repose dans l’actuel « vieux cimetière » de Villemomble. L’historien et écrivain Emile Hinzelin, ami d’Erckmann et Chatrian, s’est installé en 1895 au 10 et 10 bis de la rue Saint-Charles. (6)

Villemomble est encore une campagne relative où il est possible de rencontrer, au détour d’un chemin dans le récent hameau de Beauséjour, Paul Verlaine accompagné de son jeune ami Auguste Frédéric Cazals, monocle à l’œil. Ils sont venus rendre visite à Clément Cazals, frère de Auguste et au poète André Ibels qui habitent le village.

En 1891, il y avait 3 724 habitants. En 1896, la population passe à 4 922 habitants
(2 278 hommes et 2 264 femmes). Dans ce dernier chiffre, seulement 715 sont nés à Villemomble. Les autres viennent des départements situés à l’est de Paris (Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Aisne, Marne, Meurthe-et-Moselle). Il y a 207 étrangers dont la plupart sont Belges, Suisses et Italiens venus principalement de la région de Bergame. Ils travaillent dans les carrières).

Il y a dans la commune 1039 maisons, 22 ateliers et 110 commerces. La commune s’étend sur 375 hectares. En 1898 sur 328 hectares de superficie agricole il y a 263 hectares de jardins. L’horticulture remplace l’agriculture.(7)

Le défrichage des bois se poursuit. La vigne a pratiquement disparue (3 hectares), le dernier ban de vendanges avait été proclamé en 1865 !

Le 21 juin 1900, un tramway électrique relie la Porte de Vincennes à la gare du Raincy-Villemomble. En 1901 cette ligne 6 est prolongée jusqu’à la rue de Malte à Paris (Place de la République).

La grande affaire en 1901 à Villemomble est la construction de la nouvelle église !
Dès son installation en 1896 le dynamique curé Patte constate que l’église de la rue d’Avron n’est plus assez grande pour accueillir les paroissiens. Cette question de la nouvelle église préoccupait d’ailleurs le Conseil Municipal depuis 30 ans ! Il comptait l’élever sur une propriété bordant la place de la Croix (avenue du Raincy).
Des dons importants sont effectués à la Fabrique par des notables de la commune. Le trésorier de la Fabrique, l’architecte M. Baillot, fait dresser un plan acceptable pour tous. L’église sera construite, pour des raisons d’économie, comme les pavillons Baltard parisiens, avec une structure métallique, des colonnes en fonte et des parements de pierre meulière.
L’emplacement est tout trouvé, puisque M. Detouche et Mme Outrebon ont laissé il y a quelques années au « syndicat du Parc », chargé du lotissement, une immense place (place de la République). Le syndicat puis la commune qui lui fut substituée ont l’obligation d’abandonner gratuitement sur cette place, à la Fabrique, le terrain suffisant pour la construction d’une église. La Fabrique peut jouir de ce droit pendant vingt ans, à partir du 8 octobre 1887. Le projet est alors soumis au Conseil Municipal dans l’espoir d’obtenir une subvention.
Le 2 février 1898, le Conseil Municipal composé de MM : Sage, Pailleret, Huin, Sourdat, Planté, Duhamel, Quaccio, Hébert, Stassart, Tuis, Tirion, Reynard, Dequatre, Gaince et Villemain, sous la présidence de M. Rodet, Maire, approuve la construction de l’église, émet « un avis très motivé pour qu’il soit donné suite au projet approuvé par le Conseil de Fabrique, (…) mais regrette de ne pouvoir venir en aide à la Fabrique par une subvention. »
Le Conseil de Fabrique, sous la présidence de M. de Champeaux, se réunit aussitôt afin de rédiger l’acte de demande de secours à l’Etat. Il insiste sur le fait que « l’église actuelle ne contenant que 200 places, est absolument insuffisante pour la population qui s’élève à 5 000 habitants en hiver et 6 000 en été. Il ajoute que chaque dimanche, nombre de Paroissiens sont obligés de se tenir debout à la porte et souvent même jusque dans la rue ! ».

« Il est urgent de construire une nouvelle église ! »

Le curé lui-même y va de sa plume et écrit au Ministère des Cultes un long libelle où il insiste sur l’urgence de construire cette église à bref délai à cause de la donation Detouche-Outrebon qui va bientôt arriver à son terme.
Nous ne pouvons manquer de lui emprunter quelques extraits qui justifient sa demande pressante : « Pour répondre aux besoins religieux de la population nous n’avons qu’une petite église bâtie lorsque Villemomble ne comptait que 300 âmes. Vieille, informe et incommode, elle ne contient que 150 chaises et prie-dieu. Chaque dimanche, nous entassons les petits garçons dans le sanctuaire, les petites filles dans la sacristie et bon nombre de fidèles restent debout sous le porche et jusque dans la rue. En été surtout, la situation devient plus intolérable encore par suite de l’accroissement de la population. Chaque fois qu’un convoi important se présente, l’église est insuffisante pour recevoir l’assistance et les familles aisées, ne veulent pas célébrer ici leurs mariages, toujours pour la même raison. Ajoutez à cela que notre église est contiguë du côté gauche à des maisons ouvrières et que souvent pendant les offices, on entend des cris, des disputes et des mots grossiers. »
Ce sera le début de longues et pénibles démarches. Les dons affluent de la part d’éminents paroissiens dont MM. Soupe, Rebecq, Hémar, Glandaz.
Le jeudi 7 mars 1901, le maître de chantier prend possession du terrain et les travaux vont enfin commencer et se terminer 10 mois plus tard grâce encore aux généreux donateurs qui offrirent les verrières. On y retrouve MM. Glandaz, Moussaud, de la Marnierre et bien d’autres. Pour la petite histoire, le brave M. Soupe, inventeur de l’apéritif « Saint-Raphaël » se devait d’offrir un vitrail qui représente « Saint-Louis servant les pauvres à sa table ».
L’inauguration solennelle de la nouvelle église de Villemomble, œuvre des architectes Baillot et Dumont mais aussi de Monsieur l’abbé Patte, a lieu le dimanche 22 décembre au milieu d’une affluence considérable. L’édifice est long de 40 mètres et la largeur totale de 18 mètres. La hauteur est de 13 mètres pour la nef et 6 mètres pour les bas-côtés. Les chapiteaux de fonte reposent sur des pierres de taille posées sur une fondation de béton. La bénédiction solennelle est alors faite en ce jour mémorable par l’abbé Thomas, Vicaire Général. Archidiacre de Saint-Denis.

Villemomble dispose de 45 rues. La Grande Rue est pavées.
30 trains par semaine et 37 le dimanche s’arrêtent à Villemomble, venant de Paris. La durée du trajet entre Paris et Villemomble est, en moyenne de 30 minutes. La commune de Villemomble est en outre desservie par une ligne d’intérêt local (ligne de Paris-Nord à Paris-Est par Gargan avec embranchement à Bondy)
A Villemomble il y a maintenant deux lignes de tramways électriques. La ligne 6 conduit les Villemomblois jusqu’à la place de la République à Paris depuis 1901 et en 1902 la ligne 9 relie la Porte de Vincennes à Villemomble (gare de Gagny) par Montreuil. La durée du trajet est d’environ 40 minutes ! Ces deux lignes sont exploitées par la compagnie des chemins de fer « Le Nogentais » créée en 1887 sur l’initiative d’habitants de Nogent-Sur-Marne.

Au tournant du siècle, la fête communale à toujours lieu du dernier dimanche d’août au premier dimanche de septembre. Le 15 mai a lieu la fête de printemps.

La population villemombloise atteint en 1901, 6 104 habitants.

(1) G. Martignon « Des Usines et des Hommes », Sides, Fontenay-sous-Bois, 2000.
(2) Angle de l’avenue Detouche et de l’actuelle avenue du Général Leclerc, autrefois rue des Ecoles.
(3) Emplacement nord de l’avenue du Général de Gaulle. A l’origine le rû « Saint-Baudile » se jetait dans la Marne à Ville-Evrard. La rivière empoissonnée et aménagée dans un premier temps par les soins de Madame de Villemomble puis par l’architecte Brongniart en 1802 s’est appelée Canal, rivière anglaise, puis rivière Papin. Elle a été comblée en 1894 et l’antique lac, bordé par un rocher, asséché (angle des avenues Outrebon et De Gaulle)
(4) Les époux Detouche ont légué à la commune, l’institution Sainte-Marie, l’asile de vieillards, une maison destinée au prêtre, appelée la maison romaine, le terrain et 400 000 F pour l’entretien. Le testament est contesté par ses héritiers (des neveux) du fait qu’une commune ne peut accepter le legs d’une école libre, voulant ainsi « substituer à l’enseignement laïque, l’enseignement congréganiste »
(5) Henri Rivier sera nommé plus tard directeur de composition aux côtes de Darius Milhaud son ami au Conservatoire. Son œuvre musicale est considérable.
(6) Hinzelin Emile (1857-1937), ami de Maurice Barrès et pendant un temps trop court de Emile Ducatte fondera une association afin d’élever un monument à Erckmann-Chatrian.
(7) Cultures labourables et fourragères : 59 hectares dont 20 de pommes de terre.

Louis Huraut est négociant en mercerie à Paris. Avec son frère il demeure dans une demeure bourgeoise, sise 3, rue Huraut (Actuellement Conservatoire de Musique).
En dehors de ses fonctions de Maire il est également Président du Bureau de Bienfaisance et de la Caisse des Ecoles.


En France

Armand Fallières, Président de la République (18-1-1906)

C’est la Belle Epoque et nous sommes au XXe siècle.
Le 9 décembre 1905 est promulguée la loi de séparation des Eglises et de l’Etat qui annule le concordat de 1801. Les biens de l’Eglise deviennent propriété de l’état.
Une loi de 1906 décide le repos hebdomadaire du dimanche. On commente dans la presse les exploits sanglants de la Bande à Bonnot !

 


A Villemomble

C’est la « Belle Epoque » ! Villemomomble à partir de 1900 se transforme en une petite cité joviale. Des Parisiens et des Lorrains viennent s’installer dans des quartiers tout neufs. La vie parisienne est en même temps active et frivole et il faut désormais moins d’une heure aux villemomblois pour se rendre dans la capitale, en tramway ou en train. On est fier d’envoyer aux cousins de province des cartes postales où l’on indique d’une croix la maison où l’on demeure

C’est la fête à Villemomble, le dimanche 14 juin 1903 ! En effet sous la présidence de M. le Préfet de la Seine, sont inaugurés : la salle des fêtes, le lavoir et l’abreuvoir (rue Circulaire), deux classes à l’école des garçons (du Centre), un égout collecteur et la restauration de la Mairie (ancien château).
Le premier octobre 1903, le bureau de Poste est transféré au 30 de l’avenue Detouche.
Une bibliothèque populaire municipale est créée (1904)
Les lotissements vont bon train, c’est au tour du parc de l’ancien « fief de Bon-Recueil » (Poussin-Martineau), du parc du Bois-Châtel et du « parc à Marchand » (partie de l’ancien domaine de La Garenne).

Aux différentes institutions privées s’ajoutent celles de l’instituteur public, Clovis Frégnac, avenue de la République, de l’institut de Valois, rue de la Montagne-Savart. Le pensionnat de jeunes filles de Marthe Tabanou, place Julie à une excellente réputation.

La petite Marguerite Pérey (2) voit le jour le 19 octobre 1909 au domicile de ses parents, 3, rue Alexandre. Son père est employé de banque. Quelques années plutôt, Monsieur Coquillaud transfère son cabinet de vétérinaire à Villemomble. Son fils Robert deviendra dans quelques années un comédien d’exception sous le nom de Robert Le Vigan. (3)
En 1911, un service d’autobus relie Neuilly-Plaisance, à la gare du Raincy-Villemomble en desservant le plateau d’Avron.

Au lapin prêt à sauter

« Si on repasse en accéléré les étapes de la vie des Logerot au XIX e siècle, on voit qu’ils apprécient le pays ! Le père Nicolas s’est installé au 103, Grande Rue, au début de l’année 1835, en provenance de Langres avec ses trois filles, Anne, Françoise, Marie et son garçon Martin. Il transforme la maison légumière en auberge et il y fait poser une belle enseigne, forgée par Zacharie Chaumusard, où est inscrit « Au lapin prêt à sauter ». Le commerce se révèle fructueux. Le voilà donc marchand de vin-cabaretier et à l’occasion roulier. Il achète une carrière désaffectée au trou de l’Abîme, la-haut, au plateau, et y fait construire une ferme pour son fils. Lui aussi est marchand de vin, aubergiste mais également cultivateur. Ses asperges vertes, ses choux de Bruxelles ainsi que son raisin qui donne un petit vin au goût fruité sont appréciés dans le voisinage. Il jouit d’une certaine considération dans le village et devient dans les années 1885, un notable qui siège au Conseil municipal. Martin a le temps d’être le père de sept enfants qui comme lui deviennent marchand de vin, aubergiste mais aussi épicier, cultivateur, boulanger et même musicien. Arrive la « Belle Epoque », l’auberge est tenue par Eugène Logerot et Clarisse, qu’il épouse en 1878 à Gagny.
A l’auberge on y sert le dimanche, au choix, une casserole de lapin, une poule au pot et parfois un pot-au-feu respectable. En revenant du marché Outrebon, la mère et les enfants descendent de leur carriole pour rejoindre le père attablé depuis une bonne heure. C’est en effet une tradition d’aller au « Lapin » le dimanche chez bon nombre de cultivateurs et de petits rentiers villemomblois. Il y a toujours une bonne âme pour donner un supplément de picotin au vieux cheval qui attend sagement devant le porche que ses maîtres retournent au logis. Ce jour-là, le patron Eugène arrose et annonce qu’il ouvre à l’entrée de la Grande Rue, un café à l’enseigne du « Réveil Matin ». Il paraît qu’on va lotir la-bas sur la propriété Glandaz ! Chacun s’attable. On engloutit une soupière de bouillon gras, puis on trinque au cochon, aux légumes tout en repiquant au cruchon. Clarisse met un disque sur le phono et on reprend en chœur une chanson de Bruant « De terre en vigne, la voilà la jolie vigne ». L’un des hommes se lève, le verre à bout de bras et crie, héroïque, « On va leur reprendre l’Alsace et la Lorraine. »
« Quartiers et rue de Villemomble » – Guy Martignon – La Lampe de Mémoire – 1995.

Lors du recensement du 4 mars 1906, on dénombre à Villemomble 8 223 habitants soit un accroissement de 2 110 habitants en cinq ans et il y a 1 654 maisons.

En 1911 la population dépasse 8 800 habitants


(1) Architecte : Simonet Abel – Archives privées de la Société des architectes diplômés par le gouvernement (Paris), avant 1900. Ref. Notice biographique : 02090, fonds SADG.
(2) Marguerite est une des très bonnes élèves de l’école du Centre. A vingt ans elle va entrer comme laborantine dans le service de Marie Curie et devenir non seulement son amie mais sa préparatrice particulière en radiologie. Marguerite Pérey va découvrir en 1939 « le Francium » et deviendra la première femme élue à l’Académie des sciences.
(3) Robert Coquillaud, alias Robert Levigan, est né à Paris le 7 janvier 1900. Ses parents s’installent à Villemomble en 1901. « Le Vigan, le mal aimé du cinéma français » – Editions France Empire, Paris, 1984.

 

 

EMILLE DUCATTE (1911-1914)

Emile Ducatte est pharmacien, avenue Outrebon. Il est mort au champ d’Honneur en 1917.


En France

Raymond Poincaré, Président de la République (17-1-1913) – Première Guerre Mondiale (1914-1918)

Au recensement de 1911, la France est peuplée de 39 605 000 habitants (sans l’Alsace et la Lorraine). La population rurale atteint 56%.

Le fondateur du journal « L’Humanité » est assassiné en 1914. Jean Jaurès à fondé sa politique sur le pacifisme.
La première guerre mondiale va naître et s’affronteront deux blocs comprenant d’un côté la France, la Russie, la Grande-Bretagne, la Serbie, la Belgique et le Japon et de l’autre, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, l’Empire Turc. Cette guerre va s’enliser dans des combats monstrueux, des tueries sans nom dans les tranchées de Verdun ou de la Somme !

Les Français lisent « La guerre des boutons » de Louis Pergaud, « Le Grand Meaulnes » de Alain-Fournier et les galants offrent à leur dame « Toi et moi » de Paul Géraldy.


A Villemomble

A la veille de la guerre, c’est le pharmacien Ducatte qui est maire d’une commune de près de 9 000 habitants ! Un de ses amis n’est autre que le Lorrain Emile Hinzelin, homme de lettres, venu s’installer à Villemomble en 1895. Le 30 juillet 1914, il est aux côtés d’Emile Ducatte pour présider la distribution des prix.

Beaucoup de Villemomblois vont « partir à la guerre en chantant » ! L’armée d’aujourd’hui n’est plus celle de 1870 et les casques à pointes ne résisteront pas longtemps aux assauts de nos « poilus » ! Las ! de l’autre côté du Rhin, le Kaiser a lui aussi promis à ses sujets qu’ils seront de retour avant la chute des feuilles !

Le 4 septembre 1914, les habitants de Villemomble se massent le long de la Grande Rue pour voir passer les innombrables taxis commandés par Gallieni, qui se rendent à Gagny pour emmener des « troufions » vers le front de la Marne.

On agrémente la salle des mariages dans la mairie de toiles marouflées de belle facture et on adopte les armes de la ville. (1) Certaines rues sont maintenant éclairées à l’électricité.

La Compagnie des chemins de fer de l’Est décide en 1911 de porter à quatre le nombre des voies de chemin de fer et de les surélever. La voie des Coquetiers allant de Bondy à Aulnay-sous-Bois est doublée en 1912.


(1) Villemomble – « Porte : parti au premier d’argent au lion de gueules chargé d’un rais d’escarboucle pommelé et fleuronné d’or, au second de gueules semé de châteaux d’or, l’écu timbré d’un château en couronne d’or au lion issant de gueules soutenu de deux lions de gueules et d’hermine ».

Monsieur Cosnier devient maire par intérim suite au départ du maire en exercice Emile Ducatte pour le front. Il est administrateur de sociétés.


En France

Raymond Poincare, Président de la République.

Déclenchement de la Première Guerre Mondiale en 1914. L’Allemagne déclare la guerre à la France (3 août). La Grande-Bretagne s’allie à la France.

Cette longue guerre mondiale va coûter plus d’un million de morts à la France, très exactement 1 300 000 soit 10 % de la population active. Les trains qui partaient hier de la gare de l’Est, enrubannés de guirlandes tricolores, reviennent chargés de blessés. Le rêve de la conquête et de la victoire se transforme en cauchemar !

En Russie le Tsar est renversé, les Etats-Unis se rangent aux côtés des alliés. L’offensive de l’Allemagne se heurte aux 211 divisions alliées commandées par Foch. De septembre en décembre, batailles de Picardie, d’Artois, de Flandres, de Champagne. La bataille de la Marne est menée par Joffre en septembre1914. Les renforts sont rassemblés par Gallieni et amenés à Gagny en taxis. En 1916, bataille de Verdun. Georges Clemenceau est nommé Président du Conseil en 1917.
Le 11 novembre 1918, signature à Rethondes, dans la forêt de Compiègne, de l’Armistice demandé par l’Allemagne et concrétisé par le traité de Versailles, le 28 juin 1919.
Malgré les ruines, la joie est partout et la France retrouve l’Alsace et la Lorraine.

 

A Villemomble

Dans notre ville, le Conseil Municipal décide le 8 mai 1915 que les noms des instituteurs morts pour la patrie seront inscrits sur une stèle de marbre placée dans chaque école. A cette date ils seront nombreux à y figurer : Gabriel Laborie, André Wattignon, Louis Villetelle. Le jour de la distribution des prix en 1915, les livres sont remplacés par un diplôme qui laissera un souvenir plus marquant de l’année de guerre !
Bien des enfants ne reverront pas leur père ! Le seul souvenir que ces gamins auront de ce dernier, ce sont des lettres ou des cartes postales à l’écriture à moitié effacée. La liste des disparus s’allonge à la porte de la mairie. L’association du « Petit Paquet » adresse aux « Poilus » des tranchées, des vêtements et de la nourriture.

Les travaux de surélévation de la voie ferrée se terminent en 1915 et un viaduc de 48 mètres est construit au-dessus de la place de la Gare, supprimant ainsi le passage à niveau.

En 1916, le cinéaste Louis Feuillade séjourne à Villemomble et tourne dans la maison où il demeure, rue Huraut, le célèbre film « Judex ». Cette belle demeure bourgeoise à l’allure de castel avait déjà servi de décor à l’un des premiers films de Feuillade, intitulé « Fantômes »

Le 7 octobre 1917, lors de la séance du Conseil Municipal, Monsieur Cosnier, maire-adjoint prend la parole et dit : « Le nom d’Emile Ducatte, Maire de Villemomble, mort pour la France le 25 juillet 1917, sera donné à une rue ou à une place publique de Villemomble ». Le Conseil approuve alors à l’unanimité cette proposition et décide que le nom d’Emile Ducatte sera donné à la place de la Mairie, comprenant la place proprement dite ainsi que les parties de la Grande Rue, Avenue Detouche, Avenue Outrebon entourant la place.

Xavier Buisonnier, Maire par intérim, est entrepreneur en serrurerie.

En France

Les grandes figures de la Grande Guerre, Clemenceau, Gallieni, Foch, Pétain, Poincaré sont célébrées !

 

A Villemomble

Le 20 juillet 1919 est lancée une « souscription publique pour l’érection d’un monument à la mémoire des enfants de la commune de Villemomble morts pour la France » qui sera élevé au centre du square de la République.

Le Maire est un industriel, propriétaire de docks et de carrières.

 

 

En France

Paul Deschanel, Président de la République (17-1-1920) – Alexandre Millerand, Président de la République. (24-9-1920) – Gaston Doumergue, Président de la République (13-6-1924)).

Les lecteurs se ruent sur l’ouvrage de Roland Dorgelès « Les Croix de Bois » mais aussi sur ceux écrits par Marcel Proust, André Gide, Sidonie Gabrielle Colette et Romain Roland.
Les ministères se succèdent jusqu’à ce que la chambre donne sa confiance à Raymond Poincaré. Le tourbillon des « années folles » se déroule autour des Arts-Déco, le music-hall et la voiture populaire de Citroën.
Suite à la dévaluation du franc-or proposée par Raymond Poincaré en juin 1928, le franc-germinal cède la place au « franc Poincaré ».


A Villemomble

La population villemombloise s’élève en 1919 à 9 000 habitants.

En 1920 on a substitué l’éclairage public électrique à celui du gaz. Le monument aux morts se dresse square de la République. Il est inauguré en 1922. Il a été sculpté par le statuaire M. Chauvel (1) et représente « La France recevant dans ses bras un soldat blessé » (groupe en bronze de 2m 10 de haut). Sur la face antérieure du socle, en pierre d’Euville, est gravé un motif de drapeaux encadrant « aux enfants de Villemomble morts pour la France »

La paix retrouvée se cache derrière des bulles de champagne ! Les femmes jettent leurs corsets aux orties et raccourcissent leurs jupes pour danser le fox-trot ou le Charleston au Châlet-des-Pins et au Casino du Raincy. Les cafés et les brasseries se multiplient autour de la gare et aux pieds du viaduc qui surplombe la place. Dans l’un d’entre eux, le « Grand Café de Paris », tenu par son père le restaurateur Edmond Petit, 2, boulevard Carnot, le futur danseur étoile, Roland Petit(2) naît le 13 janvier 1924 et passe ses premières années scolaires sur les bancs de l’école du Centre.

Si la population Villemombloise n’a que faiblement augmenté depuis 1914, en 1925, elle fait un bon pour atteindre 13 562 habitants. En raison de l’accroissement de cette population, le Conseil Municipal va prendre nombre de mesures afin de rendre plus confortable la vie de ses concitoyens.
Un marché est créé à l’est de la commune sous le nom de « marché de l’Epoque » (1922).

A la suite d’un vote du Conseil Municipal, le 17 octobre 1923, il fut décidé de construire pour la modique somme de 250 000F, terrain compris, un Hôtel des Postes moderne qui porter le N° 9 de l’avenue Detouche (actuellement Club Geneviève Bergougnou) et qui est inauguré le 1er octobre 1925 en présence des élus et d’une population nombreuse (Le bureau de l’avenue Detouche va rester en service jusqu’au 25 juin 1990). La même année un bureau auxiliaire est mis à la disposition du public au 31 bis de l’avenue Gallieni.

Il est décidé l’agrandissement de l’école communale et la surélévation d’un étage de l’école maternelle. La commune achète l’immeuble du 49, Grande Rue, ancienne « Institution Saint-Louis » ainsi que le terrain de 2 200 m² qui l’entoure pour un montant de 200 000 F, afin d’y installer provisoirement quatre classes de l’école de filles. La commune y loge également la Bibliothèque Municipale qui possède déjà près de 4 000 ouvrages. Durant le mandat de Monsieur Aubry, les dépenses afférentes aux écoles sont de l’ordre de 1/5e du montant du budget ordinaire. C’est ainsi que pour l’année 1928, ces dernières s’élèvent à plus de 420 000 F !
Autre innovation, coïncidant sans doute avec la construction en 1921 d’un stade municipal, 67 bis rue de Neuilly, l’enseignement de l’éducation physique est prodigué régulièrement depuis le 1er janvier 1925 dans les écoles communales. Depuis cette date ont été nommés à Villemomble deux professeurs d’éducation physique exceptionnels. En ce qui concerne l’école des filles, les cours sont donnés par Madame Héroguelle et pour l’école des garçons mais aussi pour la nouvelle association « Villemomble-Sports » les cours et les entraînements sont dirigés par Monsieur Georges Coulon. Cette association municipale d’éducation physique et de préparation militaire avait été créée le 20 octobre 1921.
L’historien Emile Hinzelin (3) se marie le 6 juillet 1922 avec Marie-Louise Gérardin. Monsieur Henri Jousseaume, adjoint au maire fait à cette occasion l’éloge de « l’éminent citoyen de Villemomble » et rappelle le rôle joué par Madame Gérardin durant la Grande Guerre pour soulager les difficultés des habitants.

Le vieux pays

A cette époque l’historien Hinzelin qui est aussi journaliste écrit quelques lignes sur sa cité d’adoption :
« (…) La partie haute de Villemomble, celle qu’on appelle le vieux pays serait un pays mort, si la mairie n’en occupait pas le centre, lui donnant ainsi une vie active toute municipale… En dehors de la place de la mairie et des rues qui lui font une ceinture, les boutiques se sont fermées une à une, ainsi que des yeux après une longue maladie. L’église elle-même a été désaffectée. Longtemps une hôtellerie défunte située près de l’église, a porté cette enseigne : Hôtel de commerce, table d’hôte, chambres meublées. Hélas ! Triple ironie, puisqu’il n’y a plus de commerces, plus d’hôtes, plus de meublés. Il ne faut pas croire pourtant que l’ensemble du vieux pays soit véritablement sombre. Il y a ici les plus persistants souvenirs du passé et, dans les enfants si nombreux et si propres qui animent les rues et la place de la mairie aux jours de congés, résident tous les espoirs »

Le 7 juin 1925, l’historien Arthur Chuquet (4), qui demeure 41, avenue du Général Gallieni décède et est enterré au nouveau cimetière de la commune.

La grande affaire de l’année 1926 est la construction du clocher de l’église Saint-Louis ! Sur le porche constitué par quatre gros pilastres de pierre, l’architecte Paul Tournon (5) élève de 1926 à 1927, un clocher en ciment armé, haut de cinquante-quatre mètres et couronné par un groupe de statues (6) taillées dans le ciment par le sculpteur Carlo Sarrabezolles (7) ; dominant ces statues un globe que surmonte une croix en fer termine le clocher. (8) Au-dessus du portail se détache à l’extérieur une sorte de tribune à prêcher dont la forme triangulaire rappelle l’étrave d’un vaisseau. Puis le clocher s’élance d’un seul jet jusqu’au couronnement.
C’est un événement mondial et la presse internationale ne manque pas de consacrer de nombreux articles à l’exploit de l’architecte Tournon et de son complice, le sculpteur Sarrabezolles ! Retenons celui de la « Gazette de Lausanne » le 21 février 1927 : « Si la compassion de cette œuvre sculptée mérite d’être retenue pour la puissance de son expression autant que pour la poésie de ses allégories, dignes des plus illustres ouvrages de cet ordre, (…) l’intérêt technique est également de première grandeur par le fait que l’œuvre architecturale ouvre une nouvelle voie à la sculpture décorative et associe plus étroitement le travail du constructeur et celui du décorateur »
Le 26 mai 1927, le campanile est béni par le cardinal Dubois.
L’année suivante, à une portée de plombs de là, on inaugure un lavoir-bains-douches à l’angle de la rue Mercière et de la rue Circulaire !

(1) Chauvel (Georges). Sculpteur et statuaire (1886-1962). G.Chauvel, l’un des grands sculpteurs de l’entre deux guerres s’est fait connaître par les bronzes qu’il a sculpté sur plusieurs monuments aux morts à Villemomble, Amiens, Long, Ailly-le-haut. Certaines de ses œuvres se trouvent au musée d’Art Moderne de Paris « femme au coquillage » et au jardin de Reuilly « Nu féminin marchant »
(2) Petit (Roland). Né à Villemomble, le 16 janvier 1924, au 26 Boulevard Carnot où son père tenait le « Grand Café de Paris ». Entré comme « petit rat » à l’Opéra de Paris en 1933, il est nommé danseur étoile en 1940. Marié le 29 décembre 1954 avec Renée, Marcelle Jeanmaire, alias Zizi Jeanmaire, danseuse. Chorégraphe, fondateur des Ballets des Champs-Élysées et du Ballet National de Marseille. Directeur de l’Opéra de Marseille.
(3) Hinzelin (Emile). Homme de lettres, historien, poète, conférencier. Né à Nancy, le 13 avril 1857, mort au Mesnil-Flin, le 9 octobre 1937. A séjourné à Villemomble de 1895 à 1937 au 10 et 10 bis, rue Saint-Charles. Son œuvre est considérable (Une cinquantaine d’ouvrages historiques, contes, romans, poésie et plus de 2000 articles de presse). Son épouse née Gérardin est décédée à Villemomble, le 13 janvier 1945. Elle fit don de ses biens à la commune mais le legs ne fut pas accepté
(4) Chuquet (Arthur) – Né à Rocroi (Ardennes), le 28 février 1853, mort le 7 juin 1925 à Villemomble où il habitait, 41, avenue du Général Gallieni. Historien, professeur au Collège de France, Président de l’Institut de France. On lui doit une « Histoire des guerres de la Révolution » en 11 volumes, un ouvrage sur « la jeunesse de Napoléon », un livre de référence sur la guerre de 1870-1871.
(5) Tournon (Paul) – Architecte incontournable en matière d’édifices religieux (1881-1964) a élevé, de mars 1926 en avril 1927 le clocher de l’église Saint-Louis à Villemomble.
(6) La partie sculptée mesure à elle seule seize mètres ; elle est composée de quatre groupes de statues séparés par de hautes baies. Il y a là vingt-huit personnages d’un caractère hiératique et simple : à la base, les quatre évangélistes, au milieu vingt saints dont quelques-uns ont été sculptés à la ressemblance de ceux qui contribuèrent à l’érection du clocher : le sculpteur Carlo Sarrabezolles, le curé de Villemomble, l’abbé Klein en saint Bernard. Enfin au-dessus de cet ensemble de saints, sont placés quatre anges. Ces sculptures sont réalisées dans du béton frais à durcissement rapide. Sarrabezolles doit donc exécuter son œuvre dans un laps de temps très court, et sans espoir de retouches postérieures. « Le clocher de l’église de Villemomble » par A. Louvet, dans Architecture, 1927 – « Villemomble, treize siècles d’histoire et deux artistes pour un clocher moderne », Patrick Huguin, AACV – « L’église Saint-Louis », Guy Martignon – « Livre d’or du campanile » détenu par « Les amis du château de Villemomble »
(7) Sarrabezolles (Carlo). L’un des grands sculpteurs du 20e siècle. La formule inaugurée à Villemomble de sculpter dans le ciment frais, se renouvellera par la suite sur le clocher du pavillon des Missions Catholiques, exposition Coloniale en 1931, reconstruit à Epinay, le clocher de l’église Saint-Pierre à Alforville, 1935. En dehors de sa production d’Art Sacré, peuvent être citées les œuvres suivantes : aménagement de l’hôtel de ville de Reims – éléments surmontant l’attique du Palais de Chaillot à Paris.
(8) Cette croix qui mesure 5m 40 de hauteur et pèse 380 kilos est réalisée par le ferronnier d’art Raymond Subes.

Monsieur Badet est principal clerc de notaire honoraire et demeure 25 bis, avenue des Ecoles (avenue du Général Leclerc).


En France

Albert Lebrun, Président de la République (10-5-1932) et (5-4-1939).

Après la chute du ministère de Léon Blum en 1937, des bruits de bottes se mêlent aux grèves de 1937. Un certain Hitler annexe l’Autriche. Les Républicains espagnols sont vaincus. Le radical Daladier signe les accords de Munich qui ouvrent la route à Hitler. En 1939 est signé entre l’Allemagne et la Russie un pacte d’alliance qui promet à cette dernière le rattachement de la Pologne à son « Empire ». L’Europe est alors sous le joug de deux dictateurs sanglants, Staline et Hitler qui sonnent le glas de cette dernière !

Le 3 septembre 1939, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l’Allemagne.
Les Français et les Anglais ne peuvent arrêter l’invasion de la France. Les hommes politiques n’ont pas retenu les leçons de la Grande Guerre ! Ils sont persuadés que la France sera capable de résister à la puissance du IIIe Reich. On le croit durant toute « la drôle de guerre ». La population est sur les routes, c’est l’exode ! Au printemps 40, la fameuse « ligne Maginot » est prise à revers, nos lignes enfoncées, et les chars allemands courent à la mer. Le 14 juin, « la Wehrmacht » est à Paris. Le pouvoir est confié au Maréchal Pétain. L’appel à la résistance et le refus de l’Armistice par le Général de Gaulle, lancé de Londres, n’est entendu que par un petit nombre de français. Le gouvernement s’installe à Vichy.

A Villemomble

Les Trains à impériale (1)

« (…) Ah ! J’ai oublié, tout à l’heure, à propos des transports, que ces wagons dodus, hauts perchés, qui régnaient encore vers 1935 sur le réseau de la banlieue Est étaient à deux étages. L’impériale, à laquelle on accédait par un minuscule escalier extérieur et tournicotant, n’obligeait pas les contrôleurs aux prouesses ci-dessus évoquées. J’avais beau être innocent, porter ma croix au revers, et autres preuves d’une désastreuse naïveté, je crus comprendre que d’autres prouesses avaient parfois pour décor l’impériale. Elle valait bien un « cabinet particulier », peut-être en plus austère : inusables coussins en drap verdâtre, rêche et militaire. Et l’odeur ! Sous le plafond arrondi et bas stagnait en permanence un parfum de fumée froide, de vapeur d’eau et de solitude nocturne. On comprend que pareil lieu donnât des idées aux hommes. Les « femmes seules » pouvaient bien se tenir. J’ai parlé du drap râpeux des banquettes : leur seule existence indique que la famille Nourissier voyageait en seconde classe – car il y en avait trois ! A la troisième les banquettes de bois, les graffitis gravés à la pointe de l’opinel, les messieurs familiers (et avinés ?) résolus à engager la conversation – « Mais pour qui se prennent-ils ? demandait Maman, indignée mais rêveuse. »

En 1937, pour le « Bouquet Provincial de la Ronde de Paris » organisé à Villemomble par la municipalité et la compagnie d’arc, une messe est célébrée sur le terrain de la chapelle Notre-Dame d’espérance, en présence du Cardinal Verdier. En effet en ce 2 mai 1937 la compagnie d’arc d’Ermont remet le « Bouquet » à la compagnie Villemombloise devant la mairie. Après le discours du maire, M. Badet, se déroule le fameux cortège et la grande parade.

Un nouveau stade villemomblois est construit sur ses fonds propres par le maire-adjoint Claude Ripert, il portera son nom. Il est inauguré le 29 mai 1938 par le Maréchal Pétain. Le maire M. Badet dans son discours insiste alors sur le fait que « notre jeunesse pourra y prendre ses ébats et se livrer à des exercices rationnellement organisés, dans un cadre baigné d’air et de lumière au pied des magnifiques coteaux d’Avron ». Les travaux du nouveau groupe scolaire, rue de Neuilly, débutent la même année !

En 1939, le père Zurfluh fonde la manécanterie des Petits Chanteurs de Notre-Dame d’Espérance.

A la veille de la deuxième guerre mondiale les commerçants du Raincy et de Villemomble organisent la « Grande Cavalcade ». Un immense cortège de chars décorés et fleuris se déroule devant une foule énorme venue des quatre coins de l’Ile-de-France.

Les bruits de bottes se font assourdissants. Le 2 septembre 1939 c’est le jour de la mobilisation générale. Dès octobre, les enfants des écoles sont évacués à Senonches en Eure-et-Loir.

(1) Texte inédit de François Nourissier de l’Académie Goncourt – été 2003, pour « Villemomble et ses environs dans les années 50 » – Guy Martignon – Ed. « La Lampe de Mémoire » – 2004.

Monsieur Ripert alors adjoint au maire est nommé par arrêté préfectoral en date du 12 juillet 1940, président de la délégation spéciale. Il est administrateur de sociétés.

 

 

En France

Etat Français – Le Maréchal Philippe Pétain, Chef d’Etat (10-7-1940)

Le maréchal Pétain est chef de l’Etat et Pierre Laval, vice-président du Conseil puis chef de Gouvernement. La France est partagée en deux zones. Les Français écoutent dans les greniers une émission de la B.B.C. intitulée « Les Français parlent aux Français ». Les juifs sont regroupés dans des camps d’internement. En 1940 les premiers réseaux de Résistance se fondent autour d’hommes comme Henri Frénay ou Christian Pineau. En 1941, le colonel Leclerc et ses hommes occupent la Libye alors aux mains des Italiens. Le Préfet Jean Moulin est parachuté en France en 1942 comme représentant du Général de Gaulle avec la mission d’unifier les mouvements clandestins de Résistance. Suite au débarquement des forces Anglo-Américaines en Afrique du Nord, les Allemands envahissent la zone sud de la France. En 1943, Jean Moulin trahi est arrêté.
Au cinéma, les Français vont voir « les enfants du paradis » de Carné. Saint-Exupéry écrit « Le Petit Prince ».

Création en 1944 des F.F.I. « forces françaises de l’intérieur ».
Le 6 juin 1944, c’est le jour J, c’est-à-dire le débarquement allié en Normandie. Quelques jours plus tard ces derniers débarquent en Provence avec la participation de la première armée française commandée par le général de Lattre de Tassigny. En novembre 1944 les Américains et les troupes de Leclerc libèrent l’Alsace.

A Villemomble

L’affolement fait fuir sur les routes les trois quarts de la population de Villemomble et le vendredi 14 juin 1940, l’ennemi trouve une ville morte, car à peine plus d’un millier de ses citoyens sont restés sur place. Les Allemands s’installent dans la ville, réquisitionnent le groupe Foch et une partie du groupe Clemenceau qui était en cours de travaux pour y cantonner. Après l’Armistice du 18 juin 1940, la France dite libre est réduite au tiers de son territoire. Villemomble est alors en zone occupée ! La ville maintenant administrée par M. Claude Ripert tente d’aider les prisonniers.

Le stade Claude Ripert est le temple d’un nouveau sport, le hand-ball. La section de hand-ball de Villemomble-Sports est en effet créée en 1941 par un professeur d’éducation physique Raymond Hoinant.

Beaucoup d’enfants et leurs parents souffrent de restrictions alimentaires. Nombreux sont ceux qui n’ont pour vivre que ce qu’offrent les cartes d’alimentation et ne font guère plus d’un repas par jour. C’est aussi le hurlement sinistre des sirènes et la fuite vers les abris.

Des Résistants villemomblois se réunissent chez Coste dit « Armand », imprimeur, au 27 de l’avenue de Lespinasse. De nombreux tracts y sont imprimés ainsi que le journal « La Marseillaise ».

Villemomble a ses héros de la Résistance : Robert Jumel (Compagnon de la Libération), Jean Fallay, Léo Desjardins, les jeunes sœurs Henry, Charton père et fils, Bernard Gante, Marc Viéville, Capitaine Louys, Marcel Douret, Simon Guitlevitch, Bréheret et bien d’autres.

Le 22 août 1944, Villemomble est libéré et Marcel Hanra est nommé président de la délégation provisoire (ancien adjoint-au maire, ingénieurs des Arts et Métiers, ancien maire-adjoint, Secrétaire de la Ligue des Familles Nombreuses, demeurant 20, boulevard Carnot). Il est remplacé en septembre 1944 par Jacques Zuili, chef du mouvement du « Front National », représentant de commerce, qui restera à la tête de la délégation provisoire jusqu’en 1945.

 

Ancien Résistant, Monsieur Eberlé est professeur de lettres honoraire. Il est né le 29 juin 1879 et demeure 7 bis rue Gabrielle (Robert Jumel).


En France

Le Général de Gaulle, Chef du 1er gouvernement provisoire de la République, (3-6-1944).
Fin de la deuxième Guerre Mondiale (1945) – Général de Gaulle, Chef du 2ème gouvernement provisoire. – Félix Gouin, Président du gouvernement provisoire (23-1-1946) – IVe République (1946-1958) – Vincent Auriol, Président de la République (16-1-1947).

En 1945, Hitler se suicide et le 7 mai 1945 est signé à Reims la reddition inconditionnelle de toutes les forces allemandes, ratifiée à Berlin le lendemain. En France ont lieu les premières élections municipales avec vote des femmes et le général de Gaulle est élu à l’unanimité Président du Gouvernement provisoire. La libération de Paris intervient du 18 août au 25 août 1944.

En France il y a naturellement une vague d’exécutions et de condamnations à mort dont celle de Pierre Laval et de Pétain (commuée en détention perpétuelle).
Ceux qui reviennent décharnés d’Allemagne, prisonniers et déportés juifs ou autres, pestent contre les coupures de gaz, les « BOF.. ! ». Si la libération a le goût du chewing-gum et la douceur des bas nylon, il y a toujours des tickets de pain, de viande, de sucre et des cartes de charbon.
Plusieurs grandes réformes préconisées par le Conseil national de la Résistance furent prises par Charles de Gaulle : Le vote des femmes ; nationalisation des houillères du Nord et du Pas-de-Calais ; Régie nationale des Usines Renault ; nationalisation de la société aéronautique Gnome et Rhône (SNECMA) ; nationalisation des transports aériens ; nationalisation de la Banque de France et de cinq grandes banques de dépôts ; organisation des comités d’entreprise ; création de la Sécurité sociale.

Le Général de Gaulle démissionne en 1946 de la présidence du gouvernement provisoire, les partis lui reprochant sa « politique de grandeur ». Dans son discours de Bayeux le général trace les grandes lignes de la constitution qui ne verra le jour qu’en 1958 et crée le R.P.F. (rassemblement du peuple français) ! En 1947, la France s’engage dans la guerre d’Indochine.
Au cinéma on joue « Le diable au corps », « Jour de fête » et « Quai des orfèvres ». L’écrivain Albert Camus est l’idole des étudiants.

A Villemomble

Monsieur Eberlé, ancien professeur de lettres, et le Conseil Municipal, cèdent à l’Etat le groupe scolaire « Clemenceau » afin qu’il devienne « un collège mixte d’enseignement moderne », annexe du lycée Buffon à Paris (délibération du 18 septembre 1945). La même année il est décidé de donner au groupe scolaire du Centre, le nom de Pasteur « à titre d’hommage reconnaissant envers celui qui fut un grand Français et un illustre savant »

Des travaux de restauration de la mairie sont effectués par l’architecte communal, M. Sorin.

La section Villemombloise de hand-ball créée en 1941 enlève deux fois la coupe de France (1945 et 1946) et elle est championne de France en 1945.

Madame Emile Hinzelin décédée à Villemomble le 13 janvier 1945 lègue à la commune tous les biens qu’elle possède dans la commune. Le legs ne sera pas accepté par le Conseil Municipal, sans aucune raison connue !

Avec le baby-boom des années d’après-guerre « BéBé Confort » (Entreprise créée en 1933) dont les ateliers et le siège se trouvent 13, rue d’Avron devient la plus importante et la plus célèbre entreprise Villemombloise.

Monsieur Eberlé

Elle était alerte, vive et mince,
Une petite souris veillait sur tout et avant tout sur lui, « Son » Grand Homme, le professeur de Lettres.
Elle n’en parlait qu’à la troisième personne : « Monsieur Eberlé ».

Ils étaient âgés déjà.
Je le trouvais infiniment vénérable, de noble stature, auréolé d’un immense prestige, Maître d’un Univers magique : le royaume des livres. J’avais 7 ans. J’étais de santé fragile et pour être près de moi à tout instant, ma mère s’était faite employée de maison. Elle aimait être utile à ce couple qui ne la traitait pas en « femme de ménage ».

C’était dans « les années 50 » ! Ils habitaient rue Robert Jumel, un pavillon de meulière, signe de discrète aisance et vivaient très simplement. Le petit jardin abritait les promenades de « Didi », un épagneul au pelage fatigué qu’ils aimaient et gâtaient tendrement. Ce chien avait parfois le regard triste, celui des animaux de personnes âgées, en manque de courses folles. La plupart du temps, je restais seule dans la salle à manger aux meubles « Henri II ». Assise sur le tapis, cachée sous la lourde table, je me tenais immobile laissant mon imagination vagabonder à loisir. Dans ces murs, le temps semblait en suspens, les bruits se devaient de rester feutrés ; la maison abritait un sanctuaire / le bureau de Monsieur Eberlé. Pour l’enfant que j’étais, là sans doute, se vivait l’essentiel. Des étudiants y étaient admis et on recevait des « Messieurs », détenteurs de secrets importants…
Le « Professeur » finit par q’intéresser à cette petite fille sage. Il m’interrogea sur mes goûts à l’école et me fit « cadeau » d’un devoir à lui remettre : une rédaction. Ce fut un excellent moyen de nous apprivoiser : de son bureau il sortit, pour moi, des livres dont la valeur à mes yeux demeure à jamais inestimable. (…)
« De la chute d’une feuille, on peut faire un roman » disait-il !

Sylviane Notaire – Eté 2005

Alfred Touzé, né le 30 août 1886 est Agent Immobilier et demeure au 1, Rond-Point Carette.


En France

Vincent Auriol, Président de la République (16/1/1947)

En 1948, signature du plan Marshall américain d’aide économique et financière à l’Europe. Création du syndicat Force-Ouvrière.
Une alliance défensive est conclue entre la France, la Grande-Bretagne et le Benelux qui sera absorbé deux ans plus tard par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (O.T.A.N.).
Hervé Bazin qui demeure à Chelles, ville voisine de notre commune, publie « Vipère au poing ». L’action de l’un de ses romans publié en 1960 « Au nom du fils » se déroule à Villemomble.


A Villemomble

La famille des accordéonistes Albert Huart (1899-1991) et Albert Huart Junior (1923-1984) auteurs de « Accordéon musette », « Alhambra », etc., s’installent à Villemomble respectivement rue Alexandre puis avenue de La Bourdonnais.
Le 4 mai 1948, la Compagnie d’Arc et la commune organisent le deuxième « Bouquet Provincial de la ronde de Paris et de l’Ile-de-France».

 

Monsieur Chaillot, né le 2 février 1893 est directeur commercial d’une entreprise de transport. Il demeure 13, rue Caroline.

 

En France

Vincent Auriol, Président de la République-

En 1949, suppression des tickets de pain et fin du rationnement de l’essence !
La même année est mis en service le premier tronçon électrique des chemins de fer sur la ligne Paris-Lyon.
La jeunesse étudiante se presse dans les caves de Saint-Germain des Prés où se développe le jazz.
En Europe est créée une Communauté européenne du charbon et de l’acier. Le Gouvernement Pinay fait adopter l’échelle mobile des salaires et le SMIC est indexé sur les prix.
Mise en service du premier tronçon électrique du chemin de fer Paris-Lyon


A Villemomble

En 1949, Villemomble-Sports est champion de France de hand-ball et remporte encore la Coupe France en 1949, 1950 et 1951. Une autre section de hand-ball est créée en 1951, celle de la Jeanne d’Arc !

Le 28 octobre 1948, Daniel Picouly, futur écrivain, auteur du « Champ de Personne » et de « Le cœur à la craie », respire un bon coup et fait connaissance avec la vie à Villemomble au 30 Grande Rue. Un journal d’informations professionnelles et locales appelé « Villemomble-Echo » est créé par l’Union des commerçants sous l’impulsion de son président M. Lucien Rebouleau.
La première foire exposition de Villemomble (avril 1950) organisée par les commerçants Villemomblois obtient un vif succès. Plus de 75 000 visiteurs envahissent les stands !
En juillet 1950, le Vélo moto club, reçoit en grandes pompes un jeune champion cycliste Villemomblois (il demeure rue de la Fosse-aux-Bergers), Jacques Marinelli. Ce dernier a été l’un des grands animateurs du tour de France 1949 derrière Fausto Coppi et Gino Bartali.

Construction en 1950 d’une colonie de vacances à Saint-Brévin l’Océan, appelée « le Menhir »

Le cinéma « Nouveau Casino » est transformé et modernisé (aujourd’hui théâtre Georges Brassens), 9, Avenue Detouche : soirées le vendredi, samedi et dimanche, plus deux matinées le dimanche. On va danser à la guinguette « Chez Planche » siège également de l’Amicale du Parc. Les enfants sont nombreux à se rendre au patronage Notre-Dame d’Espérance dirigé par l’abbé Sénart ou pour chanter dans la manécanterie des « petits chanteurs de Villemomble ».


Tournez manèges ! (1)

« Quand Villemomble me semblait un village, la place de la mairie était celle des fêtes. Elle accueillait, l’été, les cirques ambulants. Etrange palette d’émotions, bonheur mêlé d’angoisse, vertiges-frissons au ballet des trapézistes, facéties des clowns, odeur âcre des fauves au regard triste.
« Ils ont troué la nuit d’un éclair de paillettes d’argent, ils ont tué l’ennui pour un soir dans la tête des gens »…
Tous emportaient un peu de rêve mais pour certains, il se poursuivait dans les roucoulements des blancs pigeons que l’on pouvait gagner (…)
Au cœur de la ville, la Place de la Mairie fut un lieu privilégié des réjouissances avec, comme annexe le café d’en face, « la maison Barry », presque une institution, rendez-vous des chasseurs, des joueurs de billard ou de belote, refuge des petits matins frileux avant le premier 121, le seul bus de l’époque.
Pour se distraire, les nombreuses associations offraient des activités variées mais cependant tous (les enfants encore plus) l’attendaient, la fête à Villemomble ! Chevaux de bois, baraques de tir où souvent les parents trop doués étaient indésirables et les fameuses autos tampons, manière adolescente et efficace d’attirer l’attention et d’entrer « dans la vie » de l’autre…
Longtemps, « le rêve enfantin » s’est poursuivi pour des générations de tout-petits, grâce à un humble manège « ancré » à la gare, sous le pont. Contre vents et marée, résistant à toutes les modes et même à la tempête, l’hôtesse du lieu, de plus en plus petite sous ses sages bandeaux de cheveux noirs, a vieilli. Mais les enfants sauront inventer d’autres rêves… »

(1) Témoignage de Sylviane Notaire, pour « C’était Villemomble dans les années 50 » édité par « La Lampe de Mémoire » en 2004.

Victor Larcher, né le 29 janvier 1893, est chef de personnel d’entreprise. Il demeure 16, rue Edouard Denis.


En France

Vincent Auriol, Président de la République – René Coty, Président de la République (7/1/1954) – Général de Gaulle, Président de la République (8 janvier 1959) – Michel Debré, Premier ministre (8/1/1959).

L’hiver 54 est terrible ! De pauvres gens meurent de froid dans des bidonvilles proches de Villemomble à Neuilly-Plaisance. L’abbé Pierre fait un appel sur RTL pour sauver ces malheureux et fonde le mouvement Emmaüs.
On écoute à la radio Zappy Max qui anime le jeu « Quitte ou double » !
En 1954, Pierre Mendés France succède à Joseph Laniel comme Président du Conseil. Il met fin à la guerre d’Indochine suite à la chute de Dien Bien Phû après 59 jours de siège et reconnaît l’autonomie de la Tunisie mais le 1er novembre 1954 débute la guerre d’Algérie. Pendant huit années cette guerre laissera au cœur de millions de français, appelés et rappelés du contingent, pieds noirs, harkis et soldats de métier, des souvenirs et des traces qui ne sont toujours pas effacées. En 1956 est reconnu l’indépendance du Maroc.
Premier vol de l’avion « Caravelle » en 1955.
C’est la « nouvelle vague » ! Vadim lance Brigitte Bardot avec un film culte « Et Dieu créa la femme ».
En 1957 est signé le traité de Rome créant la communauté économique européenne. En France il y une grave crise après la démission de Guy Mollet (SFIO).

Rencontre du président René Coty avec le Général de Gaulle en mai 1958. La même année a lieu un référendum sur l’adoption de la Constitution de la Ve République. Elle est adoptée par 80% des Français. De Gaulle, élu Président de la République le 21 décembre 1958, propose l’autonomie aux anciennes colonies françaises. En 1959, par la loi Debré, les écoles libres obtiennent des subventions (contrat avec l’Etat).
Le paquebot de luxe appelé « France » est lancé en 1960 à Saint-Nazaire et la première bombe atomique française est expérimentée au Sahara la même année.
C’est en 1960, que le nouveau franc entre en vigueur valant 100 anciens francs (Un franc vaut désormais cent centimes). L’année suivante est approuvé le référendum sur l’autodétermination de l’Algérie. Il est suivi par le putsch des généraux, Salan, Jouhaut, Zeller et Challe qui créent l’O.A.S. La guerre se transporte d’Alger à Paris. Suivent de nombreux attentats terroristes en France et en Algérie. Les accords d’Evian sont signés en 1962 avec le FLN et reconnaissent l’indépendance de l’Algérie. L’Algérie ! des souvenirs douloureux que beaucoup d’appelés ont du mal à oublier !
Pieds noirs, et harkis ! ils sont un million à quitter l’Algérie. Attentat manqué contre le Général de Gaulle au Petit Clamart.
De Gaulle rêve d’une confédération de nations dont chacune resterait maîtresse de son destin « une Europe de l’Atlantique à l’Oural ».
Les Français et les Britanniques s’accordent pour construire un avion supersonique le « Concorde » (1962).
En 1963 un décret institue 21 régions économiques avec des préfets de région.
La jeunesse française découvre de nouvelles idoles ! C’est le temps des copains et des « yé-yé » avec Johnny Hallyday, Sylvie Vartan (qui a été au lycée Charlemagne au Raincy), Claude François, Eddy Mitchell.
Sous l’impulsion d’André Malraux, la première Maison de la Culture naît à Bourges en 1963.


A Villemomble

Des terrains sont achetés à Saint-Brevin l’Océan pour agrandir la colonie de vacances « Le Menhir » (1955). L’école Leclerc (ancienne école du Centre) est agrandie (1952) ainsi que le collège Pasteur (ancienne école du Centre), avenue du Général Leclerc.
Encore des titres pour Villemomble-Sports qui remporte la Coupe de France de hand-Ball en 1960 et 1962.
A Villemomble le Vélo moto club est souvent à l’honneur et gagne de nombreux challenges régionaux.
Dans les deux cliniques d’accouchement de Villemomble, 120 Grande Rue (Mme Charprenet) et « Les Bleuets », 15, rue Léo Desjardins, on y accouche sans douleur !
En juin 1954, le festival de musique remporte un gros succès et des milliers de spectateurs (15 musiques et plus de 800 exécutants)

La Croix de pierre (croix de chemin) mise en lieu sûr par l’ancien Président de la Fabrique, M. de Champeaux, est retrouvée par son fils en 1956 au fond du jardin, 37, allée Gambetta. Cette dernière sera remise à la commune qui lui trouvera une place au-dessus des fonts baptismaux de l’église Saint-Louis.

La chapelle Saint-Genest accolée à l’église Saint-Louis est construite en 1958.

L’école maternelle Gallieni est construite en 1959, 56 boulevard d’Aulnay ainsi que la maternelle Montgolfier, 64, rue Montgolfier en 1963.
Un nouveau groupe scolaire est construit à l’est de la commune, à la place du stade municipal, avenue des Roses, et se nomme Saint-Exupéry (1961) à côté de l’école maternelle du même nom élevée en 1952. Les footballeurs vont alors aller jouer sur la pelouse du stade Claude Ripert !

Au recensement de 1954, Villemomble a 21 552 habitants.

Robert Calméjane est né à Paris, le 19 mai 1929. Il passe sa jeunesse à Romainville où son père est propriétaire d’une brasserie «Le Cocorico ». Après avoir été scout de France il devient membre des équipes de la Croix Rouge. Fidèle du général de Gaulle, c’est en 1953 qu’il devient responsable de la section RPF de Romainville. Lors des élections municipales de 1953, il est élu Conseiller Municipal de Romainville. Travaillant chez Simca, il fonde en 1956 un syndicat indépendant qui recueille la totalité des sièges.
Marié en 1955 avec Mlle Claude Rebouillat, originaire du Jura, il se lance à fond dans la politique non sans s’être occupé bénévolement d’un village de vacances pour le personnel défavorisé de chez Simca, qu’il va quitter en 1958 pour assurer les nobles fonctions de député UNR. Il sera réélu jusqu’en 1968. Robert Calméjane, élu maire de Villemomble en 1964 devient le plus jeune maire de la région parisienne ! Il assure aussi les fonctions de membre du Conseil économique et social en 1968, Vice-président du conseil d’administration du district de Paris de 1964 à 1976 puis Conseiller Régional en 1977. En 1960 il avait fondé le journal « Nord-Est Banlieue » adressé à tous les habitants des cinq communes de sa circonscription. Il demeure, 4, avenue de la Bourdonnais à Villemomble.

 


En France

Le Général de Gaulle est Président de la République (21-12-1958 au 28-4-1969) – Georges Pompidou qui est Premier ministre depuis le 14 avril 1962, le restera jusqu’au 21-7-1968 – Maurice Couve de Murville, 1er Ministre (7-21-1968 au 16-6-1969) – Suite à l’échec du référendum sur la régionalisation, De Gaulle se retire le 28 avril 1969 – Intérim d’Alain Poher (28-4-1969) – Georges Pompidou, Président de la République (26-6-1969 au 2-4-1974) – Valérie Giscard d’Estaing, Président de la République (27-5-1974 au 21-5-1981).

La France entre de plein pied dans la civilisation des loisirs. Il y a maintenant une quatrième semaine de congés payés.

En 1964, les journaux font leurs gros titres sur le remplacement en URSS de Khrouchtchev par Brejnev, sur la première bombe atomique chinoise et la mort de Churchill et en 1965 sur l’enlèvement à Paris de Mehdi Ben Barka un opposant au roi du Maroc !
Des jeunes femmes raccourcissent leurs jupes, la mini-jupe arrive !
Les jeunes issus du baby boum de l’après-guerre s’ennuient dans une France qui travaille et s’enrichit. Leurs parents écoutent Mireille Mathieu, se passionnent pour « Interville » et jouent au tiercé.
Inauguration en 1966 de l’usine marémotrice de la Rance.
Le jeune secrétaire d’Etat Jacques Chirac signe une ordonnance créant « l’ANPE » (agence nationale pour le plein emploi), c’est qu’il y a en 1967, 560 000 chômeurs soit 2,7% de la population active !
La France organise en 1968 les jeux olympiques d’hiver à Grenoble. Les médailles d’or pleuvent pour Jean Claude Killy et les sœurs Goitschel.

En mai 68, la faculté de Nanterre est occupée par des étudiants révolutionnaires, puis la Sorbonne. Ils veulent transformer le monde et changer la vie ! C’est le règne du graffiti « Il est interdit d’interdire », « Prenez vos désirs pour des réalités ». Vague de grèves et de manifestations. François Mitterrand déclare qu’il posera sa candidature en cas de carence du pouvoir. De Gaulle dissout l’Assemblée et le 31 mai un immense défilé de soutien au Général de Gaulle se déroule sur les Champs Elysées. Plus de deux millions de personnes y participent !

Le 24 août 1968 explose à Mururoa la première bombe H française.
La majorité électorale est fixée à 18 ans.

Le 28 mars 1969, De Gaulle s’en va, la place est libre pour Georges Pompidou !

L’émotion est intense en France et dans le monde, le Général de Gaulle meurt brutalement, le 9 novembre 1970, à Colombey-les-Deux-Églises où il s’est retiré.

Le premier « Airbus » A 300 B décolle le 28 octobre 1972 de Toulouse-Blagnac.
Les avions Airbus et Concorde sont entrés dans le monde du transport aérien. Ce dernier est le seul à pouvoir traverser l’Atlantique en un peu plus de trois heures !

Les jeunes et les femmes s’émancipent. C’est le temps des vacances en bande.
Après le décès de Pompidou, le 19 mai 1974, les Français choisissent Valéry Giscard d’Estaing plutôt que Chaban-Delmas ou Mitterrand comme Président de la République.
En 1975 est publiée une loi autorisant l’interruption de grossesse.
En été de la même année de nombreux départements sont sinistrés par une intense sécheresse.
La France rigole avec Coluche « Le Schmilblick » est sur toutes les lèvres !
La Télé des années 70 a trois chaînes dont l’une est en couleur. « Casimir et l’Ile aux enfants » est l’émission préférée des loupiots et « le petit rapporteur » celle des adultes !
Le « Disco » explose mais aussi le reggae et le rock.
Un train à grande vitesse est réalisé, on le nomme T.G.V.


A Villemomble

Par sa gestion réaliste, Le maire Robert Calméjane arrive à rattraper de nombreuses années de retard en faisant réaliser des équipements nécessaires à l’épanouissement de la commune.
En 1964, Villemomble ne possédait pas de piscine, de crèche, de C.E.S (collège d’enseignement secondaire) et de C.E.T (collège d’enseignement technique), de salles de sports ! La piscine de Villemomble est construite, route de Noisy, en 1968. Le gymnase des Marnaude est élevé en 1973 et un club-house » est érigé en 1966 aux côtés des cours de tennis, avenue de Rosny. L’école maternelle François Mauriac (1973) est construite ainsi que le groupe François Coppée (1964) et le collège Jean de Beaumont (1968) sur des terrains achetés par les précédentes municipalités.

En mai 1968, le lycée Clemenceau est rebaptisé pour une semaine « Karl Marx » !
Une maison familiale « Altitude 2000 », pour les colonies de vacances, les classes de neige (plus de 100 enfants par séjour) et les séjours des anciens, est construite à Corrençon-en-Vercors (1975). Une crèche accueille chaque jour, rue Saint-Charles, 40 enfants. Le dispensaire polyvalent départemental est bâti derrière cette dernière.

Le centre de secours des pompiers ouvre près du cimetière et loge les « Pompiers de Paris ».
Villemomble a son commissariat de Police logé dans une des vieilles demeures de la Grande Rue devant le parc Mermoz. L’Association Artistique et Culturelle de Villemomble (A.A.C.V.) est créée.

Près de 3000 licenciés pratiquent leur sport favori dans un stade moderne omnisports qui porte le nom de Georges Pompidou (1965), 108 à 126, rue de Neuilly et dans la salle de sport dont le fronton est orné du nom d’un sportif adulé par les fans de hand-ball, Maurice Chastanier. Il faut ajouter à l’ouest de la cité, le gymnase François Coppée (1963).

Un square est aménagé pour servir d’écrin au monument en hommage au Général de Gaulle, élevé à l’angle des avenues Pasteur et de la République.
Construction par L’O.P.H.L.M. de logements sociaux aux lieux-dits Bénoni Eustache, les Marnaudes et face à la mairie (Michelet).

Un club omnisports est créé en 1970 au lieu et place de l’ancienne « Etoile Sportive du Parc » issue du patronage de Notre-Dame d’Espérance par MM. Bertrand, Martignon et Dumont.

Jean-Pierre Haigneré est un brillant élève au lycée Clemenceau après l’avoir été au collège Pasteur. (1)

De son côté l’O.P.H.L.M. entreprend la construction en 1968 d’agréables logements sociaux sur les plans d’architectes de renom.(2)

En 1968, les Villemomblois sont au nombre de 28 972 habitants.

En 1970 débute la construction de résidences dans le cadre de la rénovation du centre-ville (rue de la Procession, Grande Rue)

D’importants travaux de restauration sont effectués sur le bâtiment de l’Hôtel de Ville, en 1971 (architecte M. Sorin).

En 1975, lors du nouveau plan d’occupation des sols, la superficie de Villemomble occupe 403 hectares. Il y a 63 765 mètres linéaires de voies publiques et privées. 92, 6% des habitants de la commune ont l’eau courante. 4006 élèves vont à l’école communale, 1917 sont au collège et au lycée tandis que 1124 potaches vont s’asseoir sur les bancs des écoles privées.

Les espaces verts représentent dans notre cité 21 670 m² et 55 193 m² sont affectés à des équipements sportifs.

En 1976, l’entreprise « Bébé-Confort » ferme ses portes ! (3)

 

(1) Jean-Pierre Haigneré a été élève au lycée Clemenceau de 1964 à 1970. Après avoir été pilote de chasse puis d’essai. Sorti Major du Centre National d’études spatiales il part en 1992 pour la « Cité des Etoiles » en URSS et le 1er juillet il rejoint la station Mir et connaîtra l’aventure spatiale pendant 3 semaines. En 1993 il retrouve sa nouvelle résidence dans les étoiles pour un séjour de six mois. Aujourd’hui le général Jean-Pierre Haigneré, marié avec Claudie Haigneré, elle aussi cosmonaute, est à la tête de l’agence spatiale européenne à Cologne.
(2) Voir les bâtiments, 58, allée du Centre (maître d’œuvre : Laur. J, Mosca Sergio. « Guide d’architecture contemporaine en France » – Amouroux – Technic-union, 1972, p 378 – BNF : 16.V.9545). – (« Histoire de l’architecture moderne en France de 1889 à nos jours : un siècle de modernité » – Paris – Philippe Sers, 1984. p 252 – Médiathèque du Patrimoine. Paris : 8°6157)
(3) « Villemomble, Dictionnaire des rues » – Mémoire et Patrimoine – 1995. Selon le texte de Marie-Magdeleine Biamonti, le 4 mars 1974 : « En 1969, Bébé Confort s’intègre au groupe B.S.N-Evian. La société anonyme des eaux minérales d’Evian regroupe déjà Fali et Jacquemaire. Avec l’absorption de Bébé Confort se constitue un ensemble « Tout pour l’enfant ». En 1973, c’est la fin du baby-boom (…) C’est pourquoi le groupe B.S.N. juge judicieux et rentable d’opérer une fusion Bébé-Confort avec implantation des services Fali à Villemomble. Le siège de la nouvelle « Société d’alimentation Diététique Infantile et puériculture » sera donc villemomblois. Mais cette réorganisation ne suffit pas ! La S.A.D.I.E.P. dépose son bilan en 1976. La marque et les modèles Bébé Confort sont rachetés par la société Ampa-France ainsi que les usines d’Abbeville et Doulens. Villers-Cotterêt est fermé, Villemomble l’est aussi. Le bâtiment, 11 et 13 rue d’Avron est racheté par un carreleur, le 13 bis, ancien parc Mermoz, est racheté à B.S.N par la municipalité qui y construira par la suite l’actuelle mairie.

Jean Paul Maitrias est cadre de Banque, il demeure rue Guilbert à Villemomble.


En France

Valéry Giscard d’Estaing, Président de la République – François Mitterrand, Président de la République (21-5-1981).

Hinault entre dans la légende du Tour de France et la nouvelle chanson française s’exprime aux côtés des stars que sont Johnny, Eddy, Clo-clo, Brassens et Brel avec Renaud, Cabrel, Souchon, Sardou et Balavoine.
50 000 personnes manifestent sur le plateau du Larzac pour s’opposer à l’agrandissement d’un camp militaire.
En 1979 le nombre des demandeurs d’emploi atteint 1 476 300 ! La même année la fusée européenne Ariane réussit son premier lancement à Kourou en Guyane.
Fin 1981 le nombre des chômeurs atteint deux millions. Cette année là on fête la musique et on parle de retraite à 60 ans. Désormais les radios dites libres seront autorisées à émettre. Le TGV Paris Lyon est inauguré. 7000 détenus sont libérés et la peine de mort est abolie
L’année suivante deux millions de manifestants défilent dans Paris pour protéger l’enseignement libre. La crise économique progresse et le comédien Coluche fonde « Les restos du cœur » !

A Villemomble

On abandonne la fête de Saint-Fiacre pour celle de la Saint-Jean.

Le projet prévoyant l’aménagement de 2, 5 hectares d’espaces verts sur l’emplacement des anciennes carrières de la Garenne est maintenu. Le square de la Résistance est rénové.

Poursuite de la rénovation du centre-ville. Restauration du théâtre qui portera désormais le nom du célèbre chanteur et poète, Georges Brassens. Une section Judo est créée dans le cadre de l’association Villemomble-Sports.

En 1977 est engagée la construction de l’école maternelle Jacques Prévert, rue des Trois Frères.

En 1979 est fondée l’association « Jeunesse, lecture et loisirs du Raincy-Villemomble » (Président, M. Martignon, vice-président, M. Teyssandier) qui organise au Raincy le premier salon du livre de jeunesse en Ile-de-France appelé pour la circonstance « l’enfant et la lecture »

Début des fouilles archéologiques, en 1982, sur le site de la primitive église Saint-Genès et de l’ancien cimetière (emplacement de la Poste

Maire de Villemomble, réélu en 1983,Robert Calméjane reste Conseiller Régional jusqu’en 1986. Il abandonne ce poste suite à son élection de sénateur de la Seine-Saint-Denis. Réélu sénateur en 1995, il démissionne de son poste de Maire en 1999 et devient adjoint au Maire. Le 12 décembre 2002, Robert Calméjane décède brutalement au Sénat. Les obsèques de celui que l’on appelait affectueusement « le taureau de Villemomble » se déroulent devant une foule de personnalités allant de l’Amiral de Gaulle à M. Poncelet, Président du Sénat. Robert Calméjane est enterré au cimetière de Villemomble.

En France

(1981), 1er Ministre, Pierre Mauroy – (1983), 1er Ministre, Laurent Fabius – (1986), 1er Ministre Jacques Chirac – François Mitterrand, Président de la République (12/5/1988) – (1988), 1er Ministre, Michel Rocard – (1991), 1er Ministre, Edith Cresson – (1992), 1er Ministre, Pierre Bérégovoy – (1993), 1er Ministre, Edouard Balladur.
Jacques Chirac, Président de la République (7/5/1995) – (1995), 1er Ministre, Alain Juppé – (1997), dissolution de l’Assemblée – (1997), 1er Ministre Lionel Jospin.

On parle de terrorisme ! Des attentats meurtriers ont lieu en 1986 au Pub Renault et devant le magasin Tati, rue de Rennes à Paris.

Le parc de la Villette est inauguré en 1987 puis en 1988 c’est le tour des pyramides du Louvre tandis que François Mitterrand entame son deuxième septennat. C’est l’époque de grands travaux à Paris, le Grand Louvre, l’arche de la Défense et l’Opéra Bastille mais c’est aussi la fin du certificat d’études primaires.

Ce sont les années cohabitations ! Les premiers ministres et les présidents de la République jouent aux chaises musicales. Un Premier ministre socialiste se suicide. L’ami du Président, un certain Bousquet condamné pour crimes contre l’humanité, est assassiné.
Le nombre de chômeurs « surfe » sur la crête des quatre millions ! Jacques Chirac, alors maire de Paris est élu en 1995, Président de la République.
Les problèmes de délinquance dans la banlieue des grandes villes inquiètent les Français. L’ancien Président de la République, François Mitterrand, décède en 1996.

En 1997, dissolution de l’Assemblée nationale, à nouveau la cohabitation s’installe ! Un préfet est assassiné à Ajaccio en Corse. L’Assemblée vote une loi dite des 35 heures, les salariés travailleront moins mais sont de plus en plus inquiets de la violence urbaine !

En 1998, la France est championne du Monde de football dans un stade moderne construit à Saint-Denis à l’occasion du championnat qu’elle organise.


A Villemomble

En 1986, le conservatoire de musique de Villemomble, 1, rue Mercière, prend le nom du célèbre compositeur Jean Rivier, né dans la commune. Le comédien Jean Daurand décède en 1986 à Villemomble. Ce dernier a interprété le rôle de l’inspecteur Dupuis dans le célèbre feuilleton « Les Cinq dernières minutes ». Il avait ouvert un café-restaurant en 1975 qui porte encore ce nom, avenue du Raincy ! Un autre comédien s’installe dans la cité, rue Jeanne d’Arc, il s’agit de Roger Carel.
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De 1983 à 1989 sont mis au jour sur le site de l’ancien cimetière de Villemomble (désaffecté en 1803) de nombreux sarcophages de pierre et de plâtre datant du VIIe siècle, d’objets accompagnant les sépultures comme des épingles, masque, etc., du VII au XVe siècle ainsi qu’une partie des fondations de la première église mérovingienne à Villemomble. Le 25 juin 1990, est inauguré à l’emplacement des fouilles, le nouveau bureau de Poste qui est aussi l’un des plus modernes du département. Sa superficie est de 764m² et les locaux sont décorés par Madame Travers, peintre renommé.

La notoriété de la fête de « Saint-Fiacre » qui se tient début septembre dépasse les frontières de la commune.

Un centre administratif est construit, 13 bis rue d’Avron pour y installer les services de la mairie ainsi que la salle du Conseil et des mariages. La mairie devenue durant un court temps la bibliothèque municipale est désaffectée. La bibliothèque municipale prend le nom d’Erckmann-Chatrian et s’installe dans les anciens ateliers de la ganterie Jousseaume, rue Circulaire-Jousseaume.

En 1986, l’ancienne mairie (château seigneurial élevé pour madame de Villemomble en 1767) est classée à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Le lycée Clemenceau qui avait été surélevé en 1948 est agrandi en 1992 comme l’avait été la maternelle Saint-Exupéry, l’année précédente..

En 1990, deux conseillers municipaux, MM. Rebouleau et Martignon fondent une association de sauvegarde du patrimoine dont le but est la protection et la restauration du château de Villemomble. En 1995 cette association devient sous la présidence de Guy Martignon « les amis du château seigneurial et du patrimoine villemomblois ».
Une nouvelle salle omnisports, appelée Paul Delouvrier, est bâtie à l’Ouest de la commune (1994).
Le campanile de l’église Saint-Louis est restauré en 1984 ainsi que la nef et les orgues en 1996. L’aménagement sur les hauteurs d’Avron d’une zone d’activités de 11 hectares est déjà bien avancé. Autour d’une grande surface « Castorama » qui surplombe un magnifique parc promenade de 3 hectares appelé « parc de la Garenne » prennent place des hôtels, restaurants et entreprises diverses. Le fleurissement des rues est apprécié par tous les habitants. Villemomble est l’une des premières communes d’Ile-de-France à utiliser le tri sélectif des déchets.

De nouveaux logements sociaux sont construits près du parc de la Garenne (Floréal) et à leurs pieds est installé une halte garderie.

Comme dans les films catastrophe une tempête dévaste une partie de la France ! Les toitures et les arbres arrachés ne se comptent plus à Villemomble, durant les fêtes de fin d’année 1999.

L’écrivain Villemomblois Daniel Picouly publie par l’intermédiaire de son éditeur Flammarion, un best-seller « le champ de personne » qui raconte d’une façon imagée et poétique sa jeunesse dans notre commune.

En 1999, suite à la démission de Robert Calméjane, est élu par le Conseil Municipal, Patrice Calméjane, alors adjoint.

Villemomble, ville fleurie, obtient en l’an 2000 sa troisième fleur !

Au dernier recensement de 1999, la commune de Villemomble compte 26 995 habitants et s’étend sur 404 hectares. La densité de la population est de 6 682 habitants au km².

La ville est reliée désormais à Paris par la ligne E du R.E.R. « Eole », il ne faut plus que dix minutes pour rejoindre le centre de la capitale ! Rappelons que Villemomble se trouve à 8 km de la Porte de Bagnolet par l’autoroute A 103, 14 km de Notre-Dame de Paris par les voies nationales, 13 km de la gare Paris-Est par la gare de Le Raincy-Villemomble mais encore à 10 km de l’aéroport du Bourget, 18 km de celui de «Roissy-Charles de Gaulle » et à 27 km d’Orly.
En dehors du réseau SNCF un grand nombre de lignes de bus dessert le territoire de notre commune : Le « 221 » à destination de « Gallieni », ligne 3 du métro et Mairie de Montreuil, ligne 9 du métro ; la ligne de bus 114 mène au Château de Vincennes en passant par Neuilly-Plaisance et Nogent et le bus 303 dessert la partie Ouest de Villemomble allant de Noisy-le-Grand à Bobigny. D’autres bus sont accessibles à partir de la gare du Raincy-Villemomble et vous conduisent à l’hôpital de Montfermeil (bus 601) ; Aulnay-sous-Bois (642). Le tram-train remplaçant l’ancienne ligne des coquetiers est en cours d’aménagemen

Patrice Calméjane est né le 6 février 1960. Ingénieur en travaux publics, il devient Conseiller Général en 1988. Il est élu Conseiller Municipal en 1989 puis de 1995 à 1999 il sera adjoint au Maire. Elu par le Conseil Municipal suite à la démission de son père, Robert Calméjane, il assurera ce mandat jusqu’aux élections de 2001 où il est élu Maire de Villemomble le 23 mars.

En France et dans le monde

Jacques Chirac, Président de la République (avril 2002) – (2002), Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin – (avril 2005), Premier ministre, Dominique de Villepin.

Le 11 septembre 2001, le terrorisme déclare la guerre à la démocratie. Des tours de Manhattan à New York aux Etats-Unis sont percutées par des avions suicides pilotés par des Islamistes, il y a plus de 2 000 morts ! Le Président américain Bush et les pays occidentaux dont la France se préparent à un affrontement. Le monde fait face à une nouvelle guerre mondiale dont il ne connaît pas encore ni les contours ni la fin !
Le service militaire, symbole de « l’armée éducatrice » soucieuse de brassages sociaux et de la formation des citoyens ! est supprimé à la fin de l’année 2001.

C’est le début du XXIe siècle !

Le franc est remplacé par l’euro qui vaut 6, 5657 F. Cette même monnaie est utilisée par les principaux pays européens sauf la perfide Albion !

Jacques Chirac est réélu Président de la République. Le gouvernement du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, s’attache à faire nombre de réformes indispensables en particulier sur les retraites, la sécurité sociale et la décentralisation.
En 2003 débute la seconde guerre du golf en Irak. Le président Saddam Hussein est arrêté. Les groupes Islamistes continuent leurs actes terroristes dans le monde.
La chaleur accablante qui s’abat sur la France pendant l’été 2003 fait 15 000 morts !
Les Français et les Européens se sentent visés par l’attentat madrilène du 11 mars 2004 fomenté par les islamistes.

Aux jeux Olympiques d’Athènes, en été 2004, une nageuse Française se distingue, Laure Manaudou, tandis-que Emilie Le Pennec devient la première Française à monter sur la plus haute marche du podium en gymnastique artistique.
En octobre 2004, le président des Etats-Unis, G.W. Bush est réélu.
Des Français de Côte d’Ivoire fuient les exactions commises par les « jeunes patriotes » partisans du président Gbagbo, en novembre 2004.
Un mois plus tard un raz de marée, un des plus meurtriers de l’histoire frappe l’Asie et provoque près de 300 000 morts et des millions de sans-abri. Des Français figurent parmi les victimes.

Janvier 2005, 60ème anniversaire de la libération des camps de concentration !
Le président de la République inaugure le 25 janvier à Paris le mémorial de la Shoah et rappelle à cette occasion l’engagement de la France à « toujours se souvenir du martyr juif ». La célébration de la libération des camps à lieu à Auschwitz en Pologne, le lendemain, en présence de nombreux chefs d’Etats.
La France, comme le monde entier, pleure le pape Jean-Paul II, décédé le samedi 3 avril 2005. Le nouveau pape se nomme Benoît XVI.
En 2005, un référendum à lieu pour adopter ou rejeter la nouvelle constitution européenne. La bataille fait rage entre les partisans du oui et du non ! Le référendum pour la constitution européenne est rejeté le 29 mai 2005 par les Français avec 55% de non !
Un nouveau gouvernement est formé avec à sa tête Dominique de Villepin.
Malgré la morosité ambiante, la France reste la cinquième puissance économique de la planète.
7 juillet 2005, Paris n’aura pas les JO de 2012, c’est Londres qui emporte le gros lot ! Le lendemain une vague d’attentats terroristes ravagent trois rames du métro londonien ainsi qu’un bus.
Campagne de terreur islamiste ! Le monde est endeuillé par une vague de terrorisme


A Villemomble

Un nouveau parc est ouvert dans le quartier dit du « parc Carette » et se nomme « Parc Martin » du nom d’un généreux donateur écologiste (2001). Une déchetterie moderne est désormais ouverte aux villemomblois. On inaugure l’un des plus beaux collèges de la région au lieu et place de celui appelé Jean de Beaumont.

Le permis de construire pour la restauration du château est déposé par l’architecte chargé de cette dernière, Monsieur Serge Carnus.

Pour la première fois, la fête de « Saint-Fiacre » n’aura pas lieu à cause des attentats aux Etats-Unis.

En 2001, c’est aussi le centenaire de la construction de l’église Saint-Louis qui vient d’être, elle aussi, inscrite à l’inventaire des monuments historiques à l’instigation de l’association « les amis du château ». Trois grande toiles restaurées vont rejoindre les peintures à la fresque des années 50 qui décorent l’église. Ces toiles du XIXe siècle étaient placées dans l’église de la rue d’Avron construite en 1799, désaffectée en 1901 et détruite en octobre 1933. L’une de Auguste François Laby représente « La crucifixion » (1), l’autre de Charles Poussin figure « Le denier de la veuve » (2) et enfin la troisième de Charles Brun évoque « « Le martyr de Saint-Laurent » (3)

Des arbres ornent des voies qui en étaient dépourvues. Les avenues et rues Outrebon, de Neuilly et du Raincy deviennent plus agrestes et plus sures. A l’ouest de la cité un nouveau stade qui porte le nom de « Mimoun », champion Olympique, permet aux jeunes du quartier des Marnaudes de s’y défouler

2002, l’année de la réhabilitation du château. On lance les appels d’offres. Les travaux dureront trente deux mois. La médiathèque prend forme et doit dit-on être livrée pour la fin de l’année. La ville obtient le label « Merci dit la Planète » décerné par le Ministère de l’Environnement aux villes qui initient des actions en faveur de la protection de l’environnement et qui proposent des outils de communication à leurs habitants !

En 2003 commencent les travaux de restauration-réabilitation du château seigneurial de Villemomble sous la direction du maître-d’œuvre, l’architecte M. Carnus.
Au cours de la première étape, ce sont les travaux structurels qui seront menés à bien, à savoir la reprise des fondations, le gros œuvre, terrassement et démolitions. En seconde phase, la toiture, la couverture et les étages seront réfectionnés (électricité, plomberie, peinture, menuiserie, plâtrerie). Enfin le chantier portera sur les façades du château.
A partir de 2006 les Villemomblois pourront visiter des expositions, le musée mérovingien, se rendre au siège social de l’AACV et y pratiquer des activités culturelles, saluer les membres du bureau des « Amis du Château » qui y auront leur nouveau siège !

En avril 2004, la ville concourt au « Grand Prix de l’Environnement » et obtient une « Mention Spéciale » pour les actions menées par la commune en matière de collecte sélective.

La médiathèque « Robert Calméjane » est inaugurée à l’ombre des platanes du parc Mermoz en juin 2004.

Le 25 juillet 2004, les coureurs du Tour de France traversent la commune et l’équipe de football de Villemomble-Sports promue en CFA2 débute dans l’allégresse et la confiance, la saison 2004-2005. Deux athlètes Villemomblois sont sélectionnés pour faire partie de l’équipe de France Olympique d’Athlétisme aux jeux d’Athènes en août 2004. Ils se nomment : Fabienne Martinel et Ibrahim Wade.

Afin de trouver une solution à l’engorgement de la route nationale qui traverse la commune, le maire appuie le projet de prolongation de l’autoroute A 103 en souterrain sous le plateau d’Avron (Un serpent de mer vieux de 40 ans !).

Un projet urbain est élaboré début 2005 afin de recomposer le quartier des « Marnaudes », de l’ouvrir sur la ville et participer à son développement social. Cela implique des opérations de démolition et de construction d’immeubles de logements en particulier de ceux gérés par la SAHLM « La Sablière ».

La mairie est agrandie afin d’accueillir les services municipaux jusque maintenant excentrés. Les archives de la ville occuperont le sous-sol. La nouvelle aile est inaugurée en septembre 2005.

Peu avant l’été 2005, l’équipe 1ère de football est première de son groupe en CFA2 et jouera la saison prochaine(à partir du mois d’août) en CFA pour la première fois de son histoire.

La nationale traversant Villemomble restera saturée ! En effet à la veille des vacances d’été, la Direction régionale de l’équipement d’Ile-de-France annonce l’abandon du projet d’autoroute A 103 entre Champs-sur-Marne et Villemomble (article dans « Le Parisien »)

Les 10 et 11 septembre, comme chaque année a lieu la traditionnelle fête de la Saint-Fiacre sur le thème du Western !

En octobre 2005 débutent la dernière phase des travaux de restauration du château seigneurial concernant les façades et l’aménagement des salles historiques.

14 octobre, référendum. Faut-il à Villemomble une police municipale ?

(1) « La crucifixion », peinture de Auguste François Laby, 1827 – L’église a été récemment restaurée et le cardinal de Talleyrand est venu la bénir en 1820. Le maire M. Lewall qui a déjà offert des éléments du couvent d’Orgeval commande cette peinture à Laby, demeurant au 102, Grande Rue, afin d’en orner le chœur. Laby est né en 1784 à Paris et il est mort dans cette même ville en 1860. Il a été l’élève de David. Peintre du cabinet du roi, il expose au Salon de 1817 à 1850. Parmi ses œuvres marquantes : « Le miracle de Saint Leu » (église de Ville-Thierry, Belgique) – « Portrait de Louis XVIII » (société de l’Union à Lille) – « Portrait de Charles X » (Hôtel de Ville de Béziers) – « La crucifixion » (église de Villemomble). Laby est un portraitiste, peintre d’histoire et lithographe.
(2) « Le denier de la veuve », peinture de Charles poussin, 1846 – Monsieur Jean Charles Poussin, propriétaire de l’ancien fief de Bon-Recueil est tapissier du roi. Il s’intéresse aux activités de la commune et en 1823 il est élu membre du Conseil Municipal où il siège jusqu’en 1852. Son fils Charles Pierre Poussin est peintre. Son atelier est situé au 38 de la rue de la Tour d’Auvergne à Paris. Charles Poussin est né à Paris en 1819, mort dans la même ville en 1904. Charles Poussin a été l’élève de Léon Cogniet. La galerie de Londres conserve de lui « Le jour du pardon en Bretagne ». Il débute au Salon en 1842. En 1846, il offre à la Fabrique de Villemomble « Le denier de la veuve » (tableau de 1m47 sur 2m). Il se trouve alors placé dans le banc d’œuvre de l’ancienne église Saint-Genès. Charles Poussin est un peintre de genre, de portraits et de paysages.
(3) « Le martyr de Saint-Laurent », peinture de Charles Brun – Cette peinture est commandée par le maire Henri Ensmenger. Charles Brun est né le 5 mars 1825 à Montpellier et il est mort à Paris le 20 février 1908. Elève de François Picot et de Cabanel avec qui il collaborera sur de nombreuses peintures religieuses, il expose régulièrement au Salon, des sujets orientalistes et des portraits. Il est le peintre officiel du Ministère de la guerre. Au salon de 1868, il obtient une médaille d’or pour son tableau « Mendiante ». L’un de ses plus beaux tableaux religieux est dans aucun doute « Le martyr de Saint-Laurent » exposé au Salon de 1857. Peintre de genre, de peinture religieuse, d’orientalisme et de portraits

Pierre Etienne Mage maire de 2019 à 2020 par intérim
Né le 4 mars 1948 à Viroflay 78 – Marié – Une fille – Conseiller municipal de 1989 à 1999.
Adjoint au maire de 1999 à 2019 et maire de septembre 2019 à juin 2000 – Président de
Villemomble sport natation – Président du SEDIF et de Grand Paris Grand Est

Jean-Michel, Philippe BLUTEAU Né le 13 août 1972 au Raincy.

Il a trois enfants. Ses parents venant d’Issy les Moulineaux se sont installés en 1959 à Villemomble.

Il est Conseiller municipal pour la première fois en 1995 puis Adjoint au Maire en 2001 sous l’autorité de Patrice CALMEJANE et Conseiller général en 2007.

Il a été élu maire de Villemomble en juin 2020.

Réalisations à Villemomble : 

Inauguration de l’arbre de Mémoire au parc de la Garenne en 2022. 

Rénovation du campanile de l’église Saint-Louis qui est classé aux Monuments historiques 2023-2024. 

 En 2025 un projet urbain d’aménagement de la rue Montel et de la place du marché Outrebon est réalisé ainsi que l’inauguration de la place Jeannine Pernette.

 Reprise du travail de préservation du cimetière ancien avec les travaux réalisés sur les sépultures de nos illustres Villemomblois : CORNELIS ; CHATRIAN

Le 21 février 1767, Mademoiselle Le Marquis, devient dame haute-justicière des terres qui comportent les seigneuries de Villemomble, d’Avron, de Noisy-le-Sec et les fiefs de La Garenne, de Launay, de Bon-Recueil, de la Montagne et de Vieilles-Vignes.
Elle succède ainsi à Jean-Baptiste Paulin d’Aguesseau et surtout à la prestigieuse famille Le Ragois de Bretonvilliers qui régnait sur ces fiefs, arrières-fiefs et seigneuries depuis plus d’un siècle. Si à Noisy-le-Sec il n’y a qu’un petit hôtel où loge le garde du domaine (1), les châteaux d’Avron, de La Garenne et de  Launay ont belle allure !  Leurs fenêtres donnent sur des terrasses dominant des parterres dessinés à la française et entourés par un paysage pittoresque de hautes futaies, de sentiers sinueux bordés de taillis débouchant sur de petits lacs.

Limites actuelles de la commune de Villemomble reportées sur la Carte des Chasses du Roi (1764-1773). (La partie jaune présente les communes voisines, en vert les parcs et futaies des trois châteaux situées sur le territoire de Villemomble à gauche, le château de La Garenne, au milieu le château seigneurial, à droite le château de Launay. En dehors du territoire de la commune, en haut de la carte, le château du Raincy, et en bas sur le territoire de Neuilly-sur-­Marne, le château d'Avron).

Nous savons que l’hôtel seigneurial avait été déplacé sur les hauteurs d’Aviron par Le Ragois de Bretonvilliers lorsqu’il était devenu seigneur de Villemomble, Avron, Noisy-le-Sec et autres lieux.
Mademoiselle Le Marquis, devenue « Dame de Villemomble », décide alors de jeter bas les ruines du vieux castel élevé il v a des lustres par l’un de ses prédécesseurs, Florimond Robertet, près du village du même nom, et entreprend de faire édifier à son emplacement l’élégante « folie »que nous connaissons!(2)
Son parc s’étendra de la Grand Rue du Village aux murs des châteaux du Raincy et de Launay. Les larges baies, côté jardin, donneront sur une terrasse ornée de bustes antiques regardant en direc­tion de vastes parterres animés de statues de marbre et dont les broderies et les arabesques, tels des tapis d’orient, entoureront un miroir d’eau. Des tapis de gazon et de fleurs borderont des allées qui iront se perdre sous les futaies qui cachent des sources aux eaux Jaillissantes et une rivière qui s’écou­le lentement sous des petits ponts moussus en direction du domaine de Launay.

Le château seigneurial et son parc (Détail, plan cadastral parcellaire fin XVIlle siècle). A droite de la chaussée qui mène à Montfermeil, le château de Launay. A.D.93.

Villemomble est environné de bois et de vignobles et les seigneurs, qu’ils se nomment Le Ragois de Bretonvilliers, Taillepied de La Garenne, Romance de Mesmont, Girardot de Launay et bien sûr Mademoiselle Le Marquis, dame de Villemomble, possédant tous des hôtels luxueux à Paris, aiment à se retrouver sur leurs terres dans une atmosphère campagnarde propice aux roucoulements à quelques lieues de la capitale et à un jet de pierre de l’une des perles architecturales d’Ile-de-France, le château du Raincy, qui sert parfois de cadre aux fêtes libertines les plus somp­tueuses entre deux parties de chasse à courre dans la giboyeuse forêt de Bondy !

Les châteaux et les parcs qui les entourent sont un peu le miroir de ceux qui les habitent et des décors royaux ; à l’intérieur des boiseries délicates, des guirlandes de fleurs, des motifs champêtres et à l’extérieur des ruisseaux, des grottes et à l’image de la « ferme du petit Trianon » à Versailles, des fermes avec des laiteries, des vacheries, des poulaillers, des colombiers, des fabriques et des petites chaumières couvertes de chaume près d’étangs pleins de grâce bucolique !

Le château seigneurial (détail plan cadastral par masses de culture). A gauche, le château de La Garenne et sa large allée et au milieu du village celui de Madame de Villemomble.

C’est qu’en cette deuxième moitié du XVIIIe siècle le royaume connaît une ère de prospérité sans pareille et vit ses dernières heures au milieu d’une « bonne société » éblouissante qui s’épanouit dans un art de vivre raffiné aussi bien à Paris que dans ses faubourgs !
Nous allons nous transporter à Villemomble dans quelques-unes de ces belles demeures, voi­sines de celle appartenant à la maîtresse du lieu, où sont intervenus les plus grands artistes et dont les façades réunissent les plus nobles proportions. A l’intérieur, les architectes et les tapissiers y ont déployé leurs talents afin d’en faire des logements harmonieux, fonctionnels, agréables, en accord avec le goût des châtelains et sacrifier à la mode du jour qui est le goût de l’antique (grec, égyptien, romain, étrusque).
Dans ces « maisons aux champs » tout est destiné au plaisir des yeux afin de donner aux invités une image de l’abondance et de la diversité, en fait, la vue d’un pays de cocagne ! L’intérieur est somptueux, avec des glaces, des lambris, des tableaux, des sculptures et du mobilier de grande fac­ture en quantité. Même les ornements de table sont magnifiques et atteignent un haut degré de raffinement. Les assiettes sont en faïence de Delft, les fourchettes, cuillers et couteaux sont en argent et gravés. Les salières sont surmontées de sculptures en argent doré et de cristal de roche. L’accent est mis sur le     « bon goût » et la délicatesse. A table les plats se succèdent du premier au quatrième service et sont arrosés des meilleurs vins de France et d’Espagne (3)

Le château du Raincy. (gravure de Nicolas Pérelle (1631-1695).

(1)Avant  que Mlle Le  Marquis ne vende la terre et seigneurie de Noisy-le-Sec et les fiefs en relevant, à Mathieu Louis de Mauperché, le 2 juin 1775, ensaisiné par le receveur des domaines et bois de Paris, le 19 février 1775 par contrat passé devant Me Blacque, notaire à Paris (Arch. Nat.), elle aurait eu une demeure châtelaine à Noisy ! Selon Charles Nauroy « Le Curieux » T II page 216 : « Elle tenait ainsi de la même munificence le château de Noisy le Sec, plus tard propriété de la famille HULOT » (petites affiches du 3 août 1814). Les seigneurs de Villemomble avaient leur résidence dans le château élevé au centre du village, depuis des temps anciens, sur le territoire de Villemomble, à l’exception de la famille Le Ragois de Bretonvilliers qui fit établir l’hôtel seigneurial sur les hauteurs d’Avron.
(2) Il y a de nombreuses similitudes entre le château de Villemomble et les hôtels de Madame de Montesson, du duc d’Orléans et de Taillepied de Bondy construits par l’architecte A. T. Brongniart et décorés par Henri Piètre entre 1771 et 1773, si l’on en Juge par les dessins conservés au Musée Carnavalet à Paris et aux Archives nationales – N. 111 Seine 914, 1291.

(3) A.N. — Vente du château d’Avron, 16 octobre 1785 à Anne Delpech par René François Gondot — Inventaire — ET/LIV/647. Dans les salons et chambres des myriades de canapés et fauteuils recouverts de tapisseries des Gobelins, des commodes en marqueteries. des glaces de gran­de dimension, des tableaux que l’inventaire réalisé en 1785 évalue à plus de 100 ornent les murs de chaque appartement ; multitude de plats, de girandoles et chandeliers en argent, quantité de verrerie en cristal, 50 douzaines de serviettes damassées, 20 douzaines ouvrées, 32 nappes et 65 paires de draps et dans le caveau 25 pièces de vin de Bourgogne, rouge et blanc de Cahors, de Bordeaux, d’Anjou, liqueurs ou vin d’Espagne et vin d’Andalousie, eau de vie de Cognac, sirop de Calebasse et environ 900 bouteilles de vins divers et 100 bouteilles de Champagne

Dans son histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, l’abbé Lebeuf (XVIIIe siècle) attribue la fondation de la primitive église de Villemomble à un dépôt de reliques de saint Gênés, martyr d’Arles, fait par le prêtre Gênés conseiller de la reine Sainte-Bathilde, vers l’an 660, lors de la création de l’abbaye de Chelles.
Sa construction fut confirmée par la découverte, en avril 1982, de sarcophages de plâtre et de pierre du Ve siècle et d’une partie de ses fondations, dans les fouilles entreprises sur le site de l’ancien cimetière, « le Champ du Repos », utilisé jusqu’au quinze février 1803 et situé à l’angle Sud-est de la place Emile Ducatte.
Cette église fut détruite pendant la guerre de la Fronde en 1649.Les Villemomblois de l’époque purent cependant suivre la messe dans les chapelles du château Seigneurial, de Launay ou encore de la Garenne.

En 1699, alors que le village ne comptait que 150 habitants, l’église fut reconstruite dans le bas de la rue d’Avron, face à une croix de pierre, érigée depuis un temps immémorial sur l’unique place du village (angle chemin du Raincy et Grande Rue). Elle fut édifiée dans le médiocre style jésuite fort apprécié à l’époque. En 1816, l’église fut restaurée. Mgr de Talleyrand, archevêque de Paris, vint la bénir le 2 août 1819. Elle resta dédiée à Saint-Gênés et Saint-Louis jusqu’en 1874, date à laquelle le cardinal Guilbert substitua par une ordonnance, Saint-Louis à Saint-Genès. Désaffecté en 1901, le bâtiment de la vieille église, après avoir servi de remise, fut démoli en octobre 1933 pour faire place à un immeuble de l’office d’ H.B.M. Après le lotissement du parc de Villemomble, Julie Outrebon, fille du dernier châtelain, René François Papin, associée à Monsieur Detouche alors Maire de la commune, céda au syndicat du parc de Villemomble, le 6 octobre 1887, le terrain de la place du Square afin de faire construire une église dans un délai de vingt ans.

 

Michel MERCIER. Curé de Saint Louis en 2001.


A l’aube du troisième millénaire qui d’entre nous n’éprouve le besoin de faire le point pour mieux aborder l’avenir à la fois prometteur et incertain ?
Besoin de repère – besoin de prendre appui sur des valeurs spirituelles. D’où cette recherche intense et généralisée de nos racines, de notre identité propre, ce qui donne du sens.
Si on remonte jusqu’au Ve siècle, époque présumée de la naissance de notre ville, une église existait déjà, qui était le cœur, l’âme de ce lieu dit « Villa Mummoli ».
Qu’en est-il aujourd’hui ?
Certes l’église pour les chrétiens, ce n’est pas d’abord un bâtiment, c’est la communauté dont ils sont les « Pierres vivantes ».
Mais si l’édifice est le signe, la mémoire de toute une histoire qui ne cesse de s’écrire avec les habitants de la cité. Il est le lieu symbolique qui nous renvoie à la présence invisible du Dieu de Jésus Christ Maître de l’histoire.
La Croix de pierre du XVe siècle nouvellement restaurée, nous fait revivre tout le passé de notre patrimoine. Hier à la croisée des chemins, aujourd’hui, quel chemin nous ouvre-t-elle ? Pour quel avenir de nos enfants et petits-enfants ?
Nous sommes reconnaissants à tous ceux et celles qui ces derniers temps ont contribué à redonner lumière et beauté à notre église et mis en valeur cet héritage de nos ancêtres.
Merci à l’association « Les amis du château seigneurial de Villemomble » qui a offert cette brochure : elle permettra à beaucoup de mieux reconnaître le talent des différents constructeurs et artistes et peut être aussi de profiter davantage de cet espace de recueillement et de prières

Après bien des démarches, Villemomble avait enfin une église digne de l’importance de la paroisse. Peu avant Noël 1901, le curé Patte disait sa première messe dans ce vaste sanctuaire, copie d’une basilique romaine, bâti sur les plans de l’architecte Georges Dumont, du 11 mars au 22 décembre 1901.

L’ensemble donne une très grande clarté et une très grande légèreté à l’édifice.

Sa nef et ses collatéraux, séparés par de grêles colonnettes en fonte, sont couverts d’un plafond lambrissé, soutenu par des arcs-doubleaux également en fonte. Jusqu’en 1926, l’entrée principale était précédée d’un porche constitué par quatre gros pilastres en pierre de taille et par des arcs en plein cintre ». Mais cette construction coûta cher et il n’y avait plus assez d’argent pour dresser le clocher 

Pendant vingt-cinq ans, les paroissiens devront s’en passer. C’est à l’initiative de l’abbé Bernard Klein, curé de la paroisse Saint-Louis, qu’il fut alors construit

Le clocher – Un travail d’équipe Paul TOURNON, Carlo SARRABEZOLLES

. Carlo Sarabezolles
Paul Tournon.

Pendant vingt-cinq ans, les paroissiens devront s’en passer. C’est à l’initiative de l’abbé Bernard Klein, curé de la paroisse Saint-Louis, qu’il fut alors construit

Dominant ces statues, un globe que surmonte une croix en fer termine le clocher. Cette croix qui mesure 5m40 fut réalisée par le ferronnier d’art Raymond Subes (1893-1970). Au-dessus du portail se détache à l’extérieur une sorte de tribune à prêcher dont la forme triangulaire rappelle l’étrave d’un vaisseau. Puis le clocher s’élance ensuite d’un seul jet jusqu’au couronnement. La partie sculptée mesure à elle seule seize mètres ; elle est composée de quatre groupes de statues de sept mètres de hauteur, séparées par de hautes baies. Il y a là vingt-huit personnages sortis des mains de l’artiste ; à la base, les quatre 

Evangélistes. au milieu vingt saints et saintes dont quelques-uns ont été sculptés à la ressemblance de ceux qui contribuèrent à l’érection du clocher ; le sculpteur Carlo Sarrabezolles en saint Benoît, le curé de Villemomble, l’abbé Klein en saint Bernard.

Ces saints n’ont pas été choisis au hasard ! On contemple en effet aussi bien les patrons de l’église de Villemomble, saint Louis et saint Gênès que les fondateurs de l’Eglise, saint Pierre et saint Paul, mais aussi le pape saint Grégoire VII et l’évêque saint Augustin, saint Jean-Baptiste de la Salle, le curé d’Ars, le franciscain saint François d’Assise et le dominicain saint Thomas d’Aquin.

Sont également présents saint François Xavier, saint Vincent de Paul, saint Benoît, saint Bernard, saint François de Sales et saint Ignace de Loyola.

A chaque angle du clocher figurent les saintes Marie-Madeleine. Agnès, Clotilde, Thérèse d’Avila.

Enfin au-dessus de cet ensemble de saints, sont placés quatre séraphins. Ces sculptures ont été faites dans du béton armé par un procédé entièrement nouveau à l’époque. Le sculpteur travaillait dans le béton frais à durcissement rapide. Sarrabezolles disposait donc pour chaque statue d’à peine huit heures pour la réaliser !
Les quatre cloc
hes, parrainées par de généreux paroissiens, se nomment Marie-Thérèse-Blanche, Jeanne, Augustine-Alice, Juliette-Alexandrine-Léone-Nicole. Elles furent bénie le 23 octobre 1932 par Mgr Crépin.
Voir détails du Campanile-Clocher dans la section Clocher du site

En 1954, le chœur fut transformé, les structures métalliques masquées et l’artiste Léon Toublanc réalisa trois grandes fresques. Celle du chœur représente la foi, l’espérance et la charité.
En février 1958, le Cardinal Archevêque de Paris, Mgr Feltin, vint poser la première pierre de la chapelle Saint-Genest, accolée à l’église.
Le campanile fut entièrement restauré en 1984 tandis que le chœur, la nef, les bas-côtés et le grand orgue de tribune le furent en 1995 et 1996.

On remarque sur l’un des bas-côtés et au fond de l’église à gauche du portail central, deux plaques portant des inscriptions et dédicaces du XVlIIe siècle provenant de l’ancienne église.
Dans la chapelle de droite, se trouvent les délicats fonts baptismaux du sanctuaire de la rue d’Avron.

Au début du chemin de croix, restaurée et visible sur ses deux faces est érigée la croix de pierre (classée monument historique) qui se trouvait dressée depuis le XVe siècle, place de la Croix, à l’angle du chemin du Raincy et de la Grande Rue

En 2003 trois tableaux restaurés ont été accrochés au fond de l’église au dessus des 3 entrées. Ces tableaux étaient accrochés jusqu’en 1901 dans l’église de la rue d’Avron qui construite en 1799 fut détruite en 1933.

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TRYPTIQUE

Sous le maître-autel, Josette Tournier a réalisée en 1995 un triptyque de laque, vitrail sur étain et verre synthétique.

Le fil conducteur pour lire ce triptyque : Dieu, notre Père, en ressuscitant Jésus-Christ et Seigneur, inaugure une création nouvelle.

Aujourd’hui l’église Saint-Louis est l’écrin qui lie l’art sacré d’autrefois avec celui des artistes contemporains, Georges Dumont, Paul Toumon, Carlo Sarrabezolles, Raymond Subes, Léon Toublanc, Josette Toumier.

Le Campanile de Saint Louis de Villemomble

 

 <  Croix du maître ferronnier Subès

<  Globe de l’univers
 <  Six ailes de feu
 <  4 séraphins avec la chevelure formant flamme

 <  20 Statues étagées en 3 gradins 8 bustes 4 têtes de saintes
     8 statues de 7 mètres de hauteur

<  4 abat-sons (échelle de Jacob) surmontés des tables de la Loi

<  Symboles des 4 évangélistes  citations en latin
<  Loggia textes des béatitudes (latin)


<  Claustra recouvert d’écailles en ciment

 

 

<  Revêtement meulière sur les montants de l’ossature en ciment armé Briques entre les angles

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.<  Tribune à prêcher Lutrin et colombe mystique

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<   Porche

.EST Vincent de Paul François-Xavier François d'assise Thomas d' Aquin
SUD .J.B de la Salle ..J. M. Vianney Curé d’Ars St.Pierre . St.Paul
OUEST St.Grégoire St.Augustin. St.Louis St.Genès
NORD St.François de Salle St.Ignace de Loyola St.Benoît St.Bernard
NORD Beati pacifici : quoniam filii Dei vocabuntur Bienheureux les pacifistes, ils seront appelés fils de Dieu. Beati, qui persecutionem patientur propter justitiam : quoniam ipsorum est regnum caelorum Bienheureux ceux qui soufrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux
OUEST Beati pauperes spiritu : quoniam ipsorum est regnum caelorum Bienheureux ceux qui sont pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux. Beati mites : quoniam ipsi possiderunt terram Bienheureux ceux qui sont doux, car ils possèderont la terre.
SUD Beati qui lugent : quoniam ipsi consolabuntur Bienheureux ceux qui pleurent car ils seront consolés. Beati, qui esuriunt et sitiunt justitiam : quoniam ipsi saturabutuntur Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
EST Beati misericordes : quoniam ipsi miserricordiam consequentur Bienheureux les miséricordieux, car ils seront traités avec miséricorde. Beati mundo corde : quoniam ipsi deum videbunt Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu

Evangélistes

Vitraux vie de saint Louis


Les vitraux aux coloris éclatants qui représentent les différents épisodes de la vie de saint Louis, enseignent et émeuvent tout à la fois.

Les 5 verrières du chœur de l’église Saint Louis :

Bas Cotés Sud

Bas Cotés Nord

Extrait du récit de la construction de l’église faite par le père Théophile PATTE curé de Villemomble

« Je n’avais pas eu primitivement l’espoir d’avoir des vitraux dans notre future église. Tout était préparé pour mettre aux fenêtres du vulgaire verre blanc. Une famille cependant me promit un vitrail, une seconde m’en offrit deux, l’élan était donné, il fallait marcher.
J’ai eu alors la pensée de faire représenter diverses scènes de la vie de Saint Louis, notre Patron. Je cherchais les différents sujets que l’on pourrait exécuter, lorsque se présenta le représentant de la Maison Champigneulle, rue Denfert-Rochereau no .40 à Paris.
Je soumis mon plan. Quelques jours après, une maquette m’était envoyée et nous tombions d’accord avec M. Champigneulle pour le prix des vitraux.
Les 5 grandes verrières au-dessus de l’autel, mesurant 3 m.50 carrés, coûteraient chacune 550 Frs ; les 10 des bas-côtés et des chapelles, ne mesurant que 2 m. 50, seraient de 350 Frs; les 14 de la haute nef, de même dimension que les précédentes, mais ne représentant pas de personnages afin de laisser plus de jour, coûteraient 150 Frs, et enfin les 8 oculus chacun 100 Frs.
La générosité des Paroissiens fut admirable et en quelques semaines tous les vitraux étaient promis, exécutés et payés. »

A noter que 2 verrières et 2 oculus ont été obstrués lors de la rénovation des chapelles latérales en 1954.

BIBLIOGRAPHIE


A. LOUVET 1927 Le clocher de l’église Saint-Louis de Villemomble, dans l’architecture.
P. HUGUIN et G.R DELAHAYE 1985 Treize siècles d’histoire et deux artistes pour un clocher moderne.
G. MARTIGNON 1988 Villemomble. la Mémoire du Passé
1995 Villemomble, dictionnaire des rues, histoire, anecdotes (en collaboration).
G. MARTIGNON 1996 Quartiers et Rues de Villemomble
Sur l’église primitive
ABBE LEBEUF Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, XVIIIe.
G.R DELAHAYE 1994 Hypothèse sur le plan de l’église Saint-Genès pendant le haut-moyen âge, dans En Aulnoye Jadis
1995 Une base d’autel découverte sur le site de l’ancienne église Saint-Genès, dans En Aulnoye Jadis

PRINCIPALES RÉALISATIONS DES ARTISTES CITÉS


PAUL TOURNON
1927 Clocher de l’église Saint-Louis de Villemomble
1928 Eglise Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus, Elisabethville
1931 Eglise Saint-Pierre-l’Apôtre, Altbertville
1932 Eglise Notre-Dame-des-Missions Epinay-sur-Seine (1932-1933)
(Ancienne chapelle des Missions à l’Exposition Coloniale de Paris).
1934 Eglise Saint-Joseph. Rabat
1937 Pavillon Pontifical à l’Exposition de Paris
CARLO SARRABEZOLLES La formule inaugurée avec l’architecte Paul Toumon pour l’église Saint-Louis de Villemomble en 1926, se renouvellera par la suite
1931 Clocher du Pavillon des Missions Catholiques, Exposition Coloniale, reconstruit à Epinay,
1935 Clocher de l’église Saint-Pierre l’Apôtre, Alfortville
En dehors de sa production d’Art Sacré, peuvent être citées les œuvres suivantes :
Aménagement de l’hôtel de ville de Reims
Eléments surmontant l’attique du Palais de Chaillot
RAYMOND SUBES Ferronnerie des églises Saint-Louis de Vincennes, Saint-Pierre de Roye, Saint-Léon de Paris.
LÉON TOUBLANC 1927 II expose dans les Salons annuels parisiens, notamment aux Tuileries. (1927-1942)
Fresque (1927-1935), cathédrale Saint-Maurice et Sainte-Geneviève à Nanterre : Abside chapelle Sainte-Geneviève – Sainte-Geneviève protégeant Paris et la France. Voûte – Saint -François d’Assise et Saint-François de Sales. Chœur – Christ en Majesté.
Fresque (1932-1934). église du Saint-Esprit à Paris – Le vœu de Clovis à Tolbiac.
Fresque (80 m2), (1942), église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus de Vésine (01) : Fond de chœur et arc triomphal – Aimez-vous les uns les autres.
JOSETTE TOURNIER Josette Tournier qui a réalise en 1995 le triptyque sous l’autel de l’église Saint-Louis a exposé ses œuvres par le passé dans de nombreux salons dont celui des Indépendants à Paris et d’Art Mystique à Cannes.
On lui doit également le triptyque en émaux sur étain et cuivre repoussé qui orne l’église de l’école d’artillerie de Draguignan.

CLASSEMENT MONUMENTS HISTORIQUES


Par arrêté N° 96.2.154 du 22 octobre 1996, l’église Saint-Louis (à l’exception de la Chapelle Saint-Genest) a été inscrite, en totalité, sur [‘inventaire supplémentaire des monuments historiques.
Il a été considéré que cette église présente un intérêt d’art et d’histoire suffisant pour en rendre désirable la préservation du fait qu’elle constitue un témoignage d’architecture du fer et que son clocher, sculpté en ciment, œuvre de l’architecte Carlo Sanabezolles (1926), a fait date dans l’histoire de l’art.

 

Conférence de Guy Martignon
lors de la réunion du Bureau du Patrimoine de la Seine-Saint-Denis
au Château Seigneurial

Le 11 Avril 2007

La liste nécrologique des châteaux, abbayes, parcs et sites divers livrés à la pioche des démolisseurs au cours du XXe siècle est si longue dans notre région, que nous ne pouvons citer ici que quelques exemples : Le lac des Sept-Îles à Montfermeil, comblé dans les années 70 pour y construire un hypermarché, le château de Montfermeil bâti par l‘architecte Ledoux, en 1785, pour le marquis Hocquart, démoli en 1929 pour élever un lotissement, les châteaux de Maison-Rouge et du Chesnay à Gagny, le premier construit pour les prieurs de Saint-Fiacre au XVIIe siècle et qui donna asile à la célèbre duchesse de Chevreuse fut démoli en 1956 et le second ayant appartenu au baron Roger le fut en 1965, l’abbaye de Livry fondée en 1186 par Guillaume de Garlande et devenue célèbre grâce à Madame de Sévigné fut acquise par une fabrique de plumes et de crayons, la société Sermajor qui en 1925, la démolit à la veille de la célébration du tricentenaire de Mme de Sévigné ! On aurait aimé que les municipalités puissent racheter des domaines qui faisaient l’ornement de leur commune, mais l’idée ne leur ait pas venue !


Aujourd’hui, sous l’impulsion d’associations de sauvegarde, les municipalités consentent à protéger leur patrimoine. Si ces associations dont il faut souligner le courage se dressent contre les vandales de toutes espèces et demandent la restauration d’un édifice, d’un jardin, d’une église ou d’un moulin, ce n’est pas seulement pour se faire plaisir, c’est aussi pour donner des repères historiques, recréer une culture dans une ville et un département déracinés.

De multiples raisons peuvent être avancées pour expliquer l’intérêt qu’a suscitée la restauration et la réutilisation du château de Villemomble. Disons tout de suite que c’est sans doute l’ensemble de ces raisons qui ont pu prétendre intéresser une commune, un département, une région à sa restauration et non telle raison en particulier.


– En premier, des raisons historiques : Un monument est la mémoire vivante du passé d’une commune. Ce château a été construit vers 1769 à l’endroit même où s’élevaient avant lui depuis plus de mille ans, une villa fondue dans l’oubli, puis de modestes châteaux-forts, un château renaissance où a séjourné à plusieurs reprises François 1er. Enfin ce château a été construit pour Mlle Le Marquis, dite Madame de Villemomble, maîtresse de Louis-Philippe dit « le gros », premier prince du sang, père de « Philippe-Égalité qui lui avait offert le domaine et qui a eu avec elle trois enfants dont deux légitimés.


– Des raisons esthétiques : La valeur d’art de ce monument n’est plus seulement une valeur de remémoration mais une valeur actuelle, il peut être le dernier représentant dans une région d’une certaine architecture, d’un mécénat et enfin l’œuvre d’un architecte de renom. Nous connaissons le mécénat du duc d’Orléans qui fit construire nombre d’hôtels à Paris, détruits à la fin du XIXe siècle mais aussi l’aménagement et l’embellissement de ses palais dont le Palais-Royal et Saint-Cloud ainsi que le château du Raincy, ce dernier détruit également au XIXe siècle. Nous ne connaissons pas le nom de l’architecte, mais nous avions le choix entre Henri Piètre et Alexandre Théodore Brongniart proches du duc d’Orléans et de Mlle Le Marquis. Nous avons choisi l’architecte Brongniart, comme Sarah Olivier qui a rédigé une thèse (École des Chartes) intitulée le « mécénat du duc d’Orléans », déposée aux Archives Départementales mais aussi après avoir consulté aux archives nationales les plans des hôtels de Montesson, de Taillepied de Bondy, de Bourbon-Condé, comparables à celui de Villemomble. D’ailleurs Brongniart par la suite a effectué plusieurs projets d’aménagement du château, de construction d’une glacière dans le parc et a aménagé vers 1802 le parc du château ainsi que son voisin le parc de la Garenne.


– Des raisons affectives : Le monument ayant été durant des dizaines d’années an centre historique de la commune, la mairie, depuis 1887, l’endroit où des milliers de personnes se sont unies. En effet, ce château ayant été aménagé par différentes familles bourgeoises tout au long du XIXe siècle, il est donné en 1875 à la commune par les derniers propriétaires, Mme Outrebon et M. Detouche, maire de Villemomble, pour en faire une mairie et une école.


– Des raisons sociologiques : depuis 1850, la France a connu des changements qui ont modifié la société en profondeur : Industrialisation, urbanisation, changement de mode de vie…. Ce qu’on appelle la banlieue ne doit pas être un amoncellement de cité dortoirs mais un lieux ou il fait bon vivre. Le château y contribue par ses fonctions culturelles et esthétiques au centre de la ville.


– Des raisons économiques et touristiques : Donner à notre département, la Seine-Saint-Denis, une identité régionale qui passe tout à la fois par la présence de chefs-d’œuvre et par la connaissance de son histoire pour en assurer au mieux la protection et la mise en valeur. En effet dès que l’on prononce le nom du département, les gens poussent des cris d’orfraie. Ils évoquent des cheminées d’usine, des nuages de fumées noires, des tours inhumaines et pourtant ce département nous révèle aux portes de Paris des trésors préservés. La présence d’un monument comme ce château devient ainsi l’âme de la cité.

L’attirance de la société actuelle pour le patrimoine, le passé, est un moyen de retrouver ses racines, de faire face aux évolutions accélérées de la société. Tous ces éléments ont rendu alors le château de Villemomble digne d’intérêt pour enrichir le présent et l’avenir de la commune mais aussi du département.

Le château ayant été classé à l’inventaire des monuments historiques pour partie, en 1986, après que l’effondrement d’un plafond de l’une des ailes ait provoqué sa désaffection, il était alors fortement question de le laisser à l’abandon avant de le détruire.

Un peu d’histoire pour cette réhabilitation :
En 1990, deux Conseillers Municipaux, amis des arts, Yves Rebouleau, architecte et moi-même, décidèrent de créer une association de sauvegarde du château de Villemomble qu‘ils vont appeler dorénavant « Château seigneuria de Villemomble ». Cette dernière aura alors des réunions suivies avec la Municipalité mais aussi avec le Conseil Régional, la DRAC et le Conseil Général afin de convaincre et s’imposer face à bien des réticences. Elle recherchera également les fonds nécessaires à la rénovation de l’édifice et proposera différents projets pour l’utilisation de ce dernier.
Dans cette tache, des adhérents de notre association bénéficiant de leur connaissance intime de la commune, de leur implantation rédigèrent une pétition et allèrent rencontrer le plus grand nombre de citoyens pour la faire signer et la remettre au maire.


Notre action ne devait pas s’accomplir dans le silence et il fallait informer la population villemombloise de l’intérêt de conserver ce château autrement que par un référendum qui nous aurait desservi. Pour vaincre l’indifférence et l’apathie de nombreux citoyens ainsi que l’opposition de certains membres de la municipalité de l’époque, il fallait convaincre le maire et informer les villemomblois par différents moyens et en particulier par des actions de sensibilisation au patrimoine.


L’association est parrainée dès sa création par un certain nombre de personnalités : Jacques, duc d’Orléans, Josselin de Rohan (sénateur du Morbihan) ; Robert Pandraud (ancien ministre, député de la Seine-Saint-Denis) , Édouard Bled (écrivain) , André Castelot (historien) , Arnaud Chaffanjon (écrivain et historien) , Paul Faure (historien helléniste) , Paul Guth (écrivain et historien), Société historique du Raincy et du pays d’Aulnoye.

Des animations musicales et théâtrales sont organisées comme chaque année “ La fête de la musique ” sur un podium devant le château. Une pièce de théâtre intitulée “ Il était une fois…le château de Villemomble ” est écrite par moi-même et interprétée devant le château, lors de la fête de Saint-Fiacre, par l’atelier-théâtre de Blanche de Castille “ Grimes et Rimes ”, en 1992 et en 1993 au salon du livre « Jeunesse et Lecture »au Raincy . Un concours qui comprend 26 questions portant sur l’histoire de la commune est proposé aux Villemomblois avec de nombreux prix, enfin un ouvrage “ Dictionnaire des rues, histoires et anecdotes ” est édité. D’autres ouvrages suivront pratiquement chaque année où il sera aussi question de patrimoine, de mémoire et de témoignages.


Il est mis en place par l’association afin de sensibiliser des enfants : “ L’Atelier maquette ”. Une quinzaine d’enfants venant chaque semaine à l’atelier construire leur maquette sous la direction d’une animatrice.


Le 15 mai 1995, lors de la réunion du Conseil Municipal, le dossier de mise en œuvre des mesures conservatoires nécessaires à la préservation du château de Villemomble, préparé par l’architecte du Patrimoine, Serge Carnus, et une demande de subvention à la direction régionale des affaires culturelles (D.R.A.C.), sont adoptés à l’unanimité par le Conseil Municipal. Rien n’est encore joué,car sans subventions il n’y aura pas de restauration !


Pour faire connaître leur action, “ les amis du château ” organisent le premier « Forum des associations de sauvegarde du Patrimoine » et participent à diverses manifestations culturelles, “ Le livre en fête ”, “ le salon du vieux papier ”, “ les salons multicollections de Livry et de Villemomble ”. Des livres sur l’histoire de la cité sont publiés. Plusieurs conférences et expositions sont proposées. Un bulletin d’information “ La gazette du château ” est largement diffusé.


Enfin, après des dizaines de lettres adressées au maire, au président du Conseil Régional, aux médias, et de nombreux déplacements à la DRAC, au Conseil Régional, au Conseil Général afin que soient libérées les subventions de ces organismes (Le maire, Robert Calméjane, ayant même obtenu, peu avant sa mort, une subvention conséquente du Sénat), à la fin d’une nuit étoilé de l’été 2003, comme pour annoncer un jour de fête, on a élevé des échafaudages autour du château. Les travaux de restauration du château seigneurial de Villemomble allaient pouvoir débuter !

Des gens bien intentionnés auront beau jeu de dire qu’une telle restauration est coûteuse pour l’État et les moralistes pourront faire remarquer qu’elle est discutable face au délabrement des cités qui cernent les villes ! Et pourtant la réhabilitation du château, mémoire du passé de Villemomble, va devenir le cœur des activités culturelles de notre ville et permettra à nombre de ses habitants de retrouver leur identité.

La ville de notre temps ne doit pas se substituer à celle d’hier mais au contraire se bâtir à ses côtés et accepter son passé, son histoire. Elle permet ainsi à ses habitants d’être bien ensemble.